Au-delà du mal
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Cet article est une ébauche concernant le polar.
| Titre original |
By Reason of Insanity |
|---|---|
| Auteur | |
| Traduction |
Clment Baude |
| Genre |
Littérature policière (en) |
| Date de parution |
1979 |
Au-delà du mal (By Reason of Insanity) est un roman policier américain écrit par Shane Stevens en 1979. L'ouvrage n'a été publié en France qu'en 2009 chez Sonatine[1].
Le roman est constitué de trois parties, d’un prologue et d’un épilogue de moins d’une demi-page. L’histoire ne se focalise pas sur une seule personne, les récits s’entrecroisent consacrant quelques paragraphes à chacun d’entre eux.
Prologue : Un enfant regarde le corps d’une femme se faire consumer par les flammes.
Livre premier : Thomas Bishop.
Le , Caryl Chessman, un violeur condamné à mort pour plusieurs viols avec séquestration se fait exécuter. Après quelques paragraphes, l’histoire fait retour en arrière dans le temps, au , pour raconter le viol par un inconnu de Sara Bishops, 21 ans, alors qu’elle est de sortie avec son ami Harry qui a été enfermé dans le coffre de sa voiture par le violeur. A l’arrestation de Caryl Chessman le , elle croit reconnaître son violeur et se convainc que le garçon qu’elle porte est le fruit de ce viol. Thomas William Bishop naîtra le . Entretemps, Sara s’est mariée avec Harry Owens et lui fait croire qu’il est le père. Leur relation est houleuse et le mari bat sa femme. En , lors d’une dispute, pensant blesser Harry, elle lui affirme que Caryl Chessman est le père de Thomas, cela devant l’enfant. Une année plus tard, durant un braquage organisé par Carl Hansun, Harry se fait tuer par un complice, Don Solis. Carl Hansun parvient à s’enfuir mais le reste de la bande, Johnny Messik, Don Solis et son frère, se fait attraper par la police qui surveillait le fourgon blindé prit pour cible. Les voleurs purgeront quelques années de prison et à sa sortie Don Solis reçoit 10 000 dollars d’un mystérieux donateur. Il l’utilisera pour monter une petite cafétéria fructueuse avec son frère.
Pendant ce temps, le jeune Thomas grandit seul avec sa mère qui devient alcoolique et le bat régulièrement. Le , las de supporter ce traitement, il pousse sa mère dans le poêle à bois et la regarde se consumer, il avait 10 ans. Trois jours plus tard, il est découvert par un voisin devant le corps de sa mère, il est recueilli par la police et sera interné dans un hôpital psychiatrique pour enfants. Adulte, il sera transféré à Willows où un programme spécial est mis en place pour des cas compliqués, il y fait la connaissance de Vincent Mungo.
Entretemps, le rédacteur en chef du journal Newstime, Derek Lavery, décide de faire un article sur la peine de mort en portant l’attention sur le cas de Cary Chessman qui, selon lui et sur le moment, est une bonne démonstration d’une justice assassine qui exécute une personne qui n’a jamais tué. Il met ses meilleurs journalistes sur le coup, Adam Kenton et Dingbar. Cet article fait réagir le sénateur Jonathan Stonner qui a de grandes ambitions politiques et décide d’utiliser Chessman comme tremplin afin de rétablir la peine de mort mise en pause par les juges fédéraux.
Toujours interné, Thomas Bishop, qui suit l’actualité et lit la presse, se persuade lui aussi qu’il est le fils de Caryl Chessman. Il prépare un plan d’évasion qui a lieu le , après 15 ans d’internement. En manipulant Vincent Mungo, il parvient à le convaincre d’échanger leurs uniformes et le tuera juste avant de quitter Willows. Il mutile le visage du cadavre, lui coupe les mains et les pieds et dépose quelques objets personnels dans ses poches, ainsi la police pensera que c’est Vincent Mungo qui s’est évadé et non Thomas Bishop.
C’est cette piste que vont suivre le shérif James T. Oates et le lieutenant John Spanner, bien que ce dernier, en se fiant à son instinct et ses capacités analytiques, flaire quelques anomalies dans cette évasion. Malgré cela, faute de preuve, la police fait circuler dans tout l’Etat le signalement et le portrait de Vincent Mungo. Sans avoir conscience qu’ils ne recherchent pas la bonne personne, ils sont convaincus que Vincent Mungo, un interné qui n’est pas très malin, sera capturé rapidement.
Juste après sa fuite, Thomas Bishop s’introduit dans une maison où il vole des habits et des documents qui lui permettront plus tard de se créer une nouvelle identité provisoire, celle de Daniel Long. Quelques jours plus tard, conscient qu’il a besoin d’argent, il fréquente des femmes et il rencontre Velma Adans, propriétaire d’un petit cabinet de beauté, et noue une romance. Faisant preuve de beaucoup de charme, il arrive à la convaincre de retirer de l’argent à la banque avant de la tuer et simuler un accident de la route. La police ne fera jamais le lien avec son évasion.
Il se rend à Las Vegas où sa troisième victime, Mary Welles Little, dite Kit, marque le véritable début de sa carrière de serial killer. Le , il la tue et mutile son corps. D’autres meurtres horribles suivront : à Las Vegas il fait encore une victime, Margot Rule, en septembre, il tue à Phoenix, El Paso, San Antonio, Huston, Chicago et autres villes qui sont sur son chemin. Il se voit comme un immortel, pourchasseur de démons, incarnés pour lui par les femmes.
Cette route parsemée de meurtres obtient de larges échos dans la presse et le criminologue Amos Finch, auteur de plusieurs livres sur les serial killers, est intéressé par l’affaire. Il est convaincu, en analysant le profil psychologique de Vincent Mungo, qu’il ne peut pas être le tueur. Il soupçonne lui aussi une substitution au moment de l’évasion, mais tous les éléments de l’enquête vont à l’encontre de cette idée. Le rapport de police précise que le cadavre trouvé à Willows est circoncis, ce que confirme les informations obtenues sur Mungo, mais renseignement pris auprès de l’hôpital où est né Bishop, celui-ci aussi est circoncis. Les deux hommes sont atterrés, il pensait tenir la preuve que Bishop était encore en vie, ils abandonnent cette théorie.
Derek Lavery, voit ces meurtres comme une opportunité commerciale. Il change le point de vue de la rédaction et réclame la peine la plus sévère possible pour Vincent Mungo et rejette toute idée de le déclarer irresponsable de ses actes.
Don Solis est contacté par Carl Hansun qui se révèle être le donateur des 10 000 dollars reçus à sa sortie de prison, en échange il demande que Solis, qui a fréquenté Chessman en captivité, invente une confession sur les viols et qu’il entre en contact avec le sénateur Stoner qui pourra l’utiliser pour booster sa campagne à l’échelle nationale.
Cette première partie se termine par un meurtre dans le train qui amène Thomas Bishop à New York après avoir traversé le pays d’Ouest en Est sans être importuné.
Livre deuxième : Adam Kenton
Le rédacteur en chef du Newstime à New York entend profiter de l’affaire Mungo pour booster les ventes de son journal. Il a l’idée de monter une équipe spéciale, inconnue du reste de la rédaction, mis à part son supérieur et quelques personnes dignes de confiance, pour rechercher et trouver Mungo avant la police et bénéficier de cette publicité. Le projet s’appellera le Dossier Vampire. Sur le conseil de John Peronne et de Fred Grimes, il fait venir de Californie Adam Kenton pour le mettre aux commandes de cette investigation. Ce dernier, malgré tous les espoirs que l’on place en lui, pense qu’il s’agit d’une mission impossible à mener à bout mais réalise qu’il n’a pas le choix. En lisant un rapport de l’institut Rockefeller sur le profil psychologique de Mungo et à l’instar du Lieutenant Spanner et d’Amos Finch, il est convaincu que celui-ci ne peut être le meurtrier recherché. Grâce à son expérience, il demande à des détectives d’enquêter sur les demandes récentes de points courrier, de papiers officiels et d’autres passages obligés pour une personne décidant de s’installer à New York.
A la demande de Kenton, Fred Grimes contacte la police de New York qui a constitué une cellule spéciale Vincent Mungo, pour leur proposer une collaboration avec le journal en échange de la somme de 10 000 dollars. L’inspecteur Dimitri ne voit pas ce geste d’un bon œil et doute de sa légalité. Il en réfère à ses supérieurs qui, pensant aux articles sur Chessman et connaissant la réputation du Newstime pour s’attaquer régulièrement à la présidence Nixon, se demandent s’ils ne chercheraient pas un éventuel lien entre Chessman et Nixon, vice-président au moment de son exécution, et qui pourrait lui nuire, tout en faisant immixtion dans une enquête de police et désirant manipuler l’information.
Pendant que le sénateur Stoner continue sa campagne boostée par la confession qu’il a reçu de Solis, le frère de Don se fait tuer alors que c’était son aîné qui était ciblé. Il s’imagine que c’est peut-être une manœuvre de Carl Hansun et décide d’écrire une lettre qui raconte tout depuis le braquage jusqu’à la demande de Carl ainsi que le faux nom sous lequel celui-ci vit aujourd’hui. Il remet secrètement ce pli à son ami Johnny Messik en lui expliquant toute l’histoire et menace Hansun de tout dévoiler s’il lui arrivait malheur.
Désireux de se doter d’une identité définitive, Thomas Bishop se rend dans le New Jersey pour y louer une chambre au YMCA. Il cherche dans les archives des annonces mortuaires locales une personne décédée qui aurait eu à peu près son âge et porte son attention sur le nom de Thomas Wayne Brewster. En trompant l’administration, il fait une demande d’acte de naissance et de permis de conduire provisoire et espère obtenir un passeport. En même temps, il monte un studio photo à SoHo, en louant un vieux grenier sur Greene Street. Pour y attirer ses futures victimes, il passe des petites annonces dans lesquelles il dit rechercher des modèles pour des photos à publier dans des magazines relatant des affaires criminelles.
L’enquête de la police sur Vincent Mungo piétine, Kenton, cette fois certain d’avoir affaire à un autre tueur, contacte le Lieutenant Spanner, Amos Finch et l’hôpital de Willows. Il se fait envoyer un portrait de Thomas Bishop qu’il a fait dessiner grâce à un médecin de l’hôpital.
Entre le et le , Thomas Bishop reçoit plusieurs appels de femmes désirant poser pour lui, sur une messagerie téléphonique qu’il a loué. Il leur propose un rendez-vous dans un endroit neutre, les ramène chez lui et les mutile après la séance photo. Il cache les corps à l’étage. Un certain nombre d’entre elles sont signalées disparues par des proches.
Carl Hansun se sent trahi par Don Solis et, par déduction, arrive à la conclusion que l’enveloppe qui l’inculpe a été remise à Johnny Messik. Il engage des hommes qui récupèreront l’enveloppe et se débarrasseront définitivement de ses deux anciens complices.
Kenton investigue sur chaque personne ayant loué les services d’un point courrier à Manhattan depuis le début du mois de novembre. Parmi elle, un certain Jay Cooper de Chicago, affirme n’avoir jamais souscrit à ce service. De fil en aiguille, il découvre que Jay Cooper a également loué un grenier à SoHo. Il sait par instinct que c’est une identité empruntée par Thomas Bishop et en informe la police. De son côté, la cellule spéciale de la police reçoit une information d’un centre de messagerie téléphonique. La standardiste a reconnu que certaines des femmes disparues dont les noms ont été publiés dans les journaux, ont eu recours à ce service pour répondre à l’annonce d’un certain Jay Cooper.
Dans une série policière que Thomas Bishop regarde, un tueur se fait attraper à cause d’un service de messagerie téléphonique. Conscient d’avoir commis une grosse erreur, il se débarrasse de tout ce qui le lie à New York, ne gardant que l’identité de Thomas Wayne Brewster, et s’envole pour Miami.
La police découvre sept cadavres dans l’immeuble de SoHo. Une grande chasse à l’homme est lancée cette fois contre Thomas Bishop grâce aux découvertes d’Adam Kenton. Un portrait, avec et sans barbe, est envoyé aux journaux, hôtels, gares, etc.
Comme l’équipe du Newstime s’interroge sur la capacité de Thomas Bishop à trouver de nouvelles identités, il vient en tête à Kenton que, pour une identité définitive, Bishop a besoin d’emprunter le nom d’un mort, ce qui ne risque pas de le confondre en cas d’enquête. De fil en aiguille, il découvre qu’une demande d’acte de naissance a été demandée pour Thomas Wayne Brewster, décédé à l’âge de 3 ans. Sur cette base, il découvre que Bishop a loué une chambre dans un YMCA du New Jersey et a ouvert un compte en banque et le prive de son argent.
Thomas Bishop reste deux semaines dans le New Jersey, où il tue le jour de son départ en car pour revenir à New York, après s’être teint les cheveux et taillé la barbe en bouc. À l’arrivée, malgré son déguisement, le chauffeur du car pense le reconnaître et en informe la police.
Sachant Thomas Bishop de retour à New York, Adam Kenton décide de le piéger. Il accorde une interview dans laquelle il affirme que Bishop ne peut pas être le fils de Chessman, ce dernier étant impuissant. Il espère ainsi que le tueur, fou de rage, prendra contact avec lui, ce qu’il ne manque pas de faire par téléphone, annonçant au reporter un grand coup.
Alors que le Newstime se prépare à sortir un article sur les malversations du sénateur Stonner, celui-ci ne s’inquiète pas outre mesure car il sait qu’il obtiendra le soutien des cadors de son parti et que l’opinion publique oublie vite.
Dans la nuit du trois au quatre décembre, Bishop s’introduit dans l’hôtel Ashley, exclusivement réservé aux femmes. Pour ne pas se faire remarquer, lui-même est déguisé en femme. Méthodiquement, porte après porte, sous prétexte qu’il vient délivrer un télégramme, il s’introduit dans les chambres et tue les occupantes. Soupçonneux grâce à la surveillance vidéo, le gardien Henry Field se rend dans une des chambres où il se fait assassiner. Le quatre décembre après sa pause déjeuner, Bill Torolla, le deuxième gardien, sans nouvelle de son collègue monte dans une des chambres où il pense le trouver. Après ce qu’il vient de trouver, il appelle la police qui envahit les lieux. Trop tard, Bishop qui vient de faire sa 18e victime dans l’hôtel, ayant entendu les sirènes, se mêle au restant des femmes qui sont évacuées de l’immeuble.
Adam Kenton pense qu’il reste sur une défaite, mais il lui vient à l’esprit que dans sa psychose, Bishop, lui, ne le pourra pas. Il demande à la police de quitter l’hôtel, certain qu’il va revenir par orgueil terminer son travail, dès qu’il sentira le danger passé. L’inspecteur Dimitri et lui-même se postent chacun dans une des chambres adjacentes à la dernière victime du 11e étage. C’est celle dans laquelle se trouve Kenton que le fou choisit d’entrer et, attendu par le journaliste, il est fouetté par le même fouet que sa mère utilisait pour le frapper, récupéré dans la vieille maison des Owens. Dans la bagarre, assailli par les souvenirs de sa mère, Bishop se précipite vers la fenêtre. Kenton cherche d’abord à le retenir, puis le laisse tomber, mettant ainsi fin à cette aventure sanglante.
L’autopsie du cadavre révèle que celui-ci n’est pas circoncis. Le jour de sa naissance, 20 garçons étaient venus au monde, étiquettes, selon la pratique de l’époque, avec leur nom. Mais que s’est-il vraiment passé ce jour-là ?
Epilogue : On apprend que le , jour du viol de Sara Bishop, Chessman était en prison. Il sera libéré sur parole le et arrêté définitivement le . Thomas Bishop, ou qui qu’il soit vraiment, ne pouvait être le fils de Caryl Chessman.
Références
- ↑ Luc Bronner, « "Au-delà du mal", de Shane Stevens : l'humanité captivante d'un "serial killer », sur www.lemonde.fr, (consulté le )