Banquo

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OrigineÉcosse
EspèceHumaine
ActivitéThegn
Banquo
Personnage de fiction apparaissant dans
Macbeth.

Théodore Chassériau, Le Fantôme de Banquo, 1855.
Théodore Chassériau, Le Fantôme de Banquo, 1855.

Origine Écosse
Sexe Masculin
Espèce Humaine
Activité Thegn
Famille Fleance (fils), Jacques Ier (descendant)

Créé par Shakespeare

Banquo, thegn de Lochaber, est un personnage de la tragédie Macbeth de William Shakespeare, dont la publication est estimée aux environs de 1606. Dans la pièce, il est d'abord un allié de Macbeth, étant tous deux généraux de l'armée du roi, avec lequel ils rencontrent les Trois Sorcières. Après avoir prédit à Macbeth qu'il deviendrait roi, elles prédisent à Banquo qu'il ne deviendra pas roi, mais que ses descendants le seront. Macbeth, dans sa quête pour le pouvoir, voit Banquo comme une menace et le fait assassiner : son fils, Fleance (en), s'échappe. Le fantôme de Banquo revient plus tard dans la pièce, hantant Macbeth pendant un banquet.

Shakespeare a emprunté le personnage de Banquo aux Chroniques d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande publiées par Raphael Holinshed en 1587, dans lesquelles il est plutôt un complice de Macbeth dans l'assassinat du roi et sa montée au trône plutôt qu'un sujet royal que Macbeth voit comme une menace. Shakespeare a peut-être modifié cet aspect du personnage pour convenir aux attentes de la pièce par Jacques Ier, considéré à l'époque comme un descendant du véritable Banquo. Les critiques interprètent souvent le rôle de Banquo comme un faire-valoir de Macbeth, résistant au mal tandis que le personnage principal y succombe. Cependant, ses desseins sont inconnus, et certains critiques se questionnent sur son innocence. En effet, il n'agit en rien dans l'accusation de meurtre de Macbeth, même avec des raisons de croire que Macbeth est coupable.

Pour écrire Macbeth, Shakespeare s'inspire, comme dans beaucoup de ses pièces, des Chroniques d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande de Raphael Holinshed[1]. Ce dernier représente Banquo comme une figure historique, complice de Mac Bethad mac Findlaích (Macbeth) afin que celui-ci tue Donnchad mac Crinan (Duncan Ier) et qu'il accède au trône à la place de Máel Coluim mac Donnchada (Malcolm III)[2]. En revanche, Holinshed utilisa un autre ouvrage pour composer ses Chroniques, intitulé Historia Gentis Scotorum (Histoire du peuple écossais) publié par Hector Boece en 1527. Cet ouvrage de Hector Boece est la première mention de Banquo et de son fils Fleance ; mais beaucoup d'experts les considèrent comme des personnages de fiction. À l'époque de Shakespeare, cependant, ils sont reconnus comme des figures historiques de mérite, et le roi Jacques Ier clama le trône en se nommant descendant de Banquo[3]. La maison Stuart descend de Walter fitz Alan, le soi-disant petit-fils de Fleance, quand en réalité, il était le descendant de Alan fitz Flaad, un chevalier breton[4].

Contrairement à ses sources, Shakespeare ne fait pas de Banquo un complice dans le meurtre du roi, en faisant un acte commis seulement par Macbeth et sa femme Lady Macbeth. Les raisons expliquant ce changement de caractère de personnage par Shakespeare sont inconnues, même si les experts ont plusieurs hypothèses plausibles. La plus communément acceptée est le risque qu'aurait pris Shakespeare en représentant l'ancêtre du roi comme un meurtrier et un conspirateur dans le meurtre d'un roi digne, et le désir du dramaturge de convenir à un puissant mécène. Toutefois, il est possible que Shakespeare ait altéré le personnage de Banquo seulement parce qu'il n'y avait aucun besoin dramatique d'en faire un complice, mais plutôt un besoin de créer un contraste avec Macbeth, un rôle que de nombreux experts attribuent à Banquo. De même, Jean de Schelandre représente Banquo en 1611 dans La Stuartide comme un homme noble et honorable, probablement pour les mêmes raisons que Shakespeare[5].

Le rôle de Banquo dans le coup monté suivant le meurtre est compliqué à expliquer. La loyauté de Banquo envers Macbeth plutôt qu'envers Malcolm, en faisant un complice passif : en effet, Malcolm, en tant que prince de Cumberland, est le digne héritier du trône et Macbeth est un usurpateur. Daniel Amneus explique que la version de Macbeth que l'on connaît aujourd'hui est une réécriture d'une esquisse dans laquelle Macbeth n'est pas seulement fait thegn de Cawdor mais reçoit également les « plus grands honneurs »[6] de devenir prince de Cumberland, et donc digne héritier du trône d'Écosse. Le silence de Banquo est donc peut-être une ruine de cette ancienne pièce dans laquelle Macbeth était héritier de Duncan[7],[8].

Histoire

Le personnage de Banquo apparaît dans un tiers des scènes de la pièce, que ce soit sous forme humaine ou fantomatique. Bien qu'il soit essentiel à l'histoire, il a beaucoup moins de répliques que certains personnages plus insignifiants comme Rosse, un noble Écossais survivant à la fin de la pièce. Dans la scène 2 de l'acte I, un soldat blessé narre la manière dont Macbeth, thegn de Glamis, et Banquo, thegn de Lochaber, ont résisté aux envahisseurs en combattant ensemble. Dans la scène suivante, Banquo et Macbeth, revenant de guerre, rencontrent les Trois Sorcières, qui prédisent à Macbeth qu'il deviendra thegn de Cawdor et ensuite roi. Banquo, sceptique quant aux pouvoirs divinatoires des sorcières, les met au défi de prévoir son futur. Elles lui prédisent alors qu'il ne prendra jamais le trône, mais qu'il engendrera une lignée de rois. Banquo reste sceptique après cette rencontre, se demandant si des forces maléfiques peuvent dire la vérité. Il prévient Macbeth en disant que les forces maléfiques offrent aux hommes un petit espoir pour les attraper dans un piège mortel : « Et, souvent, pour nous attirer à notre perte, les ministres des ténèbres nous disent la vérité : ils nous amorcent par des bagatelles permises, pour nous précipiter ensuite dans les conséquences les plus funestes. »[6]

Quand Macbeth tue le roi et prend sa place sur le trône, Banquo  la seule personne au courant de leur rencontre avec les sorcières  réserve son jugement pour Dieu. Il ne sait pas si Macbeth a eu recours au régicide pour prendre le trône, mais exprime ses doutes dans un soliloque : « J'ai peur que tu n'aies joué pour cela un bien vilain jeu. »[9] Il offre son respect au nouveau roi et jure loyauté[10]. Plus tard, inquiet que les descendants de Banquo règnent sur l'Écosse à la place des siens, Macbeth envoie des assassins pour tuer Banquo et son fils Fleance. Pendant la mêlée, Banquo distrait les assassins afin que Fleance puisse s'échapper, puis est assassiné[11]. Le fantôme de Banquo revient plus tard dans la scène 4 de l'acte III pour hanter Macbeth durant un banquet. Macbeth est terrifié par cette hallucination, mais les autres convives n'aperçoivent pas le fantôme. Il apparaît de nouveau à Macbeth pendant une vision créée par les Trois Sorcières, dans laquelle Macbeth voit une longue lignée de rois descendant de Banquo[12].

Analyse

Postérité

Notes et références

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