Autopollinisation
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L'autopollinisation intervient lorsque les organes femelles d’une plante sont pollinisés par le pollen de la même plante. Plus précisément, elle est une forme de pollinisation dans laquelle le pollen d'une plante arrive au stigmate d'une fleur de la même plante (chez les plantes à fleurs) ou à l'ovule (chez les gymnospermes).
Il existe deux types d'autopollinisation : en autogamie, le pollen est transféré sur le stigmate de la même fleur ; dans la géitonogamie, le pollen est transféré de l'anthère d'une fleur au stigmate d'une autre fleur de la même plante à fleurs, ou du microsporange à l'ovule au sein d'un seul gymnosperme (monoïque). Certaines plantes possèdent des mécanismes qui assurent l'autogamie, comme des fleurs qui ne s'ouvrent pas (cléistogamie), ou des étamines qui bougent pour entrer en contact avec le stigmate.
L'autopollinisation s'oppose à l'allopollinisation, ou pollinisation croisée que l'on trouve chez les plantes allogames. La pollinisation croisée est le transfert de pollen, par le vent ou par des animaux tels que des insectes, des chauves-souris et des oiseaux, de l'anthère aux stigmates des fleurs de plantes distinctes.
Modes d'autopollinisation
Les plantes peuvent être complètement autogames, partiellement autogames ou entièrement allogames. Les processus d'autopollinisation diffèrent selon qu'ils utilisent des fleurs spécialisées ; s'ils impliquent le transfert de pollen à l'intérieur d'une seule fleur ou entre différentes fleurs ; si le transfert de pollen est autonome ou médié par des vecteurs de pollen (par exemple, les abeilles) ; et selon le moment de la possibilité d’autopollinisation par rapport aux opportunités de pollinisation croisée[1].
Un article de 1992[1] énumère six modes d'autopollinisation : "1) la cléistogamie, dans laquelle les fleurs sont structurellement modifiées de sorte que la pollinisation se produit dans des fleurs fermées qui sont structurellement spécialisées pour l'autopollinisation ; 2) la géitonogamie, pollinisation par transfert de pollen d'une fleur à une autre sur la même plante ; 3.) l'autopollinisation facilitée, qui se produit lorsque les visiteurs floraux provoquent le transfert du pollen de l'anthère au stigmate au sein d'une seule fleur ; 4.) l'autopollinisation préalable, dans laquelle l'autopollinisation se produit avant toute possibilité pour le stigmate de recevoir du pollen croisé ; 5.) l'autopollinisation concurrente, dans laquelle l'autopollinisation se produit en même temps que le stigmate reçoit du pollen croisé ; 6.) l'autopollinisation retardée, dans laquelle l'autopollinisation se produit une fois toutes les occasions de réception de pollen croisé passées[2]."
Exemples
L’autopollinisation peut être effectuée avec l’aide de vecteurs de pollen (comme le vent ou les insectes). Le mécanisme est observé le plus souvent dans certaines légumineuses telles que les arachides. Dans une autre légumineuse, le soja, les fleurs s'ouvrent et restent réceptives à la pollinisation croisée par les insectes pendant la journée. Si cela n’est pas fait, les fleurs s’autopollinisent au fur et à mesure qu’elles se ferment. Parmi les autres plantes qui peuvent s'autopolliniser, on trouve de nombreuses sortes d'orchidées, de pois, de tournesols et de tridax.

L'autopollinisation est très commune parmi les espèces végétales cultivées. Le blé par exemple est une espèce qui pratique l'autopollinisation et l'autofécondation (autogamie). Le pollen des étamines est libéré à l'intérieur de la fleur avant l'ouverture des glumes. Les pois sont également autopollinisés et autogames[3], ce qui confère à leur espèce les particularités ayant rendu possible la découverte par Mendel des premières lois de la génétique. Chez de nombreuses espèces adaptées à l'allopollinisation, l'autogamie reste encore possible si la fécondation croisée échoue, par exemple en cas de temps humide ou d'absence d'agents pollinisateurs, ce qui permet d'assurer une descendance, mais réduit la diversité génétique. La violette par exemple produit en fin de saison des fleurs qui ne s'ouvrent pas (fleurs cléistogames) et qui peuvent donner naissance à des graines toutes issues d'autofécondation[4].