Suivant le récit de Platon — « inventeur » de l'Atlantide[1] et seule source sur le personnage — lorsque les dieux se partagent la Terre, Poséidon, dieu des océans, reçoit Atlantis (Ἀτλαντίς) — devenu en français « Atlantide » —, une île gigantesque située au-delà des colonnes d'Héraclès. C'est une région fabuleuse, aux contours indéterminés, bordée du royaume Cimmérien au nord et par le jardin des Hespérides ou l'île des Bienheureux au sud[2].
Poséidon s'y unit avec Clitô (« l'illustre », « la magnifique »[3]), une jeune mortelle autochtone, fille unique d'Événor (« l'homme de valeur »[3]) et Leucippe (« la femme aux chevaux blancs »[3]), qui enfante cinq couples de jumeaux mâles, élevés par le dieu. Chaque couple a un aîné et un cadet[4], et l'aîné de tous s'appelle Atlas — à l'étymologie obscure[3] —, qui donne son nom à l'île — « Atlantis » — et aux habitants qui la peuplent — les « Atlantes » — ainsi qu'à la mer qui l'entoure — la mer « Atlantique »[5].
Atlas devient le premier souverain d'Atlantis, celui de la cité-capitale, dont l'autorité s'étend sur ses frères[6]. Il reçoit le royaume au centre de l'île, le plus vaste et le meilleur, où se trouvait la maison maternelle à l'emplacement de laquelle est érigé un temple consacré à Clito et à Poséidon. Son jumeau, qui porte le double nom d'Eumélos en grec et de Gadir en langue atlante, reçoit lui l'extrémité de l'île située en face des Colonnes d'Héraclès[6]. Le reste de la fratrie se partage en huit royaumes supplémentaires.
Son règne correspond à l'âge d'or de l'Atlantide sur laquelle ses descendants continuent de régner sur une population devenue innombrable, progressivement expansionniste et belliqueuse[2].