Azadeh Kian
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| Directrice Centre d'enseignement, de documentation et de recherches pour les études féministes (d) |
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100 Women () |
Azadeh Kian (en persan : آزاده کیان), née en 1958, est une sociologue franco-iranienne, professeure de sociologie et directrice du Centre d'enseignement, de documentation et de recherches pour les études féministes (CEDREF)[1] de l'université Paris Cité[2],[3]. Elle est reconnue dans le projet « 100 Women » de la BBC[4].
Son superviseur de doctorat a été Michael Mann (sociologue)[5] et, de 1987 à 1990, elle est professeure associée de sociologie politique à l'université de Californie à Los Angeles (UCLA). En 1995, elle rejoint l'université Sorbonne-Nouvelle et plus tard l'université Paris-VIII à Saint-Denis[6]. Elle est spécialiste de l'Iran et du Moyen-Orient, et chercheuse au Laboratoire de changement social et politique (LCSP).
En 1996, elle publie l'article Des femmes iraniennes contre le clergé : les islamistes et laïques pour la première fois unies dans Le Monde diplomatique[7] et en 2010, Le Féminisme Islamique en Iran : Nouvelle forme d'assujettissement ou émergence de l'agence? dans le journal Critique internationale[8],[9].
L’agence Servizio d’informations religiosa (SIR) l’a définie « la femme plus écoutée de la diaspora iranienne »[10].
En 2020, Kian a dirigé en tant que rédactrice principale l’ouvrage international Genre et transgressions : Représentation, agentivité, autodétermination, un travail collectif publié par Les Cahiers du CEDREF. Ce projet a réuni des contributions de chercheuses et chercheurs internationaux en études de genre, créant un dialogue riche sur la transgression et l’agentivité dans les expériences genrées, impliquant des scientifiques sociaux issus à la fois des pays de l’OCDE et du Sud global[11].
En 2024, pour son livre « Rethinking Gender, Ethnicity and Religion in Iran: An Intersectional Approach to National Identity » publié au Canada par Bloomsbury Publishing, elle a remporté le prix Latifeh Yarshater, décerné par la Persian Heritage Foundation[12].
Activisme
Elle fait partie des femmes de la diaspora iranienne les plus consultées au monde pour commenter les évolutions sociales et politiques de son pays natal[13],[14].
Elle a décrit le moment de la mort de Mahsa Amini comme un tournant où la société civile contredit ouvertement le pouvoir iranien ("Ce qui est inédit dans ces manifestations, c'est que les femmes mènent la charge")[15],[16] et elle a prononcé une allocution en tant qu'invitée au Parlement européen en après une rencontre avec la présidente du Parlement européen Roberta Metsola[17]. Elle s'est exprimée à Les Echos Belgique sur la talebanisation du pouvoir en Iran[18]. A France 24, elle a affirmé que la crise en Iran est une révolution visant à changer le régime, et pas seulement une protestation de la société civile[19].
Publications sélectionnées
Azadeh Kian est professeure de science politique spécialisée dans l’Iran et le Moyen-Orient. Ses recherches portent sur les rapports entre genre et politique, la société civile, la modernisation sociale, mais aussi sur les transformations de l’État, l’économie politique et les dynamiques des relations internationales. Ses travaux sont largement cités dans les études moyen-orientales, en sciences politiques et dans les études postcoloniales.
Femmes, politique et société civile en Iran
Kian a étudié la participation des femmes dans la sphère politique iranienne. Dans Women and politics in post‐Islamist Iran: the gender conscious drive to change, elle analyse la mobilisation des femmes dans le cadre des réformes post-révolutionnaires[20]. Son chapitre Women and the making of civil society in post-Islamist Iran met en évidence l’émergence d’une société civile où les femmes jouent un rôle moteur[21].
Sécularisation, modernité et économie politique
Dans Secularization of Iran: a doomed failure? The new middle class and the making of modern Iran, elle analyse les limites de la sécularisation et le rôle de la nouvelle classe moyenne dans la modernisation socio-économique du pays[22]. Elle a également mis en évidence la fonction de la classe moyenne urbaine comme socle de la modernité politique et économique en Iran[23].
Transformations politiques et relations internationales
Kian s’est intéressée aux mutations de l’État iranien et à ses rapports avec l’ordre international. Dans Political and social transformations in post-Islamist Iran, elle analyse la recomposition du champ politique sous la République islamique[24]. Elle a aussi étudié l’évolution du régime iranien, par exemple dans La République islamique d’Iran: de la maison du Guide à la raison d’État, qui met en évidence les tensions entre structures monopolistiques et modèles d’État social[25]. Dans ses contributions à des revues internationales, elle a analysé la place de l’Iran dans le système mondial, notamment autour des sanctions, du nationalisme et de la sécurité régionale[26].
Féminisme, genre et études postcoloniales
En parallèle, Kian est une voix majeure de la théorie féministe et postcoloniale. Elle a montré comment les rapports de genre s’articulent avec les structures sociales et politiques. Dans From motherhood to equal rights advocates: The weakening of patriarchal order, elle décrit la transformation du rôle des femmes dans l’espace public[27]. Ses articles Féminisme postcolonial: contributions théoriques et politiques[28] et Intersectionnalité et colonialité (avec Jules Falquet)[29] prolongent cette réflexion dans une perspective transnationale.
Ouvrages récents
Ses publications récentes abordent les relations entre religion, nationalisme et genre. Dans Rethinking gender, ethnicity and religion in Iran (2023), elle analyse les identités sociales et politiques dans un contexte multiethnique[30]. Elle est également coauteure de État-nation et fabrique du genre, des corps et des sexualités: Iran, Turquie, Afghanistan (2021), qui propose une lecture comparée des rapports entre genre, État et société[31].