Bachotage
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Le bachotage (de « bachot », mot d’argot scolaire désignant le baccalauréat, par allusion au travail de préparation aux épreuves de cet examen) consiste à réviser ses cours de façon intensive pour retenir un maximum de résultats au cours de quelques jours de révision. C'est une pratique courante chez les étudiants avant de passer leurs examens. Les pédagogues désapprouvent le bachotage, car l'apprentissage de grandes quantités d'information en temps limité n'est pas favorable à l'acquisition de connaissances définitives (cf. mémoire sémantique[1]).
En Europe de l'Ouest, le bachotage est l'activité caractéristique de la « semaine de révisions », période d'interruption des cours qui précède les épreuves. Mais le bachotage peut se pratiquer jusqu'à la nuit précédant un examen : au Japon, ce comportement a même un nom : ichiyazuke (一夜漬け, いちやづけ).
Il existe des boîtes à bacs dans la plupart des pays : ces institutions payantes se font fort d'inculquer à leurs élèves, quel que soit leur niveau, la totalité du programme en l'espace d'une année.
La pression à l'excellence scolaire dans les sociétés occidentales se traduit maintenant par une pratique de bachotage dès le plus jeune âge[2].
Le bachotage en tant que technique
Le Britannique H.E. Gorst (1868-1950) estimait que « Tant que l'éducation sera synonyme de bachotage à grande échelle, elle sera condamnée à ne produire que de la médiocrité »[3]. L'historien français M. Bloch y voyait même une perversion de la place accordée en France aux concours aux grandes écoles, et l'une des causes de la sclérose du système scolaire[4].
Considéré comme une pratique stérile, le bachotage demeure banal chez les lycéens comme chez les étudiants. La pression scolaire conjuguée aux incitations à s'épanouir dans des activités extrascolaires et à exercer des responsabilités syndicales ou associatives se solde souvent par une pratique assidue du « par-cœur » [réf. souhaitée]. Contraint par le calendrier, l'étudiant en est réduit à devoir s'approprier une somme de connaissances considérable dans un délai trop court : ainsi, c'est une mauvaise organisation du temps qui est à l'origine des révisions de dernière minute[citation nécessaire]. Plusieurs techniques d'organisation ou programmes de développement personnels existent pour éviter ce genre de situation : à l'approche du baccalauréat, les médias s'en font chaque année l'écho[5],[6].
Recherche
Pour les examinateurs et les professeurs de toutes les époques, décourager le bachotage et promouvoir des modes d'étude plus favorables à l'apprentissage productif ont longtemps été un défi. Une étude menée en 2007 par un psychologue de l’université du Sud de la Floride, Doug Rohrer, a conclu que les révisions de dernière minute réduisent la quantité d'informations retenues et peuvent constituer un obstacle à l'apprentissage à long terme[7]. D'autres recherches menées sur l'apprentissage par cœur ou la mémorisation forcée ont montré que la primauté donnée au souvenir sur la compréhension diminue la quantité d'informations restituables[8].
