Elle s'établit en Suisse en 1981[3]. Après avoir travaillé aux tribunaux des baux et à la justice de paix de l'arrondissement de Lausanne, elle est collaboratrice de l'Office fédéral des réfugiés puis de l'Institut suisse de droit comparé pendant plus de dix-huit ans[4]. Dans les années 1980 et 1990, elle travaille comme juriste privée au Sénégal et pour la coopération suisse au développement au Rwanda et au Mali[2].
De confession catholique romaine[6], elle est mariée depuis 1983 à Jean-François Métraux, ingénieur forestier et inspecteur cantonal des forêts de 2009 au [7],[8],[1]. Ils ont trois garçons[4].
Elle s'engage en politique dans les années 2000[1].
Elle est municipale (exécutif) de Bottens à partir de 2002, à la tête des écoles, de la police des constructions, des domaines et de l'environnement, de l'informatique[4]. Elle adhère au Verts l'année suivante[1]. Elle devient la syndique de la commune en [4].
Parallèlement, elle est élue députée au Grand Conseil vaudois, où elle siège à partir du . Elle y est le chef du groupe des Verts à partir d'[4].
Le , l'Assemblée générale des Vertsvaudois la désigne comme candidate à l'élection complémentaire au Conseil d'État, à la suite du décès de Jean-Claude Mermoud[9]. Le , elle est élue au Conseil d'État vaudois; elle y reprend le Département de l'intérieur[10]. Son élection permet à la gauche de prendre la majorité au gouvernement[7].
Lors des élections du Conseil d'État pour la législature 2012 à 2017, elle est élue au deuxième tour avec 73 325 suffrages (52,29%)[11]. Elle conserve son département jusqu'au remaniement du , où elle passe au Département des institutions et de la sécurité[12]. Chargée des dossiers sécuritaires, elle s'attelle à augmenter la capacité, à sécuriser et à moderniser le parc pénitentiaire vaudois. Sous son impulsion, de nouvelles places de détention sont ainsi créées aux établissements de la plaine de l'Orbe ou à la prison de la Croisée[13],[14] et des crédits d'étude sont ouverts pour la construction d'un nouvel établissement pénitentiaire sur le site des Grands-Marais à Orbe[15],[16].
En , elle est réélue pour un troisième mandat au Conseil d'État. En , le Conseil d'État réorganise ses départements à la suite de l'élection de Christelle Luisier. Béatrice Métraux cède les institutions à la nouvelle venue, mais le dossier de l'environnement est rattaché à son nouveau département, renommé Département de l'environnement et de la sécurité[17].
Le , elle annonce qu'elle ne se représente pas pour un nouveau mandat[18].
Bilan de son action au gouvernement
D'un côté, selon le président de son parti cantonal, elle réussit à ramener le calme dans le service pénitentiaire (secoué en 2013 par l'assassinat d'une jeune fille par un récidiviste[19],[20],[21], qui conduit Béatrice Métraux à décréter un moratoire sur les sorties des condamnés jugés dangereux[22]), notamment en créant davantage de places de prison et en insistant sur la réinsertion[23],[24]. Elle mène aussi une réforme des curatelles, porte une loi sur le parc locatif visant à apporter une solution à la pénurie de logements (en donnant notamment un droit de préemption aux communes et en leur laissant la possibilité d'imposer des quotas de logements d'utilité publique - loi acceptée par 55,5% des Vaudois en votation)[25] et une loi sur la reconnaissance des communautés religieuses et présente un plan climat pour le canton[26]. Responsable de la police depuis 2013, elle peut annoncer à plusieurs reprises, à l’occasion de la présentation des bilans sécuritaires, des baisses de la criminalité et des diminutions aux infractions au Code pénal[27],[28].
À la tête des services de l’environnement depuis 2020, elle mène plusieurs projets importants en faveur de la biodiversité, avec notamment une nouvelle loi en faveur du patrimoine naturel et paysager[29], votée à la quasi-unanimité lors d’un des premiers votes de la nouvelle législature 2022-2027 du Grand Conseil vaudois[30]. Son successeur au gouvernement, Vassilis Venizelos, «salue la force avec laquelle elle a porté l’écologie politique au sein du Conseil d’État»[31].
De l'autre, son parti a regretté sa discrétion[18], la presse relevant qu'elle n'est pas «une grande communicatrice» et que sa défense des intérêts de l'État n'a pas toujours été comprise[23]. Un éditorial publié dans le quotidien vaudois 24 Heures à l'occasion de l'annonce de son départ, juge ainsi qu'«elle n’a jamais aimé trop se faire voir. Ses conférences de presse sont rares et elle ne s’y met guère en avant»[32]. En , les Jeunes verts demandent même sa démission en raison de la manière dont elle a géré le mouvement d'occupation de la colline du Mormont, qui visait à empêcher l'extension d'une carrière de ciment[33].
Début 2023, Béatrice Métraux prend la co-présidence de la nouvelle section «Gros-de-Vaud» des Verts vaudois[34].
↑«Dans le canton de Vaud, les Verts vont lancer une initiative pour la sauvegarde de la colline du Mormont», Le Temps, (ISSN1423-3967, lire en ligne, consulté le )