Arsenal
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Dans le sens premier du terme, un arsenal est un établissement militaire, qui peut être « royal » ou « national », un lieu où l'on construit, entretient, répare et préserve les navires de guerre et où leurs équipements et avitaillements sont assurés[1]. Dans un sens moderne datant du XVIIe siècle, en dehors de toute référence exclusive au monde maritime, l'arsenal désigne un lieu de fabrication des armes et des munitions. Il indique par extension au siècle suivant un dépôt de matériel militaire et d'armes, ou, de façon triviale, une grande quantité d'armes.




dār as-sinā'a ou dar'as san'a signifie dans le monde arabo-musulman du IXe siècle une « maison de commerce » ou « maison de fabrication », en particulier navale[2]. Ce terme se diffuse au XIe siècle, probablement avec les rudiments des techniques navales, dans l'espace français atlantique et le long des rivages catalans de la Méditerranée[2]. Parmi ses héritages, notons la darse qui désigne à l'origine le bassin de réparation[2].
Le mot « arsenal » n’apparait en français sous son sens complètement préservé qu'au XIIIe siècle. L'expression sémitique passe d'abord par diverses formes dans les langues romanes et notamment les dialectes italiens ; le mot en dialecte toscan de Pise tersanala et en napolitain tarcenale donne l'ancien français tarsenal. Le vénitien a ajouté un article idi ou d' avec sa variante d'arzana précoce, qui se transforme en arzana, terme qui désigne l'arsenal de Venise en 1104. Ce centre prestigieux de construction et de réparation des navires de la flotte de la Sérénissime est intégralement reconstruit au XIVe siècle. C'est un peu auparavant à cette source que les dialectes français du monde de la mer ont puisé les multiples variantes arsenail, arsenac, arsenal, archenal (1395)…
L'espagnol darsena et atarazanal pourrait être emprunté directement à l'univers mozarabe.
D'une manière générale, le modèle vénitien est prépondérant jusqu'au XVIe siècle. Il est à l'origine de « arzanale » ou arzana en italien, de l'espagnol tardif « arsenal » peut-être par le français qui usaient des deux formes arsenac ou arsenal encore au XVIIe siècle.
Des origines antérieurement supposées telles qu’arx Navalis, (« citadelle navale »), arx senatus (citadelle de Venise, etc.), ont été écartées. Le monde maritime européen connaît partout le mot et la fonction de l'arsenal au XVIIIe siècle. Notons que l'amiral provient directement du superlatif de l'émir ou chef de l'arsenal, soit emir'al, c'est-à-dire le très grand chef.
Définition
Si, à l'origine, ces établissements sont liés à la fabrication navale ou à la marine de guerre, le terme sert au XVIIIe siècle à nommer divers dépôts d'armes et de matériel pour les armées de terre françaises.
Ainsi, l'arsenal de Paris, qui ne subsiste plus, de nos jours, que sous le nom de la Bibliothèque de l'Arsenal et d'un métro (Métro Arsenal), n'avait pas de lien direct avec la marine, ne servant qu'à entreposer des armes pour la défense de la capitale du royaume.
Les arsenaux ne sont pas toujours portuaires ; on en trouve sur les fleuves, voire en pleine terre (dans ce cas, pour éloignement de frontières pouvant être menacées). Pour donner quatre exemples : Toulon, Rochefort, Bourges et Tarbes.
Les fonctions d'un arsenal
Dans les cales sèches ou à quai, on construit, entretient et répare des navires de guerre et leurs armements.
On y stocke des munitions (conventionnelles et à certaines époques chimiques, éventuellement sous-marines). Les fonctions des arsenaux ont évolué, depuis l'époque des navires en bois, de la poudre en tonneaux et des boulets de canon, aux armes sophistiquées du XXe siècle, dont aéroportées et sous-marines (torpilles, missiles, missiles anti-missiles, leurres, grenades sous-marines, armes nucléaires, chimiques, bactériologiques, etc.).
