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Avalanche (film, 1937)

film de Mikio Naruse, sorti en 1937 From Wikipedia, the free encyclopedia

Avalanche (雪崩, Nadare?) est un film japonais réalisé par Mikio Naruse, sorti en 1937.

Titre original 雪崩
Nadare
Réalisation Mikio Naruse
Acteurs principaux Hideo Saeki (ja)
Ranko Edogawa (ja)
Noboru Kiritachi (ja)
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Avalanche
Titre original 雪崩
Nadare
Réalisation Mikio Naruse
Scénario Mikio Naruse
Tomoyoshi Murayama (idée)
Jirō Osaragi (roman)
Acteurs principaux Hideo Saeki (ja)
Ranko Edogawa (ja)
Noboru Kiritachi (ja)
Sociétés de production P.C.L.
Pays de production Drapeau de l'Empire du Japon Empire du Japon
Genre Drame
Durée 59 minutes
Sortie 1937

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Synopsis

À Tokyo, en regardant la photo de son mariage, Fukiko se souvient : un an plus tôt, Gorō Kusaka, fils d'une riche famille, s'est enfui à Nagoya avec elle pour forcer ses parents à accepter leur union. Mais le mariage ne convient pas à Gorō, devant qui Fukiko, plus traditionnelle, s'efface. Il revient alors vers Yayoi, la jeune femme que tous lui destinaient. Celle-ci le repousse — il est trop tard, et il y a Fukiko. Gorō la rejoint pourtant à Kamakura, dans sa villa du bord de mer où vit Keisuke, son frère cadet malade. Keisuke, qui se croit responsable du célibat de sa sœur, redoute de mourir sans héritier pour le nom familial. Il recueille les doutes de sa sœur sur le sens d'une vie sans but et sur le mariage, qui l'ont autrefois empêchée d'avouer ses sentiments à Gorō.

Au fil de ses rencontres avec Gorō, Yayoi en vient à admettre que le bonheur n'existe qu'au prix de l'oubli du malheur d'autrui. Lorsque Gorō annonce à son père qu'il veut divorcer, celui-ci lui oppose la responsabilité due à autrui, puis surprend les deux jeunes gens à Kamakura. Yayoi s'enferme à l'étage et le père menace son fils de le déshériter.

Gorō cède en apparence, puis emmène Fukiko à Nagoya, dans le même hôtel, avec l'intention de mettre en scène un double suicide. Se ravisant, il décide que lui n'a pas à mourir. Au dernier moment pourtant, devant la confiance absolue de sa femme et le souvenir des paroles de son père, il renonce à tout.

Sur la plage, Yayoi promène son chien en compagnie de Keisuke, rétabli, et souhaite vivre tranquillement.

Fiche technique

Akira Kurosawa (gauche) et Mikio Naruse (droite) durant le tournage d'Avalanche. En arrière plan, le Château de Nagoya.
  • Titre français : Avalanche
  • Titre original : 雪崩 (Nadare?)
  • Titre anglais : Avalanche
  • Réalisation : Mikio Naruse
  • Assistants réalisateurs : Ishirō Honda[1] et Akira Kurosawa (non crédités)[2]
  • Adaptation : Mikio Naruse
  • Conception/Idée (構案, kōan?) : Tomoyoshi Murayama
  • Œuvre originale : Jirō Osaragi, feuilleton paru dans le Tokyo Asahi Shimbun et l'Ōsaka Asahi Shimbun[3]
  • Musique : Nobuo Iida (ja), interprétée par l’orchestre P.C.L.
    • Chansons du film (主題歌, shudaika?) : Chant de la nostalgie (あこがれの唄, Akogare no uta?) et Chant de la jacinthe (ヒアシンスの唄, Hiashinsu no uta?), paroles de Takao Saeki (ja), musique de Nobuo Iida, interprétées par l'orchestre de la P.C.L.[4],[5]
  • Photographie : Mikiya Tachibana
  • Direction artistique : Takeo Kita (ja)
  • Son : Isamu Suzuki
  • Montage : Kōichi Iwashita (ja)
  • Production : Shigeo Yakura
  • Direction de production : Katsuzō Shino
  • Société de production : P.C.L.
  • Pays de production : Drapeau de l'Empire du Japon Empire du Japon
  • Langue originale : japonais
  • Format : noir et blanc — 35 mm — 1,37:1 — son mono
  • Genre : drame
  • Durée : 59 minutes[6] (métrage : sept bobines - 1 614 m[6])
  • Date de sortie :

Distribution

Ces informations proviennent du générique du film et des bases de données NFAJ[3] et Eiren[5].

  • Hideo Saeki (ja) : Gorō Kusaka
  • Ranko Edogawa (ja) : Yayoi
  • Noboru Kiritachi (ja) : Fukiko, l’épouse de Gorō
  • Yō Shiomi (ja) : le père de Gorō
  • Yuriko Hanabusa : Urako Kusaka, la mère de Gorō
  • Sadao Maruyama (ja) : le père de Fukiko
  • Masao Mishima  : Koyanagi, l’avocat ami du père de Fukiko
  • Akira Ubukata (ja) : Keisuke, le frère cadet de Yayoi

Autour du film

Ishirō Honda[1] et Akira Kurosawa, alors au début de leurs carrières dans le cinéma, ont été assistants réalisateurs sur ce film. Akira Kurosawa a déclaré avoir beaucoup appris en travaillant comme assistant de Mikio Naruse sur ce film, même si ce dernier n'a pas donné « les résultats escomptés »[7].

Analyse

Prologue

Le film s'ouvre sur deux cartons signés de Jirō Osaragi, dans lesquels l'auteur du roman explique l'origine du titre.

"Le titre ''Avalanche'' est tiré d'une réflexion de M. Kusaka, personnage de ce récit. Kusaka s'étonne de sentir que nous, qui vivons dans ce monde qu'on appelle moderne, avons beau paraître solidement enracinés au sol, nous n'en sommes pas moins mus par des forces que nous ignorons et semblons dévaler d'un coup une pente.
On a beau bâtir une maison de pierre : nous nous tenons tous sur un traîneau qui ne cesse de glisser. Autrement dit, un homme comme Kusaka, persuadé de ne pas bouger d'un pouce, se retrouve tout de même emporté sur cette avalanche et charrié à son insu. Jirō Osaragi"[8]

Dans son livre The Cinema of Naruse Mikio (en), Catherine Russell tient Avalanche pour l'un des films les plus atypiques de son auteur — un échec, que le cinéaste lui-même reconnut comme tel et que la critique de l'époque ne ménagea pas — mais un échec révélateur. Elle y voit d'abord une expérimentation formelle : le voile sombre qui descend sur l'image pendant les monologues intérieurs, procédé dont elle souligne le caractère intrusif tout en y lisant la preuve que Naruse n'a jamais cessé d'éprouver les ressources du langage cinématographique. Reprenant l'analyse de Fumiko Tsuneishi, elle fait de ce voile la littéralisation d'un motif constant chez lui, la distance entre hommes et femmes et les malentendus qui la comblent mal. Le reste du film lui paraît en revanche paralysé : primat de la parole, découpage statique, dialogues frontaux qui manquent la tension des scènes. Russell impute cette raideur à l'inconfort de Naruse devant le roman moderniste, ses crises existentielles et ses « hommes nouveaux » tourmentés — la collaboration avec Tomoyoshi Murayama, avant-gardiste marxiste soucieux d'inscrire l'artiste dans la sphère publique, expliquant peut-être le milieu bourgeois du film, que Naruse détaille jusqu'à laisser le matérialisme élégant des décors submerger le récit. La critique de classe y reste oblique, l'autorité morale du père riche n'étant jamais démentie. Pour Russell, enfin, les dilemmes psychologiques de Gorō n'ont dans l'univers de Naruse ni portée ni pertinence : les crises y sont toujours ancrées dans la culture matérielle, et le véritable sujet du film est une société en transition — ce que résume la réplique de Yayoi selon laquelle la conscience n'existe que par rapport à la société[9].

Notes et références

Liens externes

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