Auguste van der Meere
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Auguste van der Meere, parfois orthographié Vandermeeren, né le à Bruxelles et mort le à Nancy, est un militaire au service du royaume uni des Pays-Bas puis de la Belgique après l'indépendance de cette dernière.
| Auguste van der Meere Auguste Louis Nicolas van der Meere | |
| Naissance | Bruxelles |
|---|---|
| Décès | (à 82 ans) Nancy |
| Origine | |
| Allégeance | |
| Grade | |
| Années de service | 1810 |
| Conflits | Révolution belge |
| Faits d'armes | Quatre Jours de Bruxelles Conspiration des Paniers percés |
| Distinctions | Croix de fer |
| Famille | Charles Aimé Emmanuel van der Meere de Cruyshautem |
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Il se distingue dans un premier temps lors de la révolution belge en s'engageant dans la garde bourgeoise de Bruxelles, puis participe aux Quatre Jours de Bruxelles. Il rejoint ensuite les nouvelles forces armées belges en devenant le devient le premier chef du personnel et obtient le grade de général de brigade.
En 1841, il participe une tentative de coup d'état du mouvement orangiste, la conspiration des Paniers percés, qui lui vaut d'être condamné à mort puis gracié[1].
Il fait partie de la noblesse belge, avec le titre de comte.
Biographie
Origines et vie privée
Auguste Louis Nicolas van der Meere nait à Bruxelles le , pendant la période française de l'histoire de la Belgique, alors que la ville est le chef-lieu du département de la Dyle. Il est le deuxième et dernier enfant du couple de Charles Aimé Emmanuel van der Meere de Cruyshautem et de Catherine Louise de Beelen Bertholff[2]. Il a une sœur ainée, Eugénie Désirée van der Meere, née en 1797.
Auguste est élevé dans la tradition de l'Ancien Régime, ses parents étant des aristocrates des Pays-Bas autrichiens avant que ceux-ci ne soient annexés à la Première République française. Particulièrement attachés à la maison de Habsbourg, ils étaient réfractaires aux idées de la Révolution française[3].
Auguste se marie avec Louise Amélie Bailey avec laquelle il a une fille, Alice Emilie van der Meere, qui nait en 1853.
Carrière militaire

Le , un décret impérial décide de l'envoi des fils ainés des familles nobles des pays annexés à la France au Prytanée national militaire de La Flèche, dans le département de la Sarthe, dans le but de les intégrer la Grande Armée de Napoléon Ier. Auguste, alors âgé de 12 ans, est sélectionné par le avec trois autres fils de nobles : Prosper Christyn de Ribaucourt, Ferdinand Cornet de Grez et Antoine van der Dilft de Borchvliet[4]. Son père, le comte Charles Aimé Emmanuel van der Meere de Cruyshautem proteste mais ne parvient pas à éviter l'enrôlement de son fils[5] et finit par emmener celui-ci dans l'établissement militaire français. Là, il se lie d'amitié avec son mentor, Scipion de Dreux-Brézé[6]. Grâce à l'aide du préfet de la Dyle, Frédéric-Christophe d'Houdetot, son père parvient à le faire revenir à Bruxelles à l'été 1813, sous prétexte d'une maladie nécessitant un retour au pays[7]. Alors que l'armée française est en déroute lors de la guerre de la Sixième Coalition, Auguste rejoint l'armée coalisée avec le garde de Capitaine le [8].
Après que le congrès de Vienne ait décidé de la création du royaume uni des Pays-Bas, il est incorporé à l'armée néerlandaise et est affecté comme adjudant du colonel Josephus Jacobus van Geen (nl) à Bruxelles le mais ne prend pas part à la célèbre bataille de Waterloo du . En août de la même année, il suit celui qui est devenu le général Van Geen, muté à la citadelle de Namur. À la fin 1817, il est affecté à un régiment à La Haye puis, en , il part pour le Suriname, où il devient receveur des impôts et revient en .
Révolution belge
Émeutes d'août 1830

Lorsqu'éclate la révolution belge avec les émeutes d'août 1830 à Bruxelles, Auguste van der Meere est membre de la Société du commerce de Bruxelles. Celle-ci crée une compagnie de milice bourgeoise à laquelle il participe afin de maintenir l'ordre public et de combattre les émeutiers[9]. Le il est appelé pour devenir Major dans la garde bourgeoise de Bruxelles et commande alors la première et la deuxième section[10], sous les ordres d'Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst. Il est chargé de réunir l'ensemble de la garde au matin du afin de préparer l'entrée en ville du prince Guillaume et signe l'ordre du jour et l'arrêté de rassemblement en tant que Major de garde[11].
Après le mauvais accueil du prince par la population bruxelloise, celui-ci convoque les chefs de la garde bourgeoise le et ils lui suggèrent de quitter Bruxelles pour sa propre sécurité. C'est à ce moment qu'Auguste van der Meere propose pour la première fois l'idée que le prince devienne le premier roi des Belges, affichant par la même occasion ses tendances orangistes, mais celui-ci refuse en disant : « Je ne puis oublier que je suis le premier sujet de mon père »[12]. Le soir-même, l'aide de camp du prince, le général Édouard de Knyff, est pris pour un gendarme déguisé par les gardes de la porte de Schaerbeek alors qu'il quitte la ville. Auguste van der Meere arrive juste à temps pour éviter qu'il soit fusillé et confirmer que le général possède bien un laisser-passer pour sortir de la ville[12]. Avant le départ du prince, la garde bourgeoise déclare qu'elle « s'engage sur l'honneur à ne pas souffrir de changement de dynastie, et à protéger la ville et spécialement les palais », dans une proclamation signée, entre autres, par Auguste van der Meere[13].
Affaire de Tervuren

Le , il prend le commandement d'un détachement de 120 bourgeois pour se rendre à Tervuren afin d'y établir un poste de garde à l'embranchement de la route de Wavre d'où ils doivent protéger le pavillon du prince dans le parc de Tervueren[14] et attendre des volontaires et des armes, notamment le corps franc liégeois de Charles Rogier[15]. Cependant, ils sont arrêtés par 600 cavaliers de l'armée qui leur barre le passage à la lisière de la forêt de Soignes. La troupe se barricade et, alors que les deux commandants s'entretiennent, deux parlementaires bruxellois sont envoyés au quartier-général de l'armée à Vilvorde afin de trouver une solution diplomatique avec le commandant en chef, le prince Frédéric d'Orange-Nassau. La nouvelle d'un affrontement entre la garde bourgeoise et l'armée se propage rapidement à Bruxelles et suscite l'indignation populaire. Citoyens et bourgeois se réunissent en une colonne de renforts dirigée par Sylvain Van de Weyer et par le commandant de la garde bourgeoise de Bruxelles, Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst[16]. Arrivée à hauteur d'Auderghem, la colonne est arrêtée in extremis par Charles Plétinckx qui annonce que le prince a fait reculer ses troupes et que le palais de Tervuren est sous le contrôle du détachement de van der Meere. Malgré la mise en ordre de bataille des deux parties, aucun affrontement direct n'a lieu ce jour-là.
« RAPPORT.
J'ai l'honneur de porter à la connaissance de M. le commandant en chef de la garde bourgeoise que, conformément à ses ordres, je me suis rendu à Tervueren, avec un corps de quatre-vingt-dix-sept hommes, pour occuper le pavillon royal de S.A.R. le prince héréditaire, et veiller à sa sûreté.
Je me mis en route vers huit heures du matin le 5 septembre. Avant d'arriver à Auderghem, je reçus un renfort des septième et huitième sections, ce qui porta mes forces à cent vingt hommes.
J'ai reçu, à Auderghem, un ordre du quartier général qui m'enjoignait de veiller à l'embranchement de la route de Wavre, lorsque j'aurais rempli ma mission à Tervueren. Je continuai à porter ma troupe en avant, jusqu'à l'extrémité de la forêt, où je fus arrêté par un de nos gardes à cheval qui, de poste depuis la veille au pavillon royal, vint m'annoncer que des troupes, composées de cuirassiers et de lanciers, occupaient Tervueren et empêchaient l'entrée des gardes placés sous mes ordres.
Après avoir fait faire halte à mon détachement, je me portai de ma personne en avant, accompagné de mon adjudant, M.Boremans, et j'envoyai prier le commandant des forces que j'avais en présence de venir me trouver, pour me communiquer ses intentions et lui expliquer les miennes.
Un major de lanciers s'avança et m'assura qu'il n'avait que des intentions pacifiques; mais qu'il avait ordre d'empêcher toute force quelconque d'avancer. Je lui fis observer que mes instructions portant l'occupation du palais de Tervueren, je ne pouvais me retirer. Je le prévins donc que j'allais occuper toute la lisière du bois avec ma troupe, mais que j'espérais pouvoir me rendre personnellement au palais, voulant écrire sans délai à S. A. R. le prince Frédéric.Le major de lanciers ayant acquiescé à ma demande, je me rendis chez M. Decous, d'où j'envoyai un de mes gardes à cheval au camp du prince.
Je déclarai au major que j'attendais la réponse à la tête de mes troupes. Aussitôt que je fus de retour près d'elles, je pris toutes les mesures de défense, en cas que la cavalerie voulût m'attaquer. La route fut barricadée comme parenchantement ;mes volontaires se portèrent en tirailleurs avec la plus grande rapidité, et je n'ai que des éloges à donner aux chefs ainsiqu'aux simples gardes. Une pluie abondante ne cessa de tomber toute la matinée.
Vers une heure, une ordonnance me pria de me rendre au centre des deux troupes pour m'aboucher avec le général commandant des forces que j'avais en présence. Je m'y portai sur le champ ; après une conférence peu importante, nous nous séparâmes.
Un escadron de cuirassiers couvrait la campagne, vis-à-vis le château de Tervueren. Un piquet de lanciers était entre les cuirassiers et la route. Sur la chaussée derrière les premières maisons du village, était en bataille un escadron de lanciers. Je vis la ligne qui m'était opposée s'étendre sur la gauche de la route dans la campagne, et se rapprocher de ma ligne. Je crus reconnaître dans ce mouvement l'intention de couper ma retraite par la route de Wavre sur Auderghem. J'ordonnai aussitôt à ma troupe de se porter par pelotons de six à huit hommes, sur le travers du bois jusqu'au bas de la première montagne qui masquait mon détachement, enjoignant au capitaine Nique d'occuper le village d'Auderghem, pour protéger ma retraite en cas de besoin. Je laissai des sentinelles à toutes les extrémités du bois, ainsi que des vedettes à cheval. Je fis parcourir par mon adjudant la lisière du bois, pour laisser croire que ma troupe se tenait encore derrière les broussailles, et je restai de ma personne derrière les barricades. Je vis le général hollandais parcourir avec tout son état-major, son corps d'armée, et je trouvais assez plaisant d'occuper pendant plus de quatre heures consécutives, par un temps abominable, avec une force de cent hommes, plus de six cents hommes de cavalerie de troupes réglées.
A trois heures moins un quart M. l'aide de camp Artan, envoyé du quartier général du prince Frédéric, vint m'annoncer que les troupes allaient se mettre en retraite pour reprendre leur cantonnement primitif, et m'abandonnaient le village de Tervueren, d'où j'envoyai immédiatement un piquet de vingt hommes, pour la garde du pavillon. Ma mission étant ainsi remplie, je repris la route de Bruxelles,
Bruxelles,le 6 septembre 1830.
Le major, Comte A. VANDERMEEREN »
« À S.A.R. LE PRINCE FRÉDÉRIC.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de faire part à V.A.R. que, conformément à mes ordres, je me suis rendu ici pour occuper le château de Tervueren, dont le gouverneur avait sollicité, près de notre commandant en chef, une garde de sûreté, S. A. R. le prince héréditaire ayant mis spécialement tous les palais sous notre garde.
J'ai lieu, Monseigneur, d'être étonné qu'une force militaire occupe un poste mis sous ma garde; la promesse formelle de S. A. R. le prince d'Orange étant que les troupes sous le commandemant de V. A. R. ne quitteraient pas le camp de Vilvorde.
D'après les renseignements qui me parviennent, j'apprends que les communications sont déjà coupées sur plusieurs routes. Des ordres sont, dit-on, donnés pour intercepter l'envoi des armes que nous attendons et qui doivent compléter l'armement de nos gardes, dont votre illustre frère est le colonel général.
Je ferai observer à V.A.R. que j'ai besoin qu'elle daigne me faire connaître ses intentions pour croire à ce qu'on me dit, et diriger ma conduite d'après sa réponse. J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, un des fidèles serviteurs attachés à la dynastie des Nassau.
Tervueren, le 5 septembre 1830.
Le major, Comte A. VANDERMEEREN. »
Quatre Jours de Bruxelles
Alors qu'il est de retour à Bruxelles, Juan Van Halen le nomme Colonel commandant l'« armée des patriotes » le [19].
Armée belge
Distinctions
Œuvres
- 1837 : Recueil des grandes manoeuvres d'armées, Éditeur du Journal de l'Armée belge, Bruxelles[21] ;
- 1880 : Mémoires du Général Comte Van der Meere, C. Muquardt, Bruxelles ;
Voir aussi
Bibliographie
- (nl) Ramaer et P.C. Molhuysen en P.J. Blok, Nieuw Nederlandsch Biografisch Woordenboek, vol. 8, Leiden, A. W. Sijthoff, (lire en ligne).

- Gustave Oppelt, Histoire générale et chronologique de la Belgique, de 1830 a 1860, Bruxelles, Hayez, (lire en ligne).

- Charles Emmanuel Poplimont, La Belgique depuis 1830., Gand, Désiré Verhulst, (lire en ligne).

- Auguste Louis Nicolas van der Meere, Mémoires du Général Comte Van der Meere, Bruxelles, C. Muquardt, , 308 p. (lire en ligne).
