Il pourrait être nécessaire de conserver une attitude prudente face aux cas extraordinaires décrivant des capacités spontanées d'écriture de la part d'individus diagnostiqués autistes non verbaux. En effet, nombre de ces récits médiatiques à travers le monde (ceux de Naoki Higashida, Ido Kedar, Tito Mukhopadhyay, Tim Chan[4], Birger Sellin entre autres) résultent de l'usage de la technique de communication parfois jugée pseudo-scientifique dite de "Communication Facilitée"[5] ou de ses variantes plus récentes telles que Rapid Prompting Method (RPM)[6], Spelling to Communicate (S2C), Spellers Method.
La défiance vis-à-vis de ces méthodes viendrait de professionnels de l'autisme pratiquant la méthode ABA et ayant des intérêts financiers ou universitaires dans le fait de faire progresser le langage oral des personnes autistes[7]. Scientifiquement, la littérature serait très mitigée et les critiques feraient du cherry picking. Les exemples de violences citées ne seraient pas spécifiques à l'utilisation d'une méthode en particulier mais à la vulnérabilité, à la dépendance et au validisme que subissent les personnes handicapées[8].
Il existerait une diversité de moyens de communication où les personnes autistes non verbales s'exprimeraient de façon autonome. Ces personnes ne seraient pas écoutées de la même façon par les professionnels et les parents. De même, les organisations de personnes handicapées intellectuelles et le mouvement de l'auto-représentation, pourtant constitué dès ses débuts de personnes pouvant utiliser divers moyens de communication alternatifs, seraient souvent ignorés par les familles et professionnels de l'autisme[9].
Les critiques sur la méthode facilitée ou la RPM seraient validistes parce qu'elles se baseraient sur une conception validiste de l'autonomie qui demanderait aux personnes de devoir tout faire seules avec leurs corps. Or l'autonomie est surtout le fait de disposer de l'aide dont on a besoin pour vivre à un moment donné, le fait d'avoir des assistants personnels pour aider à communiquer est compatible avec les valeurs d'émancipation, d'auto-détermination et de vie autonome, comme l'explique Nicolas Joncour, militant autiste non oralisant français[10] par ailleurs "usager" de la méthode Spelling to Communicate.
Les personnes en situation de handicap militant en faveur de l'autonomie et du respect expliquent que nous sommes tous interdépendants entre humains pour vivre, mais que ce sont certaines dépendances qui sont dévalorisées dans la société tandis que d'autres sont valorisées. Le plus important est de choisir ses co-dépendances et de pouvoir vivre selon ses propres choix.
Des études cherchent encore aujourd'hui à valider scientifiquement des méthodes de communication facilitée malgré un consensus scientifique pourtant bien établi[11]. Des chercheurs comme Bruno Gepner[12] ont cherché à montrer les bienfaits de la communication facilitée grâce aux dernières technologies comme le eye tracking, en réduisant par exemple les comportements dits défis. Le chercheur Vikram Jaswal a aussi cherché à démontrer la scientificité de la méthode RPM grâce à l'eye tracking[13],[14]. Enfin, ces méthodes permettraient aussi l'apprentissage de la littératie[15].
"Presume compétence" est un point important de la pensée des défenseurs de la communication facilitée depuis les années 1980[16]. Les personnes autistes non verbales estiment qu'il est important de ne pas présumer l'incompétence des personnes et de tester divers moyens de communication[17] pour trouver le bon canal de communication.