Attaque des câbles de Stuttgart
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Lors de l'attaque des câbles de Stuttgart, quatre jeunes communistes de Stuttgart ont détruit un câble radio qui transmettait un discours d'Adolf Hitler le à Stuttgart. Après la Seconde Guerre mondiale, une légende s'est répandue à Stuttgart selon laquelle Hitler n'y serait plus jamais retourné à cause de cet attentat. Cette tentative fut la première attaque contre Adolf Hitler[1]
En , Hitler s'est rendu Stuttgart pendant la campagne électorale pour les élections du Reichstag pour prononcer un discours. Il s'exprima à l'hôtel de ville ; son discours fut également retransmis sur la place du marché de Stuttgart et diffusé sur les ondes de la Radio du Sud de l'Allemagne (SÜRAG) à Stuttgart et de la Radio du Sud-Ouest de l'Allemagne (SÜWRAG) à Francfort-sur-le-Main. Vers la fin de son discours (prévu de 20 h 15 à 21 h 25) la diffusion fut interrompue à 21 h 17, un câble radio aérien se trouvant dans une allée de la rue Werderstrasse 20 ayant été coupé[2].
L'acte fut perpétré par quatre jeunes ouvriers, Wilhelm Bräuninger, Alfred Däuble, Hermann Medinger et Eduard Weinzierl, probablement inspirés par Kurt Hager (qui devint plus tard membre du Politburo du SED en RDA). D'après Harald Stingele, l'idée est venue du facteur Theodor Decker qui leur a fourni des informations sur l'emplacement des lignes électriques aériennes car il travaillait au bureau de construction du réseau télégraphique[3],[4]. Les quatre hommes avaient déjà tenté d'accéder au câble à un autre endroit mais avaient été arrêtés par des gardes SA. Dans le rue Werderstrasse, Bräuninger et Weinzierl distrayèrent les passants en engageant la conversation, tandis que Däuble, hissé sur les épaules de Medinger, sectionnait le câble à environ quatre mètres de hauteur. Ils s'enfuirent sans être repérés.
Conséquences
Les responsables de la Süddeutscher Rundfunk (alors Radiodiffusion du Sud de l'Allemagne) conclurent immédiatement que seule une détérioration du câble de transmission pouvait être à l'origine de l'interruption et se rendirent auprès d'Hitler pour clamer leur innocence. Trois employés de la Deutsche Post, en charge des câbles de diffusion, furent tenus responsables ; suspendus à titre conservatoire, ils purent reprendre leurs fonctions en février. Le député régional Johannes Fischer (DDP) avait plaidé en leur faveur lors d'une enquête parlementaire.
Les quatre ouvriers restèrent à Stuttgart, se retrouvèrent dans les pubs et se vantèrent de leur acte ; à la suite d'une altercation dans un pub et à une dénonciation ils furent arrêtés en 1935/36 et condamnés à des peines de prison allant de 21 mois à deux ans[5]. Le procureur requit une peine de haute trahison mais le tribunal estima que le Parti communiste d'Allemagne n'était pas encore interdit au moment des faits et considéra également comme circonstance atténuante le fait que les accusés étaient indignés par l'interdiction faite à leur parti de faire campagne à la radio. Däuble, l'un des condamnés, fut emprisonné à plusieurs reprises, notamment avec Kurt Schumacher au camp de militaire en Heuberg. En 1942, il échappe à la Gestapo alors qu'il servait comme soldat à Thessalonique, grâce à l'intervention de son capitaine.
Matthäus Eisenhofer, fondateur de la South German Broadcasting Corporation (SDR), a affirmé dans ses mémoires Mein Leben im Rundfunk (Ma vie dans la radiodiffusion) qu'Hitler n'a plus jamais prononcé de discours à Stuttgart après cela. Toutefois Hitler a tenu un autre discours, à l'hôtel de ville de Stuttgart, dans le cadre d'une courte visite d'une journée le [6].