Sardar Ataullah Khan Mengal ou plus simplement Ataullah Mengal (en ourdou: سردار عطااللہ خان مینگل), né le dans le district de Khuzdar et mort le à Karachi, est un homme politique pakistanais. Ministre en chef du Baloutchistan de à , il a été le premier chef du gouvernement local de la province.
Mengal est un important chef de tribu baloutche, qui a débuté en politique dans les années 1960 au sein du Parti Awami national, défendant une plus grande autonomie pour sa province. Entrant en conflit avec le Premier ministreZulfikar Ali Bhutto, il est emprisonné en 1973 puis part en exil en 1977. Après être rentré au Pakistan en 1996, il a fondé le Parti national baloutche. Son fils Akhtar Mengal lui succède en politique, devenant ministre en chef de la province en 1997.
Ataullah Mengal est né le dans le village de Wadh, situé dans le district de Khuzdar, dans le sud-est du Baloutchistan[1]. Mengal grandit donc sous le Raj britannique et passe son enfance à Lasbela, un peu au sud de son lieu de naissance. Il fait ses études au Aitchison College de Lahore[2]. Il s'installe plus tard à Karachi et est proclamé en 1954 «Sardar» (chef) de la tribu Mengal dont il est lui-même issu[3].
Ataullah Mengal a eu au moins deux fils: Asadullah qui meurt assassiné peu de temps après avoir été enlevé le [3] et Akhtar né le [4].
En , peu après la démise du gouvernement provincial par le pouvoir central, une révolte de militants de l'indépendance du Baloutchistan éclate. Des convois de l'armée sont notamment pris pour cible[5], surtout par des combattants de l'armée de libération du Baloutchistan. Le gouvernement de Zulfikar Ali Bhutto décide alors de dissoudre le Parti Awami national et d'arrêter près de 55 militants politiques, dont Mengal, Marri et Bizenjo[7]. Durant les procès qui s'ensuivent à partir de 1975 à Hyderabad, ils sont accusés d'avoir fomenté une révolte armée dans le but d'obtenir l'indépendance du Baloutchistan. Le pouvoir met notamment en avant la découverte d'armes au sein de l'ambassade d'Irak[2].
Après avoir passé quatre années en prison, Ataullah Mengal réussit à partir en exil à Londres en 1977 alors que Zulfikar Ali Bhutto est renversé par le coup d’État du chef de l'armée Muhammad Zia-ul-Haq. Il cofonde depuis l'étranger le Sindh Baloch Pashtun Front qui soutient la lutte armée et milite pour un système confédéral qui laisse une importante place aux provinces[8].
En 1998, alors qu'Ataullah Mengal est réélu président du parti par ses membres, plusieurs d'entre eux contestent la régularité du scrutin et quittent le parti pour mener une scission, le Parti national baloutche (Awami)[9]. Son fils Akhtar le remplace ensuite à la tête du parti[10],[11].
Âgé de 92 ans, il meurt le à Karachi des suites d'une longue maladie[12].