Auguste-François Lièvre
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 70 ans) |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité |
Auguste-François Lièvre, né le à Bazoges-en-Pareds, mort le à Paris, est un pasteur, bibliothécaire-archiviste de la ville de Poitiers. Historien du protestantisme poitevin et correspondant du Ministère de l’Instruction publique, il a été président de la Société archéologique et historique de la Charente en 1879-1881, puis en 1885-1886.
Après de brillantes et solides études, Lièvre était entré à la Faculté de théologie de Montauban où il se fit déjà remarquer par sa passion naissante et qui ne fit que grandir, pour l’histoire du protestantisme français. Intitulée Du rôle que le clergé catholique de France a joué dans la révocation de l’édit de Nantes, sa thèse finale, qui dénotait un esprit hardi et franc, fit quelque bruit. Ému des audaces du jeune candidat, puisées aux meilleures et aux plus solides sources, le conseil de Faculté, à cette époque (1853), refusa le visa nécessaire à l’impression. Lièvre, qui ne voulait rien retrancher de ce qu’il avait écrit, emporta son manuscrit à Strasbourg où l’on n’avait pas les mêmes scrupules et les mêmes craintes, et où on l’accepta. Ses textes, repris plus lard par Lanfrey, dans l’Église et les philosophes au dix-huitième siècle (G. Charpentier, Paris, 1879 ; rééd. Slatkine, Genève, 1970), sont devenus aujourd’hui la vérité reconnue de tous les historiens impartiaux. Aussi cette thèse, souvent citée, fait-elle encore autorité.
Après la consécration qu’il reçut dans le temple de Mouilleron-en-Pareds, sa paroisse natale, le , Lièvre fut nommé pasteur à Couhé. C’est là qu’il conçut et composa son Histoire des Protestants du Poitou (3 vol. in-8°, 1856-1859), très estimée. Cet ouvrage, qu’il dut publier à ses frais, alors que le mouvement, aujourd’hui si développé, d’études du protestantisme dans les provinces où il a régné, commençait à peine, se ressent quelque peu de la nécessité où l’auteur se vit de condenser, mais cette œuvre écrite dans un style lapidaire ne contient cependant ni erreur ni omission. Si tout n’y est pas développé, en particulier pour la période du Désert, tout s’y trouve au moins indiqué. Plus tard, Lièvre en a publié un abrégé populaire, édité par la Société des livres religieux de Toulouse, sous le titre : Les Martyrs poitevins (Société des livres religieux, Toulouse, 1874, 1 vol. in-12, 305 p.)
De Couhé, Lièvre passa à Angoulême en 1869. Il continua ses travaux dans une autre direction. Sans se désintéresser de l’histoire du protestantisme, il se livra plus particulièrement à l’étude de l’archéologie. Il publiera un très grand nombre d'articles et notes concernant la Préhistoire, l'Antiquité, le Moyen Âge et la période moderne dans les Bulletins et mémoires de la Société archéologique de la Charente, dont de 1877 à 1879 une très documentée "Exploration archéologique du département de la Charente", et de concert avec le préhstorien Gustave Chauvet dirigera les fouilles de la nécropole mégalithique de la Boixe (fouilles publiées dans le BMSAHC 1877).
En 1885, après une succession de deuils, atteint lui-même dans sa santé, l’heure de la retraite sonna pour lui, mais non celle du repos. La ville de Poitiers, où il comptait de nombreux amis, où il était estimé et apprécié, l’appela à la direction de sa bibliothèque municipale. C’est là que Lièvre passa ses dernières années. La Faculté des lettres ayant fondé, au moyen d’une subvention municipale, un cours d’archéologie régionale, elle confia ce cours à Lièvre et à son ami Alfred Richard, l’archiviste de la Vienne. Le catalogue de la bibliothèque, le plus riche dépôt de l’Ouest, dont il avait la garde, n’ayant jamais été dressé, Lièvre s’attela à cette besogne écrasante et en rédigea toutes les fiches. Mais le mal qui l’avait obligé à la retraite ne le lâchait pas. Travailleur infatigable, il luttait avec une rare énergie contre une maladie de cœur, qui finit par le terrasser. Il s’est soudainement et paisiblement éteint, chez l’un de ses enfants où il était allé prendre quelque repos.