Au pied du Mont Kenya
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| Au pied du Mont Kenya | |
| Auteur | Jomo Kenyatta |
|---|---|
| Pays | Kenya |
| Préface | Georges Balandier |
| Genre | Étude anthropologique |
| Sujet | Kikuyus |
| Version originale | |
| Langue | Anglais |
| Titre | Facing Mount Kenya |
| Éditeur | Secker and Warburg |
| Lieu de parution | Kenya |
| Date de parution | 1938 |
| Nombre de pages | 340 |
| Version française | |
| Éditeur | Éditions Maspero |
| Collection | Les textes à l'appui |
| Date de parution | 1960 |
| Nombre de pages | 272 |
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Au pied du Mont Kenya, traduit de l'anglais Facing Mount Kenya (1938), est une étude anthropologique et ethnographique du leader kenyan Jomo Kenyatta sur son peuple d'origine, les Kikuyus, parue en France aux éditions Maspero en 1960. Il est considéré comme l'un des classiques du panafricanisme, et, bien que quasiment ignoré au moment de sa parution en anglais, il porte en germe les explications de la révolte des Mau-Mau à venir.
Le titre provient de la place centrale du Mont Kenya dans la mythologie et la mystique Kikuyu[1].
Contenu
Le livre décrit le système économique, la vie religieuse, les relations familiales et tribales des Kikuyus[2]. Il commence par la description du triple système familial, clanique et par groupe d'âge, et par la mytholgie de la tribu, avec le clan des Moombi, la tribu matriarcale d'origine, dont les neuf sœurs, alliées chacune à un Kikuyu, ont dominé pendant plusieurs générations la société, avant que les hommes, soumis à la polyandrie de leurs épouses, à leur jalousie et leurs traitements iniques, ne se révoltent[1],[3]. Le système foncier, central, y est aussi décrit avec précision[1]. Pour Philippe Decraene, écrivant aussi bien pour Le Monde que pour Le Monde diplomatique, le livre, au-delà de ses apports purement scientifiques en matière d'ethnologie, est aussi un pamphlet anti-colonialiste. Il en attribue l'importance au fait que malgré sa très bonne connaissance des rouages de la société kikuyu, le livre ait été ignoré à sa parution en 1938, et que « pour avoir ignoré l'ethnologie des peuples placés sous leur dépendance, les colonisateurs européens n'ont pas su prévoir une évolution politique qui s'est finalement faite contre eux »[4].
L'ouvrage trace, en plus de son aspect monographique, un panorama de différents groupes africains— Arathi, mais aussi Kitawala et Kibangu, au Congo ex-belge, matswanistes au Congo ex-français, harristes au Libéria et en Côte-d’Ivoire — ayant partagé la même réaction de rejet face à la « dé-civilisation » portée par la colonisation, point commun qui justifie probablement de son statut de classique au sein du panafricanisme. Toujours Ph. Decraene, le nationalisme y est en germe, comme le montre la phrase « …il m’est impossible de traiter objectivement ce sujet sans froisser les amis professionnels des Africains… Un Africain qui parle des Africains porte atteinte à leurs prérogatives. C’est un lapin devenu chasseur. », qui opère un renversement des valeurs alors en vigueur.