Asebeia
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L'asebeia (en grec ancien : ἀσέβεια) est une infraction pénale dans la Grèce antique pour « profanation et moquerie des objets divins », pour « irrévérence envers les dieux de l’État » et manque de respect envers les parents et les ancêtres défunts[1]. En français, le mot est généralement traduit par « impiété »[2]. La plupart des preuves de son existence provient de l'Athènes antique.
L'antonyme d'asebeia est eusebeia (εὐσέβεια), qui peut être traduit par « piété ». La piété étant la forme de comportement et d'été d'esprit généralement souhaitée et attendue, être qualifié et considéré comme impie constituait déjà une forme de punition[3].
Procès à Athènes
Chaque citoyen, y compris un tiers, pouvait porter cette accusation devant l'Archonte basileus. Au lieu d'une loi ou d'un texte unique définissant l’accusation et la procédure à suivre en cas d'asebeia, il existe une multitude de textes où elle apparaît. Plutarque, Polybe, Démosthène et Aristote y font référence dans leurs écrits.
Les procès se déroulaient publiquement à l'Héliée et étaient divisés en deux étapes : d'abord, le jury (les héliastes ou dikastes) votait sur la culpabilité de l'accusé, si la majorité le déclarait coupable, comme les lois ne prévoyaient pas de peine fixe, le jury de l'Héliée décidait alors de la peine. Les peines connues étaient des amendes, l'exil, la mort, la confiscation des biens et l'atimie (privation du droit de vote), la mort étant la peine la plus courante[4]. Il n'existe aucun droit d'appel contre la sentence prononcée. Les sentences étaient exécutées ou supervisées par les magistrats des onze tribus : Les Onze. Les Grecs anciens suivants furent accusés ou prétendument accusés d'asebeia :
- Eschyle[5]
- Anaxagore[6]
- Andocide[7]
- Aristote[8]
- Aspasie[9]
- Les vingt-deux responsables de l'Hermocopides[10]
- Alcibiade
- Démade[11]
- Diagoras de Mélos[12]
- Euripide[13]
- Ninos[14]
- Phryné[15]
- Protagoras[16]
- Socrate[17]
- Théodore l'Athée[18]
- Théophraste[19]
- Theoris de Lemnos[20]
Même s'il est allégué que les personnalités précédentes ont été accusées d'asebeia dans différentes sources ultérieures, il existe un manque de preuves historiques et il est suggéré que certaines des accusations pourraient avoir été fabriquées par des historiens et d'autres auteurs à des époques ultérieures[21].
Procès hors d'Athènes
En dehors d'Athènes, l'asebeia était probablement perçue comme un état d'esprit erroné plutôt que comme un crime.