Attentat d’Aweil contre Médecins sans frontières
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| Attentat d’Aweil contre Médecins sans frontières | |
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L’attentat d’Aweil contre Médecins sans frontières est un attentat commis contre un avion affrété par Médecins sans frontières le à Aweil, dans la province du Sud-Soudan, avant la création de l’État du Soudan du Sud.
Pendant la seconde guerre civile soudanaise de 1983 à 2005, qui aboutira au référendum sur l'indépendance du Soudan du Sud en et à l’indépendance du pays le , Médecins sans frontières intervient dans la province du Sud-Soudan, à Aweil à une centaine de kilomètres au sud de la frontière avec le futur Soudan. MSF est alors partenaire de l'Opération Lifeline Sudan (OLS) de l’Organisation des Nations unies et vient en aide aux populations victimes de la guerre civile et de la famine. A Aweil, la mission de MSF soutient un hôpital local et gère un centre nutritionnel[1].
En , Aweil est une garnison de l’armée soudanaise alors entourée par le SPLA (Armée populaire de libération du Soudan devenue Forces de défense du peuple sud-soudanais). Le , à 11 h 10[2], disposant des autorisations de vol obtenues auprès des autorités soudanaises et du SPLA, l’avion d’Aviation sans frontières, un avion Britten (BN9) décolle pour Khartoum, où, entre autres, le médecin Jean-Paul Bescond doit se rendre afin de rencontrer les responsables d’une mission à laquelle il doit participer en Éthiopie[3].
Au décollage, l’avion est abattu par un missile sol-air[4]. L’avion s’écrase 800 mètres plus loin [1],[3]. Les quatre passagers sont tués sur le coup.
Conséquence de l’attentat pour MSF
C'est « la première fois que des volontaires de MSF sont délibérément pris pour cible »[5]. MSF-France quitte le Soudan en . MSF-Hollande, présent à Ler depuis 1989, reste dans la province du Sud-Soudan[6].
MSF-France est de retour au Soudan et au futur Soudan du Sud en 1994. MSF doit quitter les zones du SPLA en . MSF-France est ensuite victime, le à Bentiu, d’une attaque du SSUM (South Sudan United Movement) pro-Khartoum. Puis, à partir de 2003, MSF est surtout au Soudan dans la région du Darfour, avec 170 expatriés et 2 000 volontaires répartis sur 26 sites en 2004[6].
Depuis le premier anniversaire de l’attentat, une plaque est visible dans les locaux de MSF pour rendre hommage aux victimes, rappelant qu’« Ils sont morts pour avoir voulu apporter un peu de fraternité au milieu de la barbarie et de la peur »[7]. Le , lors d’un colloque ‘L’action humanitaire en situation d’occupation’, MSF rend hommage aux victimes de l’attentat d’Aweil, prenant l’attentat comme exemple pour illustrer le danger des missions dans les guerres [7].
Victimes et famille des victimes
Les victimes sont trois Français, Yvon Féliot, pilote d’Aviation sans frontières, Laurent Fernet, logisticien à Khartoum de Médecins sans frontières (MSF), Jean-Paul Bescond, médecin hospitalier aux urgences de l’hôpital d’Amboise, près de Tours, qui effectue pour MSF sa première mission[8] et un Soudanais, Frazer Ariyamba, technicien du Programme alimentaire mondial (PAM) [1].
Enquête judiciaire
Aweil est une garnison de l’armée soudanaise alors entourée par le SPLA (Armée populaire de libération du Soudan devenue Forces de défense du peuple sud-soudanais) et l’origine du tir est au centre de l’enquête judiciaire ultérieure. Deux hypothèses sont envisageables quant à l’origine du tir : soit un missile lancé par des forces de l’État soudanais dans Aweil autour de la piste de décollage, soit un missile lancé par le SPLA (Armée populaire de libération du Soudan devenue Forces de défense du peuple sud-soudanais) de John Garang. A Khartoum, Omar el-Bechir qui a mené un coup d’État militaire le , est alors chef de l'État, Premier ministre, chef des forces armées et ministre de la Défense au sein du Conseil du commandement révolutionnaire pour le salut national.
Une heure après l’attentat, le Commandement général des forces armées soudanaise accuse le SPLA d’avoir abattu l’avion avec un missile SAM-7[4]. Aucune revendication n’est publiée. Le gouvernement soudanais n’ouvre pas d’enquête approfondie[3]. Aucune saisine de la justice n’est effectuée en France après l’attentat.
Le , la famille de Jean-Paul Bescond, sa mère, son frère, ses quatre sœurs et sa fille, déposent une plainte auprès du Juge d’instruction de la Section Terrorisme et atteintes à la sûreté de l’État auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris[3]. Un juge d’instruction est nommé, en premier lieu Christophe Tessier, juge d'instruction antiterroriste entre 2009 et 2018, Vice-Président chargé de l’instruction à la galerie antiterroriste du Tribunal de grande Instance de Paris[9].
La plainte est aux mains de la Section Terrorisme et atteintes à la sûreté de l’État auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris depuis 2009. L’instruction n’est pas close au premier semestre 2025.