Assassinat d'Henri III
assassinat du roi de France en 1589
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L'assassinat d'Henri III, roi de France à partir de 1574, a eu lieu le au château de Saint-Cloud. Le souverain meurt des suites de ses blessures le lendemain , après avoir été poignardé par Jacques Clément, moine dominicain ligueur, qui estimait que le roi était l'ennemi déclaré du catholicisme depuis qu'il avait ordonné l'assassinat du duc Henri de Guise, dans le cadre de la guerre des Trois Henri et de la huitième et dernière guerre de Religion[1].
vers 8 h 0 (heure locale)
| Assassinat d'Henri III | ||||
Assassinat du roi Henri III par Jacques Clément, détail d'une estampe gravée par Frans Hogenberg, Paris, BnF, département des estampes, XVIe siècle. | ||||
| Localisation | Château de Saint-Cloud, Saint-Cloud, |
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| Cible | Henri III | |||
| Coordonnées | 48° 50′ 15″ nord, 2° 12′ 53″ est | |||
| Date | vers 8 h 0 (heure locale) |
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| Type | Régicide, Crime politique | |||
| Armes | Couteau | |||
| Morts | 2 (dont l'assassin) : | |||
| Auteurs | Jacques Clément | |||
| Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-Seine
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
Géolocalisation sur la carte : France
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Le régicide met un terme à la dynastie des Valois, et provoque l'accession au trône de France du roi de Navarre Henri III sous le nom d'Henri IV, en tant que premier monarque de la maison capétienne de Bourbon.
Contexte historique

Henri III, né le à Fontainebleau est roi de Pologne sous le nom d'Henri Ier (Henryk en Polonais) de 1573 à 1575 et roi de France de 1574 à 1589. Il appartient à la maison de Valois.
Quatrième fils du roi Henri II et de la reine Catherine de Médicis, Henri n'est pas destiné à la couronne. Sous le règne de son frère Charles IX, il s'illustre comme chef de l'armée royale en remportant sur les protestants les batailles de Jarnac et de Moncontour. À l'âge de 21 ans, il se porte candidat pour le trône vacant de Pologne et le , il est élu sous le nom d'Henryk Walezy, roi de Pologne et grand-duc de Lituanie. Son règne en Pologne ne dure pas plus d'un an, puisqu'à l'annonce de la mort de son frère, décédé sans descendant mâle, il abandonne son royaume pour lui succéder sur le trône de France.
En devenant roi de France, Henri III hérite d'un royaume divisé où son autorité n'est que partiellement reconnue. Son règne se marque de sérieux problèmes religieux, politiques et économiques. Quatre guerres de Religion se déroulent sous son règne. Henri III doit faire face à des partis politiques et religieux soutenus par des puissances étrangères, qui finissent par venir à bout de son autorité, le parti des Malcontents, le parti des protestants et pour finir celui de la Ligue catholique dirigée par le duc Henri Ier de Guise.

Les tensions s'exacerbent lorsque le frère cadet du roi, le duc François d'Anjou, meurt sans héritier en 1584. N'en ayant pas lui-même, le roi Henri III se trouve confronté à une situation inextricable : son beau frère et cousin germain, le roi Henri III de Navarre, devient de facto l'héritier du trône de France mais sa confession protestante ulcère les catholiques du royaume. En , Henri III est chassé de la capitale par un soulèvement populaire. Le , lors des états généraux tenus à Blois, le roi ordonne l'assassinat du duc de Guise. Ce « coup de majesté » déclenche une insurrection ligueuse dans la plupart des villes et des provinces. Acculé, Henri III finit par s'allier avec son cousin huguenot le en vue de la reconquête du royaume.
Jacques Clément

Jacques Clément naît à Serbonnes dans une famille de paysans, à une date imprécise, peut-être en 1567. Il devient moine dominicain du couvent des Jacobins de Sens. Par la suite, il effectue des études au couvent des Dominicains de Paris, ce qui lui vaut d'être surnommé le Jacobin, autre nom des Dominicains. Déterminé à exterminer les hérétiques, il est désigné sous le vocable Capitaine Clément par ses confrères[2].
Fanatique, il prend le parti de la Ligue catholique. Son dessein est de tuer le roi Henri III, qui est à ses yeux l'ennemi déclaré du catholicisme, depuis l'assassinat du duc de Guise. Il se peut aussi que son acte soit en partie une vengeance familiale[3]. Il quitte Paris le pour joindre Saint-Cloud d’où le roi de France commande le siège de la capitale[4].
Faits
Installé à Saint-Cloud dans l'attente du siège de Paris, ce , vers huit heures du matin, Henri III accueille sur sa chaise percée[5],[n 1] le procureur général accompagné d’un moine dominicain ligueur, Jacques Clément, qui se dit porteur de nouvelles en provenance du Louvre. Devant l'insistance du religieux à vouloir parler en privé avec le souverain, Roger de Bellegarde, premier gentilhomme de la Chambre, laisse le moine s'approcher du roi. Ce furent deux soldats du régiment de Comblanc qui introduisirent Jacques Clément dans le camp d'Henri III[6].
Selon les versions des chroniqueurs de l'époque, le roi reste sur sa chaise percée ou se lève pour s'entretenir dans l'embrasure d'une fenêtre[7],[8]. Jacques Clément en profite pour frapper le roi au bas ventre avec le couteau qu'il tient dissimulé sous son habit. Henri III s'exclame : « Ah, mon Dieu ! », puis arrache le couteau de son intestin perforé et frappe son assaillant au visage en s'écriant : « Méchant, tu m'as tué ! »[9].
Au bruit, les gardes du roi, les fameux Quarante-cinq, accourent, transpercent le moine de leurs épées et le jettent par la fenêtre. Dans un premier temps, les médecins minimisent la gravité de la blessure, remettent les intestins en place et sutturent la plaie. Henri III parvient à dicter des lettres aux villes qui lui obéissent afin de couper court aux rumeurs. À sa femme la reine Louise, restée à Chenonceau, il affirme même que dans quelques jours, il pourra monter de nouveau à cheval. Toutefois, à l'occasion d'une visite de son cousin Henri de Navarre, le roi de France aurait harangué ses serviteurs de respecter les règles de passation de pouvoir en reconnaissant le roi de Navarre comme son successeur légitime[10].
Cependant, le soir venu, la péritonite progresse et ses souffrances augmentent. Après une douloureuse agonie, il meurt le lendemain vers 3 heures du matin.

La veille, jour de son assassinat, le roi mourant reconnaît formellement son beau-frère et cousin germain le roi Henri III de Navarre, premier prince du sang, comme son successeur légitime, et celui-ci lui succède comme roi de France sous le nom d'Henri IV, en tant que premier monarque français de la maison capétienne de Bourbon.
Henri III est le dernier souverain de la maison de Valois, branche cadette de la dynastie capétienne et qui a régné sur le royaume de France de 1328 à 1589.
Procès posthume de Jacques Clément
Un procès posthume est organisé à l'encontre de Jacques Clément bien qu'il ait été immédiatement tué par les gardes royaux. Le moine dominicain est donc jugé post mortem et son cadavre subit le supplice de l'écartèlement, sort réservé aux régicides et que subira également François Ravaillac, assassin d'Henri IV, vingt et un ans après lui, mais bien vivant[11].
Le corps de Jacques Clément est ensuite brûlé et ses cendres jetées dans la Seine, « a ce qu'il nen soit a l'advenir aucune mémoire ».