Assemblée nationale constituante autrichienne de 1919
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Karl Seitz, social-démocrate viennois, élu au Reichsrat en 1911, fut élu par l'Assemblée nationale provisoire le 21 octobre 1918 comme l'un de ses trois présidents à égalité. Le 5 mars 1919, l'Assemblée nationale constituante l'élit président (jusqu'au 10 novembre 1920), il exerce simultanément les fonctions de chef de l'État (jusqu'au 9 décembre 1920). <i id="mwEw">Wiener Illustrierte Zeitung</i>, 16 mars 1919, Photographie de Carl Pietzner, photographe de la Cour
Le social-démocrate Karl Renner (photographié en 1905) de Moravie du Sud fut élu chancelier de l'Autriche allemande par l'Assemblée nationale provisoire le 30 octobre 1918. Confirmé dans ses fonctions par l'Assemblée nationale constituante, il resta en fonction jusqu'au 7 juillet 1920, date à laquelle, il fut remplacé par le chrétien-social Michael Mayr.
À compter du , l'Assemblée nationale supprime le Conseil d'État, composé des trois présidents de l'Assemblée nationale et de 20 autres députés. Ce fut Karl Seitz qui occupa alors les fonctions de chef d'État jusqu'à l'élection du premier président fédéral, le [1].
En raison de la nouvelle constitution, l'Assemblée nationale fut remplacée le par l'Assemblée fédérale, c'est-à-dire par le Conseil national et par le Conseil fédéral. Le gouvernement de l'État est devenu le gouvernement fédéral. Le terme «chancelier d’État» a été remplacé par «chancelier fédéral» (Bundeskanzler) et le terme «secrétaire d’État» par «ministre fédéral» (Bundesminister)[1].
Élections
Le , tous les membres allemands du Reichsrat se réunirent au Landhaus de Basse-Autriche, dans la Herrengasse de Vienne, pour constituer l' Assemblée nationale provisoire de l'Autriche allemande . Ils établirent pour territoire du nouvel Etat l'ensemble de la zone de peuplement allemand de l'ancienne Autriche. Le social-démocrate Karl Renner fut élu premier chancelier de l'Autriche allemande le . L'empereur Charles Ier, encore régnant sur les Habsbourg, abdiqua le et, le lendemain, l'Assemblée nationale provisoire établit la république comme forme de gouvernement.
La Tchécoslovaquie, également devenue indépendante, a ignoré le droit à l'autodétermination des Allemands des Sudètes et a empêché leur participation aux élections à l'Assemblée nationale constituante. De même, les Italiens, qui avaient occupé le Tyrol du Sud, n'y autorisèrent aucune participation électorale. Le vote n'était donc possible que dans les territoires effectivement contrôlés par l'Autriche allemande. Cela concernait à peu près le territoire fédéral sans le Burgenland qui, à cette époque, appartenait encore à la Hongrie.
Pour la première fois en Autriche, les femmes ont pu exercer leur droit de vote. 3 544 242 femmes et hommes étaient éligibles pour voter. Le taux de participation était de 84,4%. Au total, plus de 20 listes se présentèrent. Cependant, beaucoup ne se sont présentées qu’au niveau régional et non à l’échelle nationale.
Résultats des élections
Les chrétiens-sociaux et les sociaux-démocrates ont remporté ensemble plus de 75 pour cent des voix lors des élections de l'Assemblée nationale provisoire. Le Parti social-démocrate des travailleurs (SDAP) de Karl Seitz, Karl Renner et Otto Bauer est devenu le parti avec le plus de voix et de mandats. Le deuxième parti le plus fort était le Parti chrétien-social. 159 députés, dont huit femmes (sept sociales-démocrates et une chrétienne-sociale), furent élus et la plupart d'entre eux prêtèrent serment lors de la séance d'ouverture le .
Mandats
Au total, 19 listes ont été élues au Parlement. L'Assemblée nationale, composée de 170 membres, était divisée en fractions politiques comme suit[2]:
Sociaux-démocrates: 72 mandats
Chrétiens sociaux: 69 mandats
Partis nationalistes allemands: 26 mandats
Partis démocrates: 1 mandat
Parti juif national: 1 mandat
Sociaux-démocrates tchèques: 1 mandat
Le résultat des élections aboutit à une grande coalition entre les sociaux-démocrates et les chrétiens-sociaux jusqu'au , puis à un gouvernement proportionnel transitoire des trois camps politiques, duquel les sociaux-démocrates se retirèrent le , cinq jours après les premières élections au Conseil national, au cours desquelles les chrétiens-sociaux obtinrent le plus de voix[3].
Constitution
L'assemblée constituante avait pour vocation de voter une nouvelle constitution. Les compromis entre les exigences centralisatrices des sociaux-démocrates et les ambitions fédératives des chrétiens-sociaux résultèrent en une organisation sous forme de Bundesstaat (État fédéral) qui donnait une certaine indépendance aux Länder qui n'en était pas moins soumis à l'autorité du Bund. La Bundes-Verfassungsgesetz (loi constitutionnelle fédérale d'Autriche) fut votée par l'assemblée le , entra en vigueur le et rendit de ce fait l'existence de l'assemblée constitutionnelle obsolète[4].
↑Lothar Höbelt, «Die "verkehrten Fronten" des Jahres 1919», dans Lothar Höbelt, Johannes Kalwoda, Johannes Schönner, Klubprotokolle der Christlichsozialen und Großdeutschen 1918/19, Wien–Köln Böhlau-Verlag,
↑Hélène de Lauzun, Histoire de l'Autriche, Perrin, , 448p.