Attentat d'Aniche

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LocalisationAuberchicourt (France)
Date
Vers 10 h 30
Attentat d'Aniche
Image illustrative de l’article Attentat d'Aniche
L'attentat d'Aniche le 4 août 1895 - Le Petit Journal supplément illustré.

Localisation Auberchicourt (France)
Cible Émile Vuillemin
Coordonnées 50° 20′ 00″ nord, 3° 14′ 00″ est
Date
Vers 10 h 30
Type Fusillade
Attentat à la bombe
Armes Revolver et bombe
Morts 1 (l'auteur)
Blessés 6
Auteurs Clément Décout
Géolocalisation sur la carte : France
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Attentat d'Aniche
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
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Attentat d'Aniche
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Attentat d'Aniche

L’attentat d'Aniche est un attentat qui a eu lieu en France, le devant l'église d'Auberchicourt lors des cérémonies du cinquantenaire d'entrée de Émile Vuillemin à la Compagnie des mines d'Aniche. Ce jour-là, Clément Décout, après avoir été licencié deux ans plus tôt, tente de tuer Émile Vuillemin par quatre ou cinq tirs de pistolet puis d'une bombe.

Vuillemin survit, seulement blessé légèrement, tandis que Décout est tué par sa propre bombe, qui explose trop tôt.

Le , la loi légalisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux est votée à l'initiative de Pierre Waldeck-Rousseau. Le a lieu la première célébration française et internationale de la journée d'action du . Ce jour-là, à Fourmies, la troupe tire sur des grévistes, faisant neuf morts et 35 blessés. Ainsi la mise en place du syndicalisme est un long parcours. La Confédération générale du travail ne verra le jour qu'en 1895.

Le Conseil de prud'hommes est remanié par la loi du , qui confère à l'institution un élément fort de sa forme actuelle avec l'apparition du paritarisme.

Le , Amédée Pauwels tente de commettre un attentat dans l'église de la Madeleine à Paris[1].

Attentat

L’église d’Auberchicourt en 1906.
L'attentat d'Aniche par Paul Destez.
Attentat d'Aniche - Le Monde illustré, dessin de Mouligné.

La Compagnie des mines d'Aniche célébrait, le dimanche , le cinquantième anniversaire de l'entrée à la Compagnie d'Émile Vuillemin, 74 ans, ingénieur-directeur. Une fête avait été organisée à l'occasion de ce jubilé avec un banquet de 4 000 couverts qui devait réunir le personnel de la Compagnie. Une souscription avait été ouverte parmi les ouvriers pour offrir au directeur, à l'occasion de ses noces d'or, un souvenir artistique en un vase d'argent ; vingt-trois ouvriers seulement ont refusé d'y prendre part.

Une messe solennelle avait été dite dans la matinée en l'église d'Auberchicourt et Émile Vuillemin sortait vers dix heures et demie de l'église d'Auberchicourt, entouré des ingénieurs et des actionnaires de la mine, pour se diriger vers le banquet, lorsqu'un homme, vêtu en ouvrier, se précipita à sa rencontre, un revolver au poing et fit feu sur lui à cinq reprises.

Le directeur tomba, atteint de quatre balles : de deux balles à la nuque, d'une balle dans le dos et d'une autre dans la main.

« On se précipita aussitôt sur l'auteur de cet attentat, mais au même moment une bombe, que le meurtrier tenait cachée sous son veston et qu'il se disposait à lancer, éclata plus tôt qu'il ne croyait et le misérable fut projeté, le corps horriblement déchiré, le ventre ouvert, à deux mètres de hauteur, pendant que les vitres des établissements voisins étaient brisées par l'explosion et que les éclats de la bombe blessaient diverses personnes; quand il retomba à terre. Il fut transporté à la mairie d'Auberchicourt (actuelle poste), où il expira aussitôt. »

La panique fut épouvantable. Les assistants s'enfuirent de tous côtés on poussant des cris. Le petit-fils de Vuillemin, âgé de treize ans, remonte en voiture et crie « on assassine mon grand-père »[2].

Quatre personnes gisaient, à terre : M. Devès, notaire à Paris, blessé à la figure, aux bras et aux jambes ; M. André Bernard, de Courrières, blessé à la tête ; M. Henri Minangoy, de Paris, blessé au front ; M. Gourdin, agent de mines à Auberchicourt, blessé à la tête.

M. Ernest Déjardin-Verkinder, ancien député du Nord, administrateur de la mine d'Aniche, a également reçu un coup de revolver en pleine poitrine mais la balle a été amortie et n'a causé qu'une plaie confuse.

Les blessés sont amenés à l'estaminet Briffaut-Masclet (l'actuel café Le Bernonville)[2].

On raconte que le père de Decout, présent lors de l'attentat, se précipita sur le cadavre de son fils et le frappa du pied en criant : « Canaille ! Assassin ! ». On mit fin à cette scène.

« Quant à la bombe, on suppose qu'elle était à renversement chloraté avec des rivets formant mitraille »[3].

Enquête

De l'enquête sommaire à laquelle on s'est livré, il a été reconnu que Decout, qui portait la bombe cachée sous son veston, a voulu la lancer au milieu des ingénieurs et des administrateurs qui entouraient M. Vuillemin mais qu'au moment de la prendre, il l'aura laissée tomber à terre, provoquant ainsi une explosion qui lui a coûté la vie. On suppose que l'engin était chargé de picrate et de dynamite mélangés. Enfin, il est certain qu'on se trouve en présence d'une vengeance personnelle préméditée depuis longtemps.

Cet événement a provoqué une vive émotion à Aniche, à Douai et dans toute la région, où l'indignation est générale. Le préfet du Nord et la gendarmerie se sont aussitôt rendus sur les lieux du crime. Le revolver de l’assassin n'a pas été retrouvé. Une perquisition a été faite à Waziers, au domicile de l'anarchiste.

M. Vuillemin a été reconduit en voiture à son domicile ; ses blessures sont peu graves et son état est satisfaisant[4].

Protagonistes

Clément Décout

Clément Décout
Image illustrative de l’article Attentat d'Aniche
Le corps de Clément Décout.
Information
Nom de naissance Clément Décout
Naissance
Bruille-lez-Marchiennes (Nord)
Décès (à 27 ans)
Auberchicourt (Nord)
Nationalité Français
Sexe Homme
Actions criminelles Tentative d'assassinat
Attentats Attentat d'Aniche
Victimes 6 blessés

Clément Décout est originaire de Bruille-lez-Marchiennes où il est né le , fils de Clément Décout et de Ferdinande Ségard. Célibataire, il demeure à Waziers, près de Douai, où il travaille chez Cail. Il passait dans le pays pour avoir des idées anarchistes, défilant de village en village avec le drapeau rouge.

Clément Décout est un mineur renvoyé de la Compagnie des mines d'Aniche après la grève de 1893. Il a vingt-six ans au moment des faits. Après sa mort, il est transféré à la mairie d'Auberchicourt (l'actuelle poste) puis remis à la famille. Le corps est transféré au domicile du père. Le parquet de Douai émet un ordre d'enterrement immédiat pour éviter toute manifestation. Le maire de Waziers, le garde champêtre et deux gendarmes se rendront au domicile où se tenaient le père et des femmes.

« Les femmes crièrent Clément ! Clément ! on ne t’enlèvera pas pauvre garçon on veut t'enterrer comme un chien ! ». Les gendarmes et le garde champêtre, aidés par un artilleur en congé, durent exécuter la mise en bière car l'assistance s'opposait. Clément Décout fut enterré à minuit dans une fosse préparée. Sa sœur cria « Clément tu t'es fait chasser pour les autres et tu t'es fait tuer pour les autres ! » [2].

Émile Vuillemin

M. Émile Vuillemin, directeur de la Compagnie des mines d'Aniche.

Émile Vuillemin était officier de la Légion d'honneur, épinglée par Sadi Carnot. Il survit à l'attentat, légèrement blessé.

Réactions

Numismatique

Notes et références

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