Attentats de Londres du 21 juillet 2005
From Wikipedia, the free encyclopedia
Deux semaines après les attentats de Londres du 7 juillet 2005, quatre tentatives d'attentats à la bombe ont eu lieu le 21 juillet 2005. Elles ont mis en arrêt le système de transport public de la ville. Des explosions ont eu lieu : à 12 h 26 dans le métro à Shepherd's Bush ; à 12 h 30 dans le métro à Oval ; à 12 h 45 dans le métro à Warren Street et à 13 h 30 dans un bus à Bethnal Green. Un cinquième engin explosif a été retrouvé à Little Wormwood Scrubs sans avoir été déclenché[1]par le terroriste.
12 h 26 – 13 h 30 (UTC+1)
| Attentats du 21 juillet 2005 à Londres | |
| Localisation | Londres, Royaume-Uni |
|---|---|
| Cible | Métro de Londres |
| Coordonnées | 51° 31′ 42″ nord, 0° 04′ 33″ ouest |
| Date | 12 h 26 – 13 h 30 (UTC+1) |
| Type | Attentat à la bombe |
| Morts | 0 |
| Blessés | 1 |
| Auteurs | Muktar Said Ibrahim Yassin Omar Ramzi Mohammed Hussain Osman Manfo Kwaku Asiedu Adel Yahya |
| Mouvance | Islamisme |
| modifier |
|
Sur les quatre explosions citées, seuls les détonateurs ont fonctionné, ne faisant aucune victime. Le trafic des trois lignes de métro, les Victoria, Northern et Hammersmith & City lines, a été interrompu. Ces évènements (3 métros touchés, 1 bus touché) ont fait penser à une réplique des attentats du 7 juillet 2005 à Londres.
Le lendemain , un électricien, Jean Charles de Menezes, suspecté à tort d'avoir provoqué les tentatives d'attentats de la veille a été abattu par la police.
Explosions
Le le groupe Brigades Abou Hafs al-Masri - Division d'Europe, affilié à la mouvance al Qaïda, a revendiqué les attentats de Londres, en affirmant qu'il s'agit d'un avertissement aux pays qui suivent la politique américaine en Irak. Le site internet choisi pour publier le message et le style font douter de son authenticité.
Autres incidents
21 juillet
22 juillet
Jean-Charles de Menezes
Le en milieu de matinée, l'électricien brésilien de 27 ans Jean Charles de Menezes a été tué de sept balles dans la tête à la station Stockwell (métro de Londres) par des hommes du SO19. Il s'agissait d'une erreur : des policiers de cette unité d'élite de Scotland Yard l'avaient pris en filature à sa sortie d'un immeuble, le suspectant d'être un des quatre kamikazes liés aux attentats de la veille[2]. Aucun policier n'a été jugé[3].
Enquête
Le chef de la police de Londres, Ian Blair, a déclaré que les bombes utilisées semblaient moins puissantes que celles utilisées lors des attentats du . Elles n'ont pas fonctionné car le dosage chimique s'est révélé inadéquat, mais l'intention des terroristes était bien de tuer.
Trois hommes ont été arrêtés dans le quartier de Stockwell, dans le sud de Londres. Le , deux hommes ont été arrêtés dans un train. Le , 4 hommes ont été interpellés à Birmingham, portant à 9 le nombre de personnes retenues par la police.
La police a retrouvé des explosifs dans un appartement ayant appartenu à deux des suspects, ainsi qu'une voiture appartenant à l'un des présumés responsables.
Suspects
Des photos issues des enregistrements vidéo des caméras de surveillance dévoilées dans les jours suivant les attentats manqués montrent quatre suspects, qui furent recherchés pendant 8 jours. Ils sont suspectés d'être les auteurs des attentats ratés.
- Isaac Hamdi dit Osman Hussain, d'origine éthiopienne, il avait tenté de faire exploser une bombe dans la station de métro Shepherd's Bush. Il a été arrêté à Rome le . Le frère d'Osman Hussain qui est propriétaire d'un café internet près de la gare centrale de Rome-Termini a également été interpellé dans la capitale italienne.
- Mokhtar Saïd Ibrahim ou Mokhtar Mohammed Saïd, 27 ans d'origine érythréenne, il avait tenté de faire exploser une bombe dans l'autobus numéro 26 dans l'est de Londres. Il avait été condamné en par le tribunal de Luton à une peine de cinq ans de prison, a révélé le quotidien populaire The Sun du mercredi . Il a obtenu son passeport britannique en , en dépit de son casier judiciaire. Il a été arrêté le à Londres.
- Ramzi Mohammed, d'origine somalienne, il avait tenté de faire exploser une bombe à la station Oval. Il a été arrêté le à Londres avec son frère Wahbi Mohammed, 23 ans, qui aurait déposé un sac d'explosifs dans un parc de Londres.
- Yacine Hassan Omar, 24 ans, il avait tenté de faire exploser une bombe dans la station de métro de Warren Street. Il a été arrêté le à Birmingham.
Pour arriver à leurs fins, les enquêteurs ont visionné plus de 15 000 cassettes enregistrées par les caméras de vidéosurveillance, en particulier dans les stations de métro, les dépositions de 1 800 témoins ou rescapés des attentats et les 5 000 appels de dénonciation reçus sur une « ligne rouge » antiterroriste spécialement ouverte pour les besoins de l'enquête.
Inculpations
- Hamdi Issac, alias Osman Hussain, est inculpé le à Rome « d'association ayant pour finalité le terrorisme international »
- Le Ismael Abdurahman, 23 ans, de Kennington, est inculpé à Londres. Il lui est reproché d'avoir détenu « entre le 23 et le 28 juillet des informations qui pouvaient aider à l'arrestation, la poursuite ou la condamnation d'une autre personne pour perpétration, préparation ou instigation d'un acte terroriste. »
- Le Yassin Hassan Omar a été inculpé pour « complot d'homicide et détention de substance explosive en relation avec les attentats manqués du 21 juillet dans les transports en commun londoniens. »
- Le Mokhtar Saïd Ibrahim, et Ramzi Mohammed. Trois autres hommes sous d'autres motifs: il s'agit de Manfo Kwaku Asiedu, Siraj Yassin Abdullah Ali et Wharbi Mohammed.
- Abdul Sharif, 28 ans est inculpé le 10 août.
- Le l'épouse d'Hamdi Issac, Yeshiemebet Girma, 29 ans, la sœur de celle-ci, Mulumebet Girma, 21 ans sont inculpées. Cinq autres personnes sont poursuivies, en relation avec Hamdi Issac, Ismael Abdurahman, 23 ans, Asias Girma, 20 ans, Shadi Abdel Gadir, 22 ans, Omar Nagmeloin Almagboul, 20 ans, et Mohamed Kabashi, 23 ans. Seul Asias Girma est concrètement accusé d'avoir aidé Hamdi Issac. Enfin Siraj Yassine Abdullah Ali, 30 ans, et Wharbi Mohammed, 22 ans sont accusés d'avoir dissimulé des informations sur Yacine Hassan Omar, Mokhtar Saïd Ibrahim, et Ramzi Mohammed. Manfo Kwaku Asiedu, 32 ans, a été inculpé pour complot en vue de commettre des meurtres. Il est soupçonné d'avoir abandonné la cinquième bombe retrouvée quelques jours plus tard à Little Wormwood Scrubs.
Procès
Le procès commence le à Woolwich. Six accusés sont jugés : Manfo Kwaku Asiedu, 33 ans, Ramzi Mohammed, 25 ans, Mokhtar Saïd Ibrahim, 28 ans, Yassin Hassan Omar, 26 ans, Adel Yahya, 24 ans et Osman Hussain, 28 ans, également connu sous le nom de Hamdi Issac. Ils plaident tous non coupable[4].
Après six mois de procédure, Muktar Said Ibrahim, Yassin Hassan Omar, Ramzi Mohammed, et Hussain Osman sont reconnus coupables par le tribunal, le , et sont condamnés à 40 ans de prison ferme pour leurs tentatives d'attentats dans les transports en commun londoniens.
Le jury n'arrive pas immédiatement à se prononcer sur le sort des deux derniers accusés, qui sont finalement condamnés plus tard. Adel Yahya, le seul à ne pas se trouver à Londres le 21 juillet, plaide coupable à une accusation moindre est condamné en novembre 2007 à six ans et neuf mois de prison[5]. Quelques jours après, Manfo Kwaku Asiedu est condamné à 33 ans de prison après avoir avoué avoir aidé à l’élaboration de l'attentat.[réf. nécessaire]
Réactions
Réactions des autorités britanniques
- Tony Blair a déclaré : « Nous ne pouvons pas minimiser des événements de ce genre parce qu'ils ont manifestement été graves en quatre lieux distincts, comme nous le savons » et « La combinaison de ce mal, de cette faillite idéologique fondée sur la perversion de l'islam par le terrorisme, c'est quelque chose qui s'est construit sur une certaine période. Il faudra un certain temps pour démanteler cela. Mais je ne doute pas du tout qu'à la fin les valeurs que nous représentons seront celles qui triompheront ».
Réactions internationales
Brésil : le gouvernement du Brésil s'est déclaré « solidaire de la lutte antiterroriste de Londres » tout en demandant des explications sur la mort de son ressortissant[6].
Pakistan : Le président pakistanais Pervez Musharraf a condamné sévèrement les attentats.
Réactions dans l'Union européenne
- La Commission européenne a exprimé sa solidarité avec le Royaume-Uni et a incité les États membres à appliquer de strictes mesures anti-terroristes.
Commémorations
Une commémoration s'est tenue à Londres le 7 juillet 2025 en mémoire des victimes de l'attentat[7].


