Audrey Leduc
sprinteuse canadienne
From Wikipedia, the free encyclopedia
Audrey Leduc, née le à Gatineau, est une athlète canadienne spécialiste du sprint.
| Audrey Leduc | ||
| Informations | ||
|---|---|---|
| Disciplines | 100 m, 200 m | |
| Nationalité | ||
| Naissance | Gatineau |
|
| Club | Équipe Adidas | |
| Entraîneur | Fabrice Akué | |
| Palmarès | ||
|
|
||
| modifier |
||
Biographie
Jeunesse et débuts
Enfant, Audrey Leduc grandit à Gatineau où elle pratique deux sports : le soccer, qu’elle poursuit jusqu’au niveau amateur AAA[1], et le trampoline. Ce dernier ne dure que quelques années, le centre local fermant ses portes alors qu’elle a dix ans, ce qui l’amène à s’intéresser à la course à pied[2]. À l’âge de neuf ans, un chien aurait tenté de s’approcher d’elle, ce qui l’effraya et la poussa à courir très vite. Sa mère, impressionnée, pense alors à l’inscrire à des cours d’athlétisme[3].
Adolescente, elle rejoint le Club d'athlétisme de Gatineau et pratique plusieurs disciplines, dont le sprint, le cross-country, le saut en hauteur et le saut en longueur. À 17 ans, elle signe plusieurs performances notables au niveau amateur. En 2016, lors d’une compétition provinciale à Québec, elle court le 100 m en 11 s 80. À cette époque, le sprint demeure pour elle un sport complémentaire au soccer, qu’elle privilégie au cégep. Elle réalise 11 s 90 sur 100 m en 2017 et 2018, puis 11 s 48 à l’été 2019, peu avant son admission à l'Université Laval[2].
À l’été 2018, elle remporte le titre canadien U20 du 100 m et bat dès le lendemain son record personnel au saut en longueur avec 5,86 m, terminant troisième de cette épreuve[4]. Puis, à l'été 2019, elle décroche la médaille d'argent du relais 4 × 100 mètres aux Championnats d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes d'athlétisme espoirs 2019 à Querétaro[5].
Chez le Rouge et Or de l'Université Laval
En , Audrey Leduc entreprend des études en psychologie à l'Université Laval et s'inscrit au programme du Rouge et Or. Ses débuts sont marqués par une période d’adaptation : la structure d’entraînement diffère de ce qu’elle avait connu auparavant, et elle multiplie les questions aux entraîneurs. Peu à peu, elle s’intègre à l’équipe d’athlétisme, adopte une alimentation plus équilibrée et se fixe une routine d’entraînement plus intense[6]. Malgré ces débuts hésitants, elle remporte dès sa première année toutes les compétitions universitaires locales et est élue « recrue de l'année » U Sports[7]. Lors de ses premiers championnats canadiens universitaires U Sports, en , elle décroche la médaille de bronze au 60 m, l'argent au relais 4 x 200 m et le bronze au saut en longueur[8],[9].
Aux championnats U Sports de 2022, elle répète sa performance avec une médaille de bronze au 60 m, en plus de remporter l’or au relais 4 × 200 m. Elle termine cinquième au saut en longueur. En de la même année, lors de la Classique de Montréal au Complexe sportif Claude-Robillard, Leduc crée la surprise en remportant l’or au 100 m en 11 s 36, devant la championne universitaire Jacqueline Madogo et l’Olympienne Crystal Emmanuel[10],[11]. La même année, elle représente le Québec aux Jeux du Canada, où elle remporte trois médailles d’or : au 100 m, au 200 m et au relais 4 × 100 m[12]. L’année suivante, aux mêmes Jeux, elle remporte l’or au saut en longueur avec un record personnel de 6,11 m[13]. Elle ajoute une médaille de bronze au relais 4 × 200 m et prend la cinquième place au 60 m. En , elle termine quatrième du 100 m aux Championnats canadiens d’athlétisme[14],[15].
À l’automne 2023, Leduc complète son baccalauréat en psychologie et entreprend une maîtrise en administration des affaires la session suivante. Toujours au sein du Rouge et Or, elle poursuit sa progression[16]. En , elle bat le record du RSEQ établi en 2009 sur 60 m, avec un temps de 7 s 29[17]. Elle franchit ensuite le record québécois du 100 m, avant d’abaisser trois semaines plus tard le record canadien établi en 1987[18],[19]. En , lors de la Classique Edwin Moses à Atlanta, elle établit un nouveau record canadien au 200 m en 22 s 36, atteignant ainsi le standard olympique[20]. À la fin de la saison universitaire 2023-2024, Audrey Leduc est nommée « Athlète universitaire de l’année au Canada », conjointement avec Jonathan Sénécal des Carabins de l'Université de Montréal[21]. Elle devient ainsi la troisième athlète féminine du Rouge et Or à obtenir cette distinction[22],[23].
Vers les Jeux olympiques de Paris
Au début de l'année 2024, son objectif est de participer aux Jeux olympiques d'été de 2024. Elle met temporairement ses études en veilleuse[24] et s’installe à Montréal pour s’entraîner au Centre de haute performance d’athlétisme du Canada, sous la direction de l’entraîneur-chef Fabrice Akué[25]. En , elle bat le record canadien du 100 mètres, détenu depuis 1987 par Angela Bailey, en réalisant 10 s 96 à Baton Rouge[26]. En , elle établit un nouveau record national au 200 mètres avec un temps de 22 s 36 à Atlanta[27],[28],[29],[30]. En , elle réussit un doublé au 100/200 m aux Championnats du Canada d'athlétisme, tenus à Montréal devant plus de 22 500 spectateurs[31],[32],[33]. Sa qualification pour les Jeux olympiques de Paris est confirmée deux jours plus tard, pour les épreuves du 100 m, du 200 m et du relais 4 × 100 m[34],[35].

Aux Jeux olympiques de Paris 2024, lors des séries pour le 100 m, elle porte son record à 10 s 95, et termine première de sa course[36],[37]. Au classement cumulé des huit vagues, elle se classe sixième et se qualifie pour les demi-finales[38],[36],[39] devenant ainsi la première Canadienne à atteindre ce stade depuis 1984[38]. Le , aux demi-finales du 100 m, elle termine cinquième en 11 s 10, manquant la finale par trois centièmes de seconde[40],[41],[42]. Le lors des essais du 200 m, elle se qualifie avec un temps de 22 s 88, terminant troisième de sa vague[43]. Fatiguée par l’enchaînement des courses, elle se classe 19e sur 45 participantes aux demi-finales et est éliminée[44],[45],[46]. Le , elle participe au relais féminin 4 × 100 m. L’équipe canadienne se qualifie pour la finale grâce à une remontée où Leduc dépasse trois concurrentes[47]. En demi-finales, elles établissent un nouveau record canadien avec un temps de 42 s 50[48],[49]. Le lendemain, en finale, le quatuor réalise 42 s 69 et se classe sixième après la disqualification de l’équipe suisse[50]. Les Canadiennes manquent le podium par 0,73 seconde[51].
En progression vers les professionnelles du sprint
Après les Jeux olympiques, Audrey Leduc épuisée mentalement, part en vacances à Barcelone. Après ses vacances, elle veut retourner à l’entraînement mais une douleur au pied droit l’oblige à être prudente. Ainsi, par précaution, elle consulte et porte une botte orthopédique ce qui la ralentie dans ses courses à l’entraînement. Elle se consacre alors au vélo et à la musculation. À l’automne 2024, Leduc refuse une invitation pour participer en Pologne à la Ligue de Diamant[52].
À l’hiver 2024-2025, elle participe au Championnats du monde en salle tenu en Chine et obtient une 11e place aux 60 mètres[53].
Depuis , Adidas lui offre un contrat professionnel[54], ce qui lui permet de s’entraîner à temps plein en vue de compétitions importantes dont l’Adidas Atlanta city games[55]. En mars, elle se qualifie pour les championnats du monde en salle tenus à Glasgow. Elle bat son record personnel pour le 100 m et obtient une place en demi-finale[56]. Après une contre-performance à Atlanta, Leduc se classe 4e lors des finales des Paavo Nurmi Games tenues en Finlande. Son temps étant de 11 s 16, elle se déclare insatisfaite de sa course[57]. Quelques jours plus tard, le , elle termine 7e du 200 mètres au meeting de Paris de la Ligue de diamant. Leduc franchit la ligne d'arrivée avec un temps de 22 s 90[58]. L'épreuve est remportée par l'Américaine Anavia Battle avec un temps de 22 s 27[59].
Son record canadien du 100 m est égalisé le par Sade McCreath[60] à la finale de la Classique Bob Vigars tenue à London en Ontario[61]. De retour au Canada, Audrey Leduc reprend son record du 100 m en établissant une nouvelle marque de 10.94 secondes à Edmonton le [62],[63].
Parallèlement au cours de l´été 2025, se tiennent les compétitions internationales pour le relais 4x100 mètres. Et Audrey Leduc reste partie prenante de l´équipe nationale canadienne du relais avec comme coéquipières de Sade McCreath, Jacqueline Madogo et Marie-Eloïse Leclair[64]. Le , l´équipe féminine canadienne se qualifie pour la finale du world Athletics Relays de Guangdong à Guan Zhong en Chine. Lors de la finale, l'équipe termine 5ième avec un temps de 42,46 secondes. Ce temps est un nouveau record canadien pour les femmes au relais 4 × 100 m et permet à l'équipe d'accéder aux championnats du monde d'athlétisme 2025[65],[66]. L´évènement revêt une importance pour tous les athlètes de haut-niveau et un mois plus tôt se déroule en guise de répétition, le Championnat de l´Association d´athlétisme de l´Amérique du Nord, de l'Amérique centrale et des Caraïbes (la NACAC) aux Bahamas. Le , Athlétisme Canada sélectionne une délégation qui se compose d´une trentaine d´athlètes dont 17 olympiens et olympiennes[67]. Audrey Leduc fait partie du groupe[68].
Au championnat canadien d´athlétisme, tenu à Ottawa du au , Leduc remporte l'épreuve du 100 m avec un temps de 11,06 secondes et conserve son titre[69],[70]. Elle termine en tête des 8 coureuses du championnat féminin[71],[72]. Le dimanche à la fin du Championnat canadien, Leduc remporte le 200 mètres devant ses concourantes du Royal City Club Zoe Asherar (22,78 secondes) et Jacqueline Madogo (22,81)[73].Le temps de Leduc est de 22,55 secondes[74]. En demi-finales, Leduc est la seule à terminer sous les 23 secondes[73]. Audrey Leduc est encore une fois la femme canadienne la plus rapide au 100 m et 200 m[75],[76].
Sa place aux 100 mètres aux Championnats du monde de Tokyo est maintenant assurée mais elle devra encore courir plus vite pour obtenir son billet pour le 200 mètres à Tokyo: Les performances aux 200 m au Championnat canadien d’Ottawa n’ayant pas été validées à cause des vents forts. Le tout se joue donc lors du Championnat continental de l’Association d'athlétisme d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes[77].
« Mes objectifs pour la compétition seront d'abord de bien exécuter chacune de mes courses dans le but de bien me préparer pour les championnats du monde. »[78].
Méthode de travail lors des entraînements
Audrey Leduc attribue ses succès en compétition au respect d'une discipline de routine. Fabrice Akué, son entraîneur, fait travailler Leduc selon une méthode simple: les lundi, mercredi et vendredi elle fait des sprints suivis de la musculation avec des poids. Les mardi et jeudi sont consacrés à la récupération active. Tous les mercredi, elle teste des sprints avec chrono sur de courtes distances[79].
Dans ses entraînements, Audrey Leduc aime bien travailler sur la flexibilité musculaire de ses jambes. Son entraîneur Fabrice Akué y note une grande amélioration de la fonction d’élasticité chez elle[80]. Ceci coïncide avec une amélioration de sa propulsion. Comme Akué l’explique « …la capacité d’une athlète à rebondir avec ses pieds et ses jambes, à mettre de l’énergie dans le sol afin de mieux se propulser vers l’avant »[81]. À ce chapitre, il a fallu travailler sa musculation: Audrey a un physique élancé et n’est pas la sprinteuse la plus musclée[82].
« Avec la musculation, Audrey est devenue plus forte physiquement mais a surtout appris à relâcher. Elle bénéficie alors d’un retour d’énergie emmagasinée dans les tissus des tendons des muscles. Elle laisse ainsi les composantes tendons et muscles faire le travail ». Fabrice Akué, [83].
« Audrey, sa force c´est entre 40 et 80 mètres, ce qu'on appelle la vitesse max. Il y a encore des choses à travailler avec son départ mais elle sait se positionner pour atteindre au bon moment sa vitesse max… ». Fabrice Amué, son entraineur[84].
Contrats publicitaires
De son propre aveux, Audrey Leduc ne croyait pas de vivre un jour de son sport: "...Au fil du temps, mes espoirs réduisaient de décrocher un jour un contrat professionnel" confie t-elle en [85].
Puis arrive son record du 100 m en . Et avec, les premiers appels téléphoniques d´équipementiers sportifs et commandites surtout locales[86]. Un mois plus tard, Leduc bat le record du 200 m[87], les appels téléphoniques augmentent et se multiplient[88]. Si bien qu´Audrey Leduc se voit contrainte d´engager un représentant, Nicolas Métayer, pour filtrer les appels et gérer les offres[89]. Avant les Jeux olympiques de Paris, cinq entreprises canadiennes dont une marque de soutien-gorge s´associent à Leduc et à ses performances sportives[90].
Les offres de commandites atteignent leur pic pendant et après les Jeux Olympiques de Paris surtout venant de grandes marques internationales de vêtements sportifs. Son nouvel agent, Nicolas Metayer négocie alors avec de grands noms d´entreprises. Les négociations durent plusieurs semaines[91]. Un contrat professionnel avec l´une des grandes marques sportives peut s´avérer suffisamment lucratif pour se poursuivre durant toute la carrière d´un athlète: pensons à Usain Bolt avec Puma[92]. Puis en , la nouvelle fait toutes les manchettes du pays; Adidas offre à Audrey Leduc un lucratif contrat dont les clauses sont confidentielles[93],[94]. Adidas ajoute Audrey Leduc à sa liste prestigieuse d’athlètes sponsorisés tel que Lionel Messi, Patrick Mahomes, Damian Lillard, David Beckham[95]. Mais une commandite si lucrative soit-elle, peut s´avérer vulnérable à de faux pas, suffit de propos controversés, d´une prise de position politique impopulaire, d´une disqualification pour mauvaise conduite sportive, de soupçons de dopage: comme Ben Johnson, Lance Armstrong[96]ou bien plus récemment la contre-performance sportive de Fred Kerley abandonné par la suite par son sponsor ASICS[97].
Pendant que son carnet de commandites se remplit la priorité d’Audrey Leduc est et reste de courir le plus vite possible en enchaînant les records. Son entraîneur Fabrice Akué, son agent conseiller Nicolas Métayer et Paul Doyle le représentant d’Adidas, le savent très bien[98],[99]. Le sport-Business a rejoint Audrey Leduc. Elle accepte sa nouvelle situation… « Je vais juste m’y adapter »[100].
Palmarès
| Date | Compétition | Lieu | Résultat | Épreuve | Temps |
|---|---|---|---|---|---|
| 2025 | Relais mondiaux | Guangzhou | 5e | 4 × 100 m | 42 s 46 (NR) |
| 2024 | Jeux olympiques | Paris | 6e | 4 × 100 m | 42 s 69 |
Records
| Épreuve | Performance | Lieu | Date |
|---|---|---|---|
| 100 mètres | 10 s 94 (NR) | Edmonton | 13 juillet 2025 |
| 200 mètres | 22 s 36 (NR) | Atlanta |