Auto-Ordnance Corporation
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| Auto-Ordnance Corporation | |
John T. Thompson tenant un Thompson M1921 | |
| Création | 1916 |
|---|---|
| Fondateurs | John T. Thompson |
| Activité | Industrie de l'armement |
| Produits | Armes automatiques |
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Auto-Ordnance Corporation est une entreprise du secteur de l’armement fondée en 1916 par John T. Thompson pour commercialiser le pistolet-mitrailleur Thompson.
Auto-Ordnance et Thompson
L’entreprise Auto-Ordnance Corporation est fondée en 1916 par John T. Thompson, associé à son fils Mercellus et à Thomas Fortune Ryan. Ce dernier, un homme d’affaires d’origine irlandaise s’étant enrichi en exploitant les trams de la New York Metropolitan Traction Company et grâce à ses parts dans l’American Tobacco Company, n’apporte que le soutien financier, le pilotage de l’entreprise incombant aux Thompson. John Thompson est en effet un ancien général de l’armée américaine, ayant été jusqu’en 1914 responsable du département des armes légères de l’Army Ordnance Department. Entre 1914 et 1916, il travaille en outre pour Remington Arms Company[1].
La fondation de l’entreprise intervient alors que l’armée américaine souhaite se doter d’un pistolet-mitrailleur à la suite de son intervention dans la Première Guerre mondiale. Les combats en effet mis en évidence que le fusil Springfield est mal adapté à la guerre des tranchées. L’objectif premier de l’entreprise est ainsi de développer cette nouvelle arme, d’autant que Thompson est rappelé à son ancien poste dans l’armée en 1917 et est donc concerné au premier chef[1]. Pour ce faire et grâce aux apports de fonds de Ryan, il rassemble une équipe technique composée notamment de Theodore H. Eickhoff, qui est nommé ingénieur en chef, John N. Blish, physicien et mathématicien de la marine, et Oscar V. Payne, un jeune ingénieur[2].
Le développement de l’arme ne s’achève qu’après la fin de la guerre, en 1919[3]. Elle est baptisée baptisée Thompson, du nom de son inventeur. C’est aussi au sein d’Auto-Ordnance qu’est inventé à cette période le terme submachine gun, pour désigner ce type d’arme[4]. La fabrication des pièces est toutefois sous-traitée à partir d’ Colt, Auto-Ordnance n’ayant, avec seulement neuf ouvriers, pas les moyens de produire en masse[4],[5].
En dépit des efforts de John Thompson au cours des années 1920, l’arme ne rencontre pas le succès auprès des forces armées, tant américaines qu’européennes[6]. Le seul acheteur est ainsi l’United States Navy[7].
Reventes et controverses
Le manque de succès de la Thompson fait que l’entreprise est en difficulté à la fin des années 1930. Par ailleurs, l’utilisation croissante de l’arme par les gangsters et les terroristes lui donne une mauvaise réputation qui dissuade les investisseurs de s’engager[8]. La Thompson est en effet fournie illégalement à l’IRA, probablement à l’instigation de Thomas Ryan, qui est membre du Clan na Gael[9]. La saisie d’une importante cargaison de Thompson à destination de l’Irlande en dans le port de New York amène ainsi le FBI à perquisitionner l’entreprise, qui n’évite que de peu un procès[9].
Par ailleurs, alors que John Thompson est opposé à la vente de l’arme aux civils et y met des limites, les choses changent après son départ à la retraite en 1928. Il est alors remplacé à la direction par John Larkin et G. McNaughton, des financiers qui ne s’intéressent qu’à la rentabilité. Considérant que les ventes aux militaires et forces de l’ordre sont insuffisantes, ils lèvent toutes les précédentes restrictions et encouragent les distributeurs à vendre l’arme à quiconque ayant les moyens de l’acheter[10]. Cette politique a pour conséquence de faciliter l’acquisition de l’arme par les criminels. Les braquages et les tueries effectués à la Thompson se multiplient entre 1928 et 1930, culminant avec le massacre de la Saint-Valentin[11]. À la suite de ces évènements, les appels à l’interdiction de la Thompson sont de plus en plus nombreux, menaçant l’avenir de l’entreprise. Par conséquent,Larkin et McNaughton sont remplacés en par W.B. Ryan Jr. et A.F. Long, qui interdisent immédiatement à leurs distributeurs de vendre l’arme aux civils[12].
Tous ces problèmes ont pour conséquence qu’à la mort de Thomas Ryan en 1929, la valeur estimée d’Auto-Ordnance n’est que de 412 000 $, chiffre à mettre en regard d’une dette abyssale de 2 200 000 $. Les héritiers de Ryan souhaitent alors liquider l’entreprise, mais se heurtent à l’opposition de Marcellus et John Thompson Jr., qui ont repris les parts de leur père après son départ en 1928 et sont majoritaires. Auto-Ordnance traverse ainsi les années 1930 en restant en permanence au bord du précipice. La situation est finalement débloquée par la mort en 1939 de Marcellus, puis celle de son frère l’année suivante. Leurs parts sont alors rachetées par l’homme d’affaire Russell Maguire pour 529 000 $, à condition que les dettes soient effacées. Possédant ainsi 50,8 % du capital, Maguire prend le contrôle de l’entreprise, qui est rebaptisée Thompson Automatic Arms Corporation. Ce rachat n’améliore toutefois pas la réputation de l’entreprise, Maguire ayant la réputation d’être un raideur[8].
Seconde Guerre mondiale
Le conflit en Europe à partir de 1939 puis l’entrée en guerre des États-Unis après l’attaque de Pearl Harbor en 1941 entraînent une hausse brutale de la demande de pistolets-mitrailleurs. Maguire propose à la Savage Arms Company de s’associer afin de pouvoir répondre à la demande. La mauvaise réputation de Maguire et Auto-Ordnance fait que celle-ci n’accepte qu’à condition que l’outillage lui soit fourni et que la moitié du contrat lui soit payée d’avance[13]. Les quantités produites restant insuffisante, Auto-Ordnance construit sa propre usine en 1940 à Bridgeport[14].
Le coût de production reste toutefois un problème et le principal travail de l’entreprise dans les mois suivants est la simplification de l’arme au maximum afin de le réduire le plus possible. Le prix unitaire passe ainsi de 225 $ à 44 $ entre 1940 et 1942[15]. Cela reste toutefois trop cher pour les gouvernements, qui se tournent progressivement vers de nouveaux modèles plus simples et moins coûteux. La production de la Thompson cesse ainsi en 1944 après que 1 387 134 exemplaires aient été produits[16].
Difficultés après-guerre
Après la guerre, l’entreprise est vendue à la Kilgore Company. Le marché étant toutefois inondé par les armes provenant des surplus militaire, celle-ci ne parvient pas maintenir la rentabilité et revend l’entreprise en 1961 à la Numrich Arms Company. En 1978, Auto-Ordnance maintient une activité limitée, essentiellement réduite à la production de pièces de rechange. L’entreprise produit également en petites quantités une variante semi-automatique de la Thompson, les lois sur les armes à feu ne permettant plus la commercialisation de la version automatique d’origine sur le marché civil[17].
Notes et références
- 1 2 Pegler 2010, p. 8.
- ↑ Pegler 2010, p. 10-11.
- ↑ Pegler 2010, p. 13.
- 1 2 Pegler 2010, p. 14.
- ↑ Hogg 1978, p. 77.
- ↑ Pegler 2010, p. 17-19.
- ↑ Pegler 2010, p. 21.
- 1 2 Pegler 2010, p. 22.
- 1 2 Pegler 2010, p. 38.
- ↑ Pegler 2010, p. 44.
- ↑ Pegler 2010, p. 48-49.
- ↑ Pegler 2010, p. 48-51.
- ↑ Pegler 2010, p. 24.
- ↑ Pegler 2010, p. 28.
- ↑ Pegler 2010, p. 28-30.
- ↑ Pegler 2010, p. 36.
- ↑ Hogg 1978, p. 78.
Annexes
Bibliographie
- (en) Ian Hogg, The Complete Illustrated Encyclopedia of the World’s Firearms, New York, A & W Publishers, , 320 p., p. 77-78.
- (en) Martin Pegler, The Thompson Submachine Gun : From Prohibition Chicago to World War II, vol. 1, Oxford, Osprey Publishing, coll. « Weapon », , 80 p. (ISBN 9781849081498).