Babs Robert
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Babs Robert (né le à Ciney sous le nom de Marcel Robert) est un musicien de jazz belge (saxophone ténor, saxophone alto, composition).
Biographie et œuvres
Babs Robert suit dès 1948 des cours de solfège et d'harmonie auprès de Jean Absil à l'Académie de musique d'Etterbeek, tout en découvrant le jazz à la radio. Il achète un saxophone d'occasion et apprend à en jouer en autodidacte. Avec le pianiste Johnny Brouwers, il fonde un groupe de jazz amateur. Il rejoint ensuite Les Tempo's Cool Boys, groupe dirigé par Roland Gohy, et joue dans différents clubs de Bruxelles. En 1957, il travaille à nouveau avec Johnny Brouwers au sein du groupe Jazz Preachers et remporte le prix du meilleur saxophoniste de Belgique au Tournoi du Hot Club de Belgique. En 1959, il fonde un quartet sous son propre nom, aux côtés de Johnny Brouwers, Paul Dubois et Robert Pernet[1].
Le Babs Robert Quartet se produit régulièrement dans des clubs bruxellois tels que le Blue Note, le Smog ou le Pol’s. Il fut également invité aux festivals de Comblain-la-Tour (1960, 1961, 1969), de Genève (1962) et de Montreux (1967), où le quartet obtint le prix de la ville de Montreux[2]. L'année suivante, ils se produisent au Jazz Jamboree de Varsovie (leur morceau « Architexture » de 1968 a été enregistré par Muza sur l'album Jazz Jamboree 68). Il était l'un des rares musiciens belges à jouer également du free jazz dans les années 1960[3].
En , Babs Robert enregistre l'extended play Voir ("Vas-y voir") / Four Paul S. pour BAQ Records avec le Brussels Art Quintet, dirigé par le guitariste Daniel « Schell » Schellekens[4].
En 1969, il fonde le septet The Love Planet, en élargissant le quartet à un deuxième contrebassiste, Michel Gobbe, au vibraphoniste et batteur Johnny Peret, ainsi qu'à un deuxième saxophoniste, John Van Rjimenant.
De Babs Robert, on a pu dire: "À son sujet, Benoît Quersin écrivait dans le magazine Special : «le seul dans ce pays à rendre un son contemporain»"[5].
Le groupe réalise l'album éponyme, qui sort chez Alpha Music en 1970[6]. Il est aujourd'hui apprécié des experts pour son inventivité d'avant-garde au sein du free jazz naissant de l'époque: "«Babs Robert and the Love Planet» (Alpha 7003, 1970) est un exemple rare de jazz d'avant-garde belge. Sorti sur le label Alpha, une petite structure basée à Jette en Belgique, cet album de Babs Robert est une merveilleuse exception, un disque tellement atypique qu'il semble venir d'une autre planète – peut-être la fameuse « Planète de l'Amour » évoquée dans le titre ?".[7]
Et pour établir une comparaison avec d'autres artistes de jazz de l'époque : "cette musique mêle des morceaux modaux entraînants à des sonorités plus libres et spirituelles, un univers musical à mi-chemin entre l'Art Ensemble of Chicago et Pharoah Sanders"[8].
Babs Robert & The Love Planet s'est produit dans des clubs du centre de Bruxelles ainsi que lors d'événements musicaux importants dans toute la Belgique, tels que le Festival Avant-garde à Gand, le First International Jazz Event en 1969 au Sart Tilman, quartier de Liège, et le Festival de Jazz de Bilzen en 1970. Le groupe a développé un style de musique au "répertoire dense [...], mêlant samba physique et dynamique, valse modale exquise et musique libre et dense à la sublimation intense, [...] constamment imprégné de percussions entraînantes, d'un piano modal et spirituel éthéré et d'un saxophone rugissant et expressif"[9], tandis que "le contraste entre l'architecture musicale des thèmes et la liberté sonore des improvisations illustrait parfaitement le polymorphisme – un ordre au sein du désordre – que recherchait le Love Planet"[10].
Babs Robert a également travaillé avec Fred Van Hove, Peter Brötzmann, Irène Schweizer et Peter Kowald.
