Association de l'industrie et de l'agriculture françaises

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Association de l'industrie et de l'agriculture françaises
Histoire
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Organisation
Président

L'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises est un groupe de pression patronal de la IIIe République.

En 1878, des industriels et des parlementaires créent l'Association de l'industrie française, « fondée pour la défense du travail national », afin de combattre le libre-échange libéral et les traités de commerce et défendre un programme protectionniste[1]. Ses statuts sont présentés lors d'une assemblée en juin[2].

À partir de la fin des années 1880, elle se rapproche des notables propriétaires terriens de la Société des agriculteurs de France[3] et d'hommes politiques protectionnistes comme Jules Méline[4]. Ils combattent ensemble pour imposer en 1892 une transformation du régime douanier (, adoption du Tarif Méline, discuté au Parlement depuis 1891). Jules Méline est porté à la présidence de l'Association fin [5]. Des représentants du monde agricole sont intégrés à l'association qui change de nom et devient l'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises. Lors de l'assemblée générale de l'AIAF en 1894, Méline salue ainsi les représentants de l'agriculture :

« Votre présence parmi nous est une grande satisfaction. J'ai toujours pensé que la meilleure manière de combattre les retours offensifs de nos adversaires était de réunir ensemble et de fondre étroitement toutes les branches de la production nationale. L'union entre l'agriculture et l'industrie rendra notre force inébranlable. Soyez les bienvenus, Messieurs les agriculteurs, l'industrie vous accueille fraternellement et vous pouvez serrer, sans arrière-pensée, la main loyale qu'elle vous tend[6]. »

Méline affirme avoir accepté la présidence à la condition que l'agriculture soit intégrée à l'association[7].

Le rôle de l'association décroit avec la naissance en 1919 de la Confédération générale de la production française, à laquelle elle est liée ; mais elle conserve son autonomie. Elle tente de revenir au premier plan, avec la nomination comme directeur de Pierre Lyautey, de 1925 à 1933, et la formation sous son égide de comités, tels la Société d'économie nationale, dont la présidence est confiée à Lucien Romier, rédacteur en chef et éditorialiste du Figaro, et le Comité économique international en 1928. Elle se spécialise alors dans les questions douanières. René Théry, docteur en droit, directeur et rédacteur en chef de L'Economiste européen depuis 1925[8], succède à P. Lyautey comme délégué général.

Elle tente de revivre après 1945, en relation avec le Conseil national du patronat français, mais est dissoute en 1961.

Présidents, membres du comité directeur et adhérents

Présidents successifs

  • Alexandre Jullien, maître de forges, ancien député[9]
  • Paul Léon Aclocque, industriel, ancien député de l'Ariège, 1888 à son décès en 1893[10]
  • Jules Méline, de 1893[11] à 1896
  • Charles Sébline, propriétaire terrien, sénateur de l'Aisne, de 1896 à 1898, désigné en remplacement de Méline, nommé au ministère de l'agriculture[12]
  • Jules Méline, de 1898 à 1912[13]
  • Eugène Touron, industriel, sénateur de l'Aisne et président de la Chambre de commerce de Saint-Quentin, de 1912 à son décès en [14]
  • Henry Le Mire, industriel, député de l'Eure, de 1925 à 1934
  • Émile Taudière, industriel, député des Deux-Sèvres, d' à 1945
  • René Théry
PrésidentsVoir et modifier les données sur Wikidata
PortraitIdentitéPériodeDurée
DébutFin
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Alexandre Jullien.Alexandre Jullien
( - )
Paul Léon AclocquePaul Léon Aclocque
( - )
5 ans
Jules MélineJules Méline
( - )
3 ans
Charles SéblineCharles Sébline
( - )
2 ans
Eugène TouronEugène Touron
( - )
12 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Henry Le Mire.Henry Le Mire
( - )
9 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Émile Taudière.Émile Taudière
( - )
11 ans

Animateurs successifs

  • Armand Pihoret (1825-1892), administrateur-délégué de l'Association de l'industrie française, administrateur de la Société métallurgique de l'Ariège, ancien préfet monarchiste, homme d'œuvres catholiques (membre du comité de l'œuvre des cercles catholiques, président de l'œuvre du courtage d'assurances, membre du comité de l'Union fraternelle)[15]. Il a été très actif dans la campagne qui a mené au tarif Méline[16].
  • Emile Jaubert, 1893-?, administrateur-délégué de l'AIAF
  • Charles Renard, ?-1912, administrateur-délégué de l'AIAF, ancien magistrat, avocat, directeur des syndicats des fabricants de sucre et des filateurs de coton, collaborateur du comité central des houillères[17]
  • Charles Grosclaude
  • Pierre Lyautey, directeur et délégué général, 1925-1933
  • René Théry (1890-1952), délégué général, 1933-1945

Membres : industriels de la métallurgie et du textile, propriétaires terriens

À l'origine, les dirigeants de l'association sont surtout des industriels de la métallurgie (Jullien est administrateur-directeur des forges de Terre-Noire (Loire)[18], Auclocque, administrateur-délégué des forges de l'Ariège[19], Martelet, vice-président, est administrateur-délégué des forges de Denain et Anzin, Jordan, secrétaire, est administrateur des hauts fourneaux des Marseille)[20]. Ainsi que des parlementaires (trois sénateurs, Nicolas Claude, Augustin Pouyer-Quertier, défenseur du protectionnisme, et Ernest Feray), des industriels de la mécanique (Adolphe Japy, Moreau de Fives-Lille), des industriels du charbon (Vuillemin, président du comité des houillères du Nord et du Pas-de-Calais) et des industriels du textile, tels Emile Widmer, Joly de Bammeville, manufacturier à Saint-Quentin, ou Julien Le Blan, filateur à Lille, président du comité linier du Nord[21]. Parmi les membres fondateurs, on trouve aussi des chambres de commerce (de Lille, Elbeuf, Roanne, Saint-Malo, Saint-Quentin), des armateurs (Henri Bergasse, de Marseille, Emile Bossière, du Havre), des associations patronales (comité des forges, comité commercial et industriel de Normandie, comité linier de Lille, syndicat cotonnier de l'Est), des entreprises (Fives-Lille, Compagnie des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons, etc.), quelques négociants (Ernest Siegfried, du Havre)[22].

La composition sociale du comité ne change pas avec les années, avec toujours des représentants éminents des vieilles industries de la Première révolution industrielle[23] : industriels du textile (Touron, Le Mire, les sénateurs Gustave Denis, Alfred Thiriez[24], les vice-présidents de l'AIAF Charles Saint, Jean Noblot, sénateur, Robert Stewart Carmichaël[25], René Laederich, secrétaire général avant 1914 puis vice-président en 1925, régent de la Banque de France[26], Arthur Waddington, vice-président en 1925) et de la métallurgie : les vice-présidents Alexandre Dreux, de la Société des aciéries de Longwy, Léopold Pralon, de Denain et Anzin)[27], et René Fould, vice-président en 1939. Des propriétaires terriens aussi, tels Sébline, à la tête d'une exploitation de 300 hectares et d'une sucrerie, ou le marquis Louis de Vogüé, président de la Société des agriculteurs de France, vice-président de l'AIAF à partir de 1932[28].

Henri Davezac, le trésorier de l'AIAF à la fin des années 1930, est toutefois le vice-président délégué du syndicat général de la construction électrique et donc le représentant d'une industrie de la deuxième révolution industrielle.

Les présidents de l'association mènent une carrière parlementaire (Méline, Touron, Le Mire, Taudière). C'est le cas aussi d'autres membres du comité directeur comme Jean Plichon (président de la compagnie des mines de Béthune et administrateur notamment de Denain-Anzin, de l'UIMM), député du Nord, vice-président du Comité central des houillères de France et de la Société des agriculteurs de France[29], le comte Louis Doynel de Saint-Quentin, propriétaire terrien et administrateur de la Société des aciéries de Longwy, député puis sénateur du Calvados jusqu'à son décès en 1928, vice-président et président de la section agricole de l'association, le sénateur meusien Charles-Henri Cournault, vice-président à la fin des années 1930.

Sont membres de l'association des individus, des entreprises, des chambres de commerce et des groupements patronaux, tel le Comité des forges de l'Est, qui y adhère en 1893[30].

Des liens étroits avec d'autres associations patronales

Ses dirigeants font partie d'autres associations patronales :

  • le Comité des forges[31] avec Aclocque (trésorier), Jullien, Martelet, puis Lambert-Ribot (délégué général), Pralon (vice-président depuis 1907), ou René Fould (vice-président de l'AIAF à la fin des années 1930),
  • l'Union des syndicats patronaux des industries textiles, cofondée en 1900 par Carmichaël et Touron[32],
  • le syndicat général de l'industrie cotonnière[33] : ses présidents successifs sont vice-présidents de l'AIAF à partir de 1925 : René Laederich, qui le préside de 1920 à 1932, Arthur Waddington, qui préside par ailleurs depuis 1921 l'Association cotonnière coloniale[34], Victor Tenthorey.

Touron et Carmichaêl ont dirigé à partir de 1909 le Comité central d'études et de défense fiscale, un cartel d'associations patronales, qui mena en particulier une campagne contre l'impôt sur le revenu avant la Première Guerre mondiale[35]. Sébline a été de même l'un des vice-présidents en 1899 de la Fédération des contribuables[36]. Le comte de Saint-Quentin est vers 1911 vice-président de la Fédération nationale pour la défense des contribuables contre le projet d'impôt sur le revenu, présidée par Jules Roche[37].

À sa fondation en 1915, le sénateur Touron est l'un des vice-présidents de l'Association nationale d'expansion économique, tandis que le comte de Saint-Quentin est membre de son conseil d'administration[38]. Carmichaël et Pralon sont également membres du conseil d'administration qui comprend à la fois des protectionnistes et des industriels plus libre-échangistes.

L'AIAF coopère avec la Confédération générale de la production française (CGPF). Pierre Lyautey est d'ailleurs membre de son comité central et René-Paul Duchemin, président de la CGPF, est membre de l'association[39]. Alexandre de Lavergne, délégué général de la CGPF, est l'un des animateurs de la Société d'économie nationale. L'AIAF s'est associée à des demandes de la CGPF[40]. Taudière est l'un des vice-présidents en 1936 de la nouvelle CGPF, Confédération générale du patronat français[41].

Dans la seconde moitié des années 1920, Lyautey est avec René Laederich le représentant de l'association au Comité franco-allemand d'information et de documentation, où l'on trouve des patrons - dont Peyerimhoff et Duchemin - , Seydoux, ainsi que des personnalités de la Société d'économie nationale et du Comité international économique (Siegfried, Romier, d'Ormesson)[42].

Moyens d'action et convictions défendues

Voir aussi

Notes et références

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