Assassinat de Chiara Páez
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Chiara Páez ( - ) est une adolescente de 14 ans, battue à mort dans la localité argentine de Rufino, province de Santa Fe, en 2015.
Son cadavre a été retrouvé dans la cour de la maison de son fiancé, Manuel Mansilla, âgé de 16 ans. Chiara était enceinte de trois mois et refusait d'avorter de leur fils. Manuel Mansilla faisait pression sur elle pour qu'elle avorte.
Ce féminicide a été le début du mouvement Ni una menos ("Pas une de moins") qui quelques années plus tard s'est étendu à d'autres pays d'Amérique Latine, notamment en Uruguay, au Chili, au Brésil, au Mexique et au Pérou, mais aussi en Espagne. La première manifestation de ce mouvement a eu lieu le dans quatre-vingt villes d'Argentine, qui réclamaient justice pour Chiara et dénonçaient la violence de genre en Argentine. Cela a été la manifestation la plus suivie contre la violence de genre dans l'histoire de l'Argentine. L'assassin de Chiara était son fiancé, Manuel Mansilla, de 16 ans, qui a été condamné en à 21 ans de prison. Les parents et grands-parents du condamné sont toujours poursuivis par la justice ordinaire.
Arrestation de Manuel Mansilla

Chiara Páez, adolescente de 14 ans, a disparu le après avoir subi des pressions de la part de son fiancé pour mettre fin à sa grossesse[1]. Son corps a été découvert chez les grands-parents de son fiancé, Manuel Mansilla, âgé de 16 ans. Cela s'est produit dans la localité de Rufino, au sud de Santa Fe. Le jeune a reconnu l'avoir assassinée mais il a été prouvé qu'il avait menti à trois occasions, en racontant comment il l'avait tuée[2].
Chiara a été vue pour la dernière fois le autour de 1h30, aux abords de l'école d'Éducation Technique Nº 286, alors qu'elle allait retrouver des amies, qu'elle n'a jamais pu rejoindre. Ses parents et amis, avec la police et les pompiers, ont cherché l'adolescente dans toute la zone le dimanche. Alors qu'ils ratissaient la région pour la retrouver, chez Manuel Mansilla on faisait un barbecue, à quelques mètres du lieu où était enterrée l'adolescente. Ces détails ont déclenché la colère des parents et amis de la victime[3].
A 21h30 le dimanche , vingt heures après qu'on eût perdu la trace de Chiara, son corps a été retrouvé. Quelques minutes avant, cerné par les recherches, Manuel a avoué le crime à son père. Le jeune aurait raconté à son père qu'il y avait eu une dispute dans la maison et qu'il avait perdu le contrôle. Son attitude avait déjà éveillé des soupçons pendant l'angoissante recherche du dimanche[1].
Manuel s'est présenté avec son père Rubén Mansilla, sergent du commissariat de Rufino, au Centre de Justice Pénale, où il a avoué avoir commis l'assassinat et a été arrêté. Manuel était le fiancé de Chiara depuis sept mois. Rubén Mansilla a lui aussi été mis en cause pour avoir couvert son fils. Mansilla a assuré qu'il avait agi en solitaire[3].
Localisation du cadavre

Le téléphone portable de Chiara a été trouvé dans un terrain vague, à quatre pâtés de maison de chez Manuel. Il n'avait plus de batterie. Ni la puce, qui a ensuite été déclenchée à plusieurs reprises depuis un autre téléphone. "Ils l'allumaient et l'éteignaient. Et ils le rallumaient 20 rues plus loin. Ils voulaient induire en erreur" a expliqué le père de Chiara[1].
Le cadavre a été localisé, enterré dans un trou d'un mètre de diamètre et 88 centimètres de profondeur. La terre était ratissée et bien tassée. Le cadavre est apparu en position foetale et d'après l'autopsie Chiara a été battue à mort. La jeune fille était enceinte de trois mois et des traces d'un anti-inflammatoire utilisé pour avorter ont été trouvées dans son corps[1].
Mobilisation contre le féminicide

L'assassinat de Chiara Páez a été le début d'une mobilisation sans précédent en Argentine contre la violence de genre et le féminicide. Il a donné naissance au mouvement "Ni una menos" ("Pas une de moins") qui s'est étendu très vite à plusieurs pays d'Amérique Latine. La manifestation Ni Una Menos a eu lieu pour la première fois le dans quatre-vingt villes d'Argentine et a été la protestation contre la violence de genre la plus suivie dans l'histoire de l'Argentine[4],[5],[6].
Entre 2015 et 2019 ces manifestations se sont répétées tous les en Argentine pour exiger la fin de tout type de violence contre les femmes, la légalisation de l'avortement, et s'opposer au gouvernement argentin et au FMI (le budget alloué à la prévention des violences de genre étant jugé très insuffisant)[4],[7].
Condamnation de son assassin
Le Manuel Mansilla a été condamné à 21 ans de prison. Le juge des mineurs Javier Prado a soutenu dans son verdict que "Mansilla a tué Páez en méprisant sa condition de femme et en connaissant sa grossesse". L'autopsie a révélé qu'elle avait dans le sang des restes d'un médicament abortif. Prado a assuré qu'il était prouvé que Chiara était morte des coups que lui a assenés son fiancé "dans un contexte de violence de genre" et a souligné l'absence de remords de l'adolescent[4].
Si l'assassin a bien été déclaré coupable, la justice ne l'a pas condamné aux 21 ans qu'il encourait puisque, au moment du crime, il était mineur. La Cour Suprême de Justice de Santa Fe a ordonné, le , de réviser la condamnation et de l'adapter au droit pénal des mineurs, qui pourrait réduire la peine à un maximum de 15 ans[8].
La famille de Chiara réclame que la condamnation s'étende aux grands-parents de Mansilla, à sa mère et à son compagnon, dans l'affaire en cours auprès de la Justice ordinaire. La famille de la victime soutient que Manuel Mansilla a eu besoin d'aide pour creuser un trou, y traîner le cadavre de sa fiancée et l'enterrer[9].

