L’art contestataire est une forme d’art politique. Il peut aussi se traduire par l’art militant ou l’art engagé. L’art contestataire est rattaché à une cause politique[15]. Il cherche à démontrer et à convaincre[5]. Il remet en question l’institutionnalisation de l’art. L'art contestataire est vu comme un art alternatif[16]. Il voit le jour à l’extérieur des lieux d’art commun. Il est créé par les personnes dites en marge de la société[17].
Son but est de créer un monde meilleur en luttant pour des objectifs communs[7]. Il cherche à éveiller les consciences politiques des auditeurs[10]. Le développement de la conscience politique permet, selon Geoffroy de Lagasnerie, de se rendre compte de son aliénation sociale et politique. Cela amène à dénoncer les rapports de forces et les responsables des oppressions[18]. L’art contestataire révèle certaines réalités troublantes dans l’espoir de les corriger. Il invalide ce qui doit changer selon l’artiste, et demande la réparation au responsable de l’oppression[10].
Cet art conteste l’ordre établi, il cherche à dénoncer le statu quo et les élites au pouvoir. L’art contestataire signale les injustices, les inégalités et les oppressions présentes dans la société. Il veut la transformer. Il est associé à la contestation et à la rébellion basées sur une lutte politique actuelle[15].
Parmi les arts contestataires, on distingue l’art action. Cet art prône l’action directe dans un espace et sur un sujet donné. Il est souvent provocateur et remet en question les codes habituels. Il se produit à l’extérieur des institutions artistiques et il est ancré dans les enjeux sociétaux actuels. Il fait preuve d’esprit critique. Le Mass Mouving est un exemple d’art contestataire. Il est un mouvement artistique ouvertement politique qui cherche à renverser le statu quo et à dénoncer les différents rapports de pouvoir. Le collectif Mass Mouving investit la rue en transgressant les balises artistiques et en accusant le pouvoir en place.
L’art communautaire est aussi un outil qui peut servir la contestation politique par l’entremise de l’art. Ce type d’art rassemble un groupe aux spécificités communes pour créer une ou plusieurs œuvres. La communication, la collaboration et le partage sur les dynamiques sociétales et politiques sont au centre de la création. Le but est de produire des changements significatifs. L’art communautaire dénonce les dominations et rapports de pouvoir personnels et politiques. Il n’y a donc pas de séparation entre l’art et la politique. C’est un outil de libération et de résistance pour transformer les conditions politiques et sociétales des membres. Il apporte les débats et le positionnement idéologique.
L’art féministe est aussi utilisé comme art de contestation et de militance. Ce type d’art revendique un discours féministe qui critique la société patriarcale (patriarcat (sociologie)). Il condamne le monde des arts conçu par et pour les hommes. L’art féministe dénonce le statu quo et cherche à promouvoir le discours féministe.
L’art autochtone est un autre cas d’art pouvant être politiquement contestataire. Par exemple, en réponse à l’inaction du Gouvernement du Canada concernant les nombreux meurtres et disparitions de femmes autochtones au Canada, certaines artistes autochtones ont créé des œuvres politiques pour dénoncer cette tragédie. Le documentaire Our Sisters in Spirit est créé en 2018 à la suite de la fondation du programme Sœurs par l’Esprit (Sisters in Spirit). Cette fondation cherche à sensibiliser la population sur cet enjeu national. Le programme Sœurs par l’Esprit (Sisters in Spirit) produit des rapports scientifiques sur la situation des meurtres et disparitions des filles et des femmes autochtones au Canada. Il mène aussi des actions de sensibilisation, souvent artistiques et politiquement contestataires[19]. Le documentaire Our Sisters in Spirit cherche à éveiller les consciences politiques de la population sur la problématique des meurtres et disparitions des femmes et filles autochtones au Canada. Le documentaire expose les oppressions, violences et inégalités structurelles vécues par les personnes autochtones, principalement les femmes. Il questionne sur la raison qui veut que le Gouvernement du Canada n’entame pas des démarches de réparation et il critique son inaction[20].
L’art de propagande est une autre forme d’art politique. Il cherche à répandre un projet politique dans le but que la population y adhère. L’art est un outil qui permet de promouvoir le message de propagande. Le but est de persuader et de faire adhérer[15]. La propagande cherche à propager une idéologie ou une opinion à un groupe particulier. Elle veut influencer le groupe et le pousser à croire au message. La propagande utilise un mélange précis d’informations modelées et d’opinions subjectives. Le mot propagande est souvent utilisé péjorativement[15].
L’art de propagande ne cherche pas à aiguiser l’esprit critique de la population (ou les consciences politiques comme l’art contestataire). Il présente une seule vérité. En propageant un message au détriment des autres, il limite la liberté des auditeurs de faire des choix conscients. Ce type d’art est produit par des personnalités ou autorités politiques connues, et il est diffusé massivement[15]. L’art de propagande est un instrument politique au service du pouvoir. Il est financé, soutenu et accaparé par la sphère politique, ce qui limite la liberté artistique des artistes[6].
L’art de propagande se rattache intimement à l’art officiel. Cet art est produit, soutenu, encouragé et reconnu par le régime politique. Ce sont les institutions culturelles en place qui décident des arts reconnus, et de ceux dont il faut se débarrasser. Tout comme l’art de propagande, l’art officiel est un outil de propagande pour partager l’idéologie de l’État.
Armand Jean du Plessis de Richelieu, connu comme le cardinal Richelieu, est un homme d’État influent entre les années 1622 et 1642 en France. Il représente un exemple important de l’utilisation de l’art comme outil de propagande. Grâce aux ressources de l’État, il encourage un type précis d’art. Les artistes sont choisis soigneusement selon leurs opinions politiques et leurs croyances religieuses. Les portraits de personnages connus et les œuvres qui partagent un message religieux sont fortement encouragés. Ces arts lui permettent d’établir son prestige et la prédominance de la religion catholique (catholicisme) sur le protestantisme[21].
Le cardinal de Richelieu crée aussi une presse qui a pour seul objectif la gloire de sa personne, de la religion et de la monarchie absolue (absolutisme). L’imprimerie royale (imprimerie nationale) est un outil essentiel de propagande. Grâce à la littérature partagée massivement, Richelieu impose des messages de glorification de la France et des personnages au pouvoir. Il contribue aussi fortement à certains journaux et pamphlets qui divulguent le message catholique et les accomplissements de la monarchie. Armand Jean du Plessis de Richelieu réussit à faire adhérer la population à ses idées politiques grâce à l’art de propagande[21].
La propagande nazie est un autre exemple de l’utilisation de l’art comme outil de propagande. Le ministère du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande, dirigé par le parti nazi d’Adolf Hitler, utilise le cinéma, la radio, les journaux, les affiches et le théâtre pour partager son message nazisme et contrôler les esprits des citoyens allemands.