Audrey Lasserre
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Audrey Lasserre est une historienne belge des rapports entre littérature, genre et féminisme aux XXe et XXIe siècles (ou xxe et xxie siècles).
Elle est allocataire de recherche et attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’université Sorbonne-Nouvelle. Elle dirige ensuite l’Institut Supérieur de Formation au Journalisme avant d’enseigner dans plusieurs programmes d’universités américaines à Paris[1]
En 2008, Audrey Lasserre publie avec Anne Simon Nomadismes des romancières: contemporaines de langue française dans laquelle elle déconstruit l'idée selon laquelle les écrivaines contemporaines s’intéressent principalement au corps, à la famille, à la sphère domestique et à d’autres espaces traditionnellement genrés[2],[3]. Le livre rassemble des contributions universitaires ainsi que des textes de romancières, et propose une analyse des migrations symboliques, identitaires et géographiques dans les œuvres d’autrices aussi variées que Régine Robin, Annie Ernaux, Assia Djebar ou Marie NDiaye[2],[3].
En 2015, elle reçoit le prix de Thèse de l'Institut du Genre pour sa thèse intitulée Histoire d’une littérature en mouvement : textes, écrivaines et collectifs éditoriaux du Mouvement de libération des femmes en France (1970-1981)[4].
En 2020, elle publie avec Jean-Louis Jeannelle l'ouvrage collectif Se réorienter dans la pensée : Femmes, philosophie et féminisme, autour de Michèle Le Dœuff. Cet ouvrage, qui rassemble vingt-deux contributions de chercheurs issus de diverses disciplines (philosophie, littérature, sociologie, sciences de l'éducation), constitue la première étude d'envergure en langue française consacrée à l'œuvre de Michèle Le Dœuff. L'ouvrage explore le concept de « réorientation » et analyse l'influence de la philosophe sur la recherche féministe contemporaine, tout en abordant ses travaux sur l'imaginaire, la « nomophatique » et ses lectures critiques de la tradition philosophique et littéraire. Il contient également des textes inédits de Michèle Le Dœuff, dont un dialogue avec la philosophe Pamela Sue Anderson et une réflexion sur l'autobiographie d'Agatha Christie[5],[6],[7].
En 2020, elle codirige avec Christine Bard et Bénédicte Grailles l'ouvrage Les Féministes et leurs archives (1968-2018). Ce recueil interdisciplinaire, qui rassemble une vingtaine de contributions de chercheurs, d'archivistes et de militantes, explore les enjeux de la constitution, de la conservation et de la valorisation du « matrimoine » féministe depuis la deuxième vague féministe. L'ouvrage est structuré en trois parties analysant les stratégies de sauvegarde des traces (collectes individuelles ou associatives), le rôle des centres spécialisés comme le Centre des archives du féminisme ou le Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir, et la place des sources féministes au sein des institutions généralistes telles que l'INA ou les services d'archives publics. À travers des études de cas portant sur la France mais aussi sur l'étranger (Brésil, Russie, Hongrie, Israël), le volume documente les obstacles matériels et institutionnels à la transmission de cette mémoire tout en soulignant la dimension politique de l'acte d'archivage pour les mouvements sociaux[8],[9].
Références
- ↑ Alessandra Grossi, « Entretien avec Audrey Lasserre et Anne Simon », Altre Modernità, , p. 297–306 Pages (DOI 10.13130/2035-7680/303, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) Sophie Smith, « Nomadismes des romancières: contemporaines de langue française ed. by Audrey Lasserre, Anne Simon (review) », Modern Language Review, vol. 104, no 3, , p. 881–882 (ISSN 2222-4319, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (it) Ilaria Vitali, « Nomadismes des romancières contemporaines de langue française, a cura di Audrey Lasserre et Anne Simon », Studi Francesi, vol. 160 (LIV | I), , p. 193–194 (ISSN 0039-2944 et 2421-5856, DOI 10.4000/studifrancesi.7383, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Fanny Herpin, « Portrait d'Audrey Lasserre, 2e Prix de Thse 2015 de l'Institut du Genre », sur sorbonne-nouvelle.fr, (consulté le )
- ↑ Carole Hosteing, « Jean-Louis Jeannelle et Audrey Lasserre (éd.), Se réorienter dans la pensée. Femmes, philosophie et arts, autour de Michèle Le Dœuff , Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Archives du féminisme », 2020, 276 p., 25 euro.: », Revue philosophique de la France et de l'étranger, vol. Tome 146, no 4, , p. 559–560 (ISSN 0035-3833, DOI 10.3917/rphi.214.0559, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Aurélie Knüfer, « Jean-Louis Jeannelle et Audrey Lasserre (dir.) : Se réorienter dans la pensée: », Nouvelles Questions Féministes, vol. Vol. 40, no 2, , p. 181–184 (ISSN 0248-4951, DOI 10.3917/nqf.402.0181, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Lila Droussent, « Se réorienter dans la pensée. Femmes, philosophie et arts, autour de Michèle Le Dœuff, by Jean-Louis Jeannelle et Audrey Lasserre (dir.) », Simone de Beauvoir Studies, vol. 34, no 1, , p. 157–161 (ISSN 1063-2042 et 2589-7616, DOI 10.1163/25897616-bja10081, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Stéphanie Chapuis-Després, « Christine Bard, Pauline Boivineau, Marion Charpenel, Bénédicte Grailles, Audrey Lasserre (dir.), Les Féministes et leurs archives: Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2023, 265 p. », Genre & histoire, vol. 34, (ISSN 2102-5886, DOI 10.4000/12ykj, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Michelle Zancarini-Fournel, « Christine Bard, Pauline Boivineau, Marion Charpenel, Bénédicte Grailles & Audrey Lasserre (dir.), Les Féministes et leurs archives:Rennes, Presses universitaires de Rennes, collection Archives du féminisme, 2023, 265 p. », Clio. Femmes, Genre, Histoire, vol. 58, no 2, , p. 213–216 (ISSN 1252-7017, lire en ligne, consulté le )