Alfred Velpeau

chirurgien, successeur de Larrey à l'Académie des sciences From Wikipedia, the free encyclopedia

Alfred-Armand-Louis-Marie Velpeau, né le à Brèches (France) et mort le à Paris, est un anatomiste et chirurgien français, inventeur du bandage qui porte son nom, la « bande Velpeau ».

Naissance
Nom de naissance
Alfred Armand Louis Marie VelpeauVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Président de l'Académie des sciences, 1er janvier - 31 décembre 1863 ...
Alfred Velpeau
Velpeau photographié par Pierre Petit.
Fonctions
Président de l'Académie des sciences
-
Président
Académie nationale de médecine
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Alfred Armand Louis Marie VelpeauVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Hôpital de la Charité (à partir de )
Hôpital de la Pitié (à partir de )
Université de Paris (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Maître
Distinction
signature d'Alfred Velpeau
Signature de Velpeau.
Vue de la sépulture.
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Biographie

Enfance

Fils d’un maréchal ferrant, qui devait, au besoin, comme tous ses confrères de la campagne, exécuter les pratiques les plus simples de l’art vétérinaire, Velpeau apprit d’abord à ferrer les chevaux[1] et passa sa première jeunesse à aider son père dans son métier[2]. Ayant appris presque seul à lire et à écrire et désirant s’instruire, il avait trouvé chez son père un ancien Traité d’hippiatrique et le Médecin des pauvres avec lequel il parvint à acquérir quelques notions de médecine pratique, se faisant peu à peu une sorte de réputation par plusieurs cures heureuses opérées dans son village tourangeau[2]. Un voisin, à qui sa passion pour l’étude avait inspiré de l’intérêt, lui ayant procuré les moyens de la satisfaire, ses progrès furent rapides, et il fut envoyé, en , à Tours où la rencontre de Pierre Bretonneau, fondateur de l’école de médecine de Tours, décida de sa carrière[3].

Études

Attaché à l’hôpital de Tours, il dut reprendre toutes ses études par la base et se mit à étudier à la fois le latin, le français, la géographie, l’histoire, l’anatomie, la physiologie et toutes les branches de la médecine, au milieu des privations que lui imposait la modicité de ses ressources[2],[3]. À force d’application au service de l’hôpital, il se fit admettre comme élève interne, et, au bout de quinze mois, fut reçu officier de santé[2]. Nommé premier élève, en 1818, avec 200 francs d’appointements, il y joignit le revenu d’une petite clientèle, qui lui permit de faire les économies nécessaires pour monter à Paris pour y poursuivre ses études[2] où son assiduité au travail, ses aptitudes, l’ayant rapidement fait distinguer parmi les autres étudiants de l’hôpital de Tours, son professeur l’aida de ses conseils, de ses recommandations et de sa bourse[4]. À peine arrivé à Paris, avec de très précaires ressources, Velpeau eut à affronter le besoin et les difficultés d’une éducation première tout à fait insuffisante, pour ne pas dire absente, car il possédait à peine les premiers éléments de la langue française, et il savait tout juste de latin ce qu’un pauvre desservant de village avait pu lui apprendre[4]. En 1820, il était déjà le premier aide de Charles Bougon, médecin de la duchesse de Berry[5]. Couronné au concours de l’École pratique en 1821[2], il réussit néanmoins, à force de travail, à devenir successivement aide d’anatomie, faisant plusieurs cours qui eurent un grand succès, puis docteur, en [2], puis chirurgien des hôpitaux, puis agrégé en médecine à la Faculté, puis enfin professeur de clinique chirurgicale après une brillante série de concours[4].

Carrière

La Leçon d’anatomie de Velpeau à la Charité par Augustin Feyen-Perrin, 1864.

En 1830, il fut nommé chirurgien de la Pitié et, en 1835, professeur de clinique chirurgicale[2]. Exerçant comme chirurgien dans plusieurs hôpitaux parisiens, il occupa la chaire de chirurgie clinique à la Faculté de médecine de Paris de 1833 à 1867.

Il fut élu membre de l’Académie de médecine en 1832 et de l’Académie des sciences en 1843, en remplacement de Dominique-Jean Larrey. En 1860, il présenta les travaux de James Braid sur l'hypnose à l’Académie des sciences[6].

Vie personnelle

Velpeau avait la main droite mutilée, par suite d’un accident, s’étant, au début de sa carrière, fait au doigt une piqûre en disséquant, une « piqûre anatomique », dont il a failli mourir, mais il fut quitte pour une incurable rigidité de l’index. Privé de l’index de la main agissante, il opérait néanmoins, avec les quatre doigts qui lui restaient.

Quant à son caractère, de prime abord dur, brutal, il devenait, peu à peu, d’une bonté parfaite[7]. Un de ses anciens élèves le décrit, dans le Figaro, comme « un vieillard de petite taille, sec, vert et très vif encore. Il marchait à petits pas dans une attitude raide, comme s’il avait la colonne vertébrale, ankylosée »[8].

À l’âge de 72 ans, alors qu’il était encore complètement immergé dans son travail, ne voyant sa femme, sa fille et ses petits-enfants dans sa maison de campagne d’Antony que le weekend, il a attrapé la grippe mais refusé de diminuer ses activités. Il en est mort quelques jours après avoir effectué sa dernière opération[9],[10]. À l’issue d’obsèques à l’église Saint-Thomas-d’Aquin, il a été inhumé au cimetière du Montparnasse[11],[12]. Il avait été promu, le , commandeur de la Légion d’honneur[13].

Travaux

Caricature de Velpeau par Carjat.

En , il déclara à l’Académie des sciences que l’on guérit le plus souvent du choléra malgré des remèdes à la prétendue efficacité et des traitements sans valeur administrés, déclaration qui émut le public[2],[14].

Il a donné son nom à un pansement, la bande Velpeau. Il est également connu pour avoir tenté une expérience controversée sur la mémoire : il a demandé au docteur condamné à mort, Désiré Couty de la Pommerais, médecin ayant empoisonné ses patientes pour toucher leur assurance-vie, de lui faire un triple clin d’œil une fois que sa tête serait coupée[15],[16]. La parole de Velpeau, comme professeur, était claire, abondante, facile ; c’était le professeur classique par excellence. Outre ses ouvrages, on lui doit un grand nombre de Mémoires insérés dans les Bulletins de l’Académie de médecine et de Communications faites à cette société sur les altérations du sang, le cancer, les hémorragies, la résorption purulente, sur le Traitement du docteur Vriès, 1859, etc. qui attestent la sûreté et la variété de ses connaissances physiologiques et médicales. Il a eu Simon Noël Dupré et Antonin Jean Desormeaux[17] pour élèves.

Publications

Velpeau est l’auteur de nombreuses publications sur la chirurgie, l’embryologie, l’anatomie et l’obstétrique, parmi lesquelles un Traité élémentaire de l’art des accouchements paru en 1830. Ses trois ouvrages les plus importants sont, sans contredit, son Traité d’anatomie chirurgicale, son Traité de médecine opératoire, et surtout son Traité des maladies du sein où se rencontrent les qualités qui le caractérisent véritablement comme écrivain. Il fut, avec Roux, un des défenseurs les plus résolus et les plus convaincus du chloroforme, dès que celui-ci fit son apparition[18].

Postérité

  • La maison de maître qu’il avait achetée, en 1860, à Antony, a été baptisée, depuis, « propriété Velpeau ». La rue Velpeau à Antony porte son nom ainsi qu’une école primaire et l’hôpital dans cette même rue. Le quartier de Tours « La Fuye-Velpeau » porte également son nom.
  • Une légende tenace veut que, à la suite du refus par Alfred Velpeau, au Café de l'Univers et en 1845, d'un plat de pommes de terre frites coupées en tranches contrairement à son habitude, le cuisinier de l'établissement les aurait recuites créant ainsi les pommes de terre soufflées. Ces pommes soufflées auraient été servies au docteur Piédagnel et ses convives, M. Turgan son interne et M. Troncin du Mersan un de ses externes[19].

Distinctions

Notes et références

Publications

Pour approfondir

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