Bao Fang (chinois: 鲍防;chinois traditionnel: 鮑防;pinyin: Bào Fáng;Wade: Pao4 Fang2) (722-790), également connu sous le prénom de courtoisie de Zishen (子慎), est un fonctionnaire, un homme politique et un poète chinois de la dynastie Tang. Originaire du comté de Xiangyang, dans la province de Xiangzhou (actuellement Xiangyang, Hubei), sous le règne de l’empereur Daizong, il gravit lentement les échelons pour devenir, entre autres, gouverneur militaire de Hedong, préfet de Taiyuan et inspecteur général Il meurt à Luoyang en 790.
Bao Fang perd son père lorsqu’il est jeune et grandit dans la pauvreté. Il se fixe l’objectif d’apprendre et il est particulièrement doué pour écrire des poèmes et des essais[1]. Il passe les examens impériaux et obtient le titre académique de jinshi en 753. Il est alors nommé à la fonction correcteur principal du Prince Héritier[2]. Il occupe divers postes, notamment celui de fonctionnaire sous le commissaire impérial d’observation de l’est du Zhejiang Xue Jianxun, puis transféré du poste de censeur adjoint au Palais qu’il occupe à celui de poste d’officier du ministère des Affaires locales en 770 avant de devenir censeur en chef[1],[2]. Ensuite, il est nommé gouverneur militaire de Hedong, commissaire impérial d’observation du Fujian et du Jiangxi et enfin commissaire impérial d’observation[3] avant d’être de nouveau convoqué à la cour et nommé conseiller impérial de gauche.
Xue Jianxun devient le commandant militaire de Taiyuan, mais il tombe malade, et l’empereur Daizong nomme Bao Fang vice-préfet de Taiyuan et gouverneur militaire de la région[4]. Pendant son mandat à Taiyuan, sa gouvernance est remarquable, et Daizong émet un décret pour faire peindre son portrait et le placer dans un autre palais. Bao Fang est loué pour avoir permis une discussion franche sur les affaires politiques[4]. Puis, l’empereur le renvoie dans ses fonctions. Plus tard, Bao Fang suit l’empereur Dezong à Fengtian, et il est promu au poste de vice-ministre du Bureau des Rites et titré duc du comté de Donghai[3],[1].
Quand Dou Can devient officiellement chancelier en 789, Bao Fang occupe le poste de préfet de Jingzhao où il se fait remarquer pour sa bonne gouvernance[1]. Dou Can le pousse à démissionner et à accepter le poste de ministre des Travaux publics avant de prendre sa retraite[4],[5].
En 790, le , Bao Fang meurt dans sa résidence privée à Luoyang, à l’âge de 68 ans[note 1] n’étant pas parvenu à réaliser ses ambitions.
Un décret impérial lui confère le titre posthume de Conseiller du prince héritier et lui octroie le nom posthume de Xuan +sohu Il est enterré dans les plaines méridionales du mont Beimang, au nord de Luoyang. Il est considéré comme l’ancêtre de la lignée Bao de Jinjiang, dans la province du Fujian[5].
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Bao Fang au cours de sa vie est ami avec le secrétaire du bureau central Xie Liangbi, et ils étaient souvent appelés « Bao Xie » à leur époque[4],[5]. En 785, Bao Fang préside l’examen impérial pour sélectionner les personnes vertueuses et compétentes, et admet des figures distinguées telles que Mu Zhi, Pei Fu, Liu Gongchuo, Gui Deng, Cui Bin, Wei Chun, Wei Hongjian, Xiong Zhiyi et d’autres. Les gens louent Bao Fang pour sa capacité à reconnaître les talents[4],[1].
En tant que fonctionnaire et poète, son réseau de relations humaines se manifeste principalement dans deux aspects: sa large interaction et ses échanges littéraires avec les lettrés de son époque, ainsi que sa capacité à reconnaître les talents et à promouvoir les jeunes dans sa carrière officielle[1].
Poésie et prose
Bao Fang excelle dans l’écriture, et particulièrement dans la poésie et la création littéraire. Sa poésie présente divers styles, y compris des descriptions de paysages naturels et des réflexions profondes sur la nature humaine, reflétant sa compréhension unique de la vie[6]. Elle est souvent inspirée par ses émotions et par ses sentiments. Bao Fang se distingue principalement par sa critique des maux de son époque et sa réflexion sur la réalité sociale, ce qui lui vaut une grande réputation à l’époque[4].
L’ouvrage Biographies des talents de la dynastie Tang, volume 3, dit[7]:
«Bao Fang excelle en poésie, ses pensées sont profondes et suffisantes, son ton est rigide et bien équilibré. Dès qu’il ressent une émotion, il compose des poèmes pour critiquer les maux de la société et il incarne la véritable voix du pays.[note 2]»
Pendant les années de l’ère Dali (766-779), lorsqu’il est fonctionnaire à l’est du Zhejiang, Bao Fang devient le centre des activités littéraires locales, et de nombreux lettrés de Jiangnan viennent chercher son soutien. Il organise fréquemment des activités littéraires en collaboration avec une dizaine de personnes, telles que Yan Wei, Qiu Dan, Lü Wei et Xie Liangfu. Il regroupe les écrits dans le Recueil des Chansons de l’est du Zhejiang sous l’ère Dali (大历年浙东联唱集).
À travers sa réflexion sur la nature, les sentiments humains et la vie, les poèmes de Bao Fang reflètent la vision spirituelle des lettrés de la dynastie Tang[6].
Oeuvres
全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang): cette anthologie comprend huit poèmes de Bao Fang[8]vol. 307.
Bao Fang a rédigé la Stèle funéraire de Xue Jianxun de la dynastie Tang au moment où il est préfet adjoint de Taiyuan.
Poème
Souvenir, à la fin de l’automne, de la nuit de la mi-automne passée à contempler la lune avec l’officier Wang Fan ; attristé par notre éloignement, je lui dédie ce poème (秋暮憶中秋夜與王璠侍禦賞月,因愴遠離聊以奉寄)
Chinois
前月月明夜,
美人同遠光。
清塵一以間,
今夕坐相忘。
風落芙蓉露,
疑餘繡被香。
Traduction libre
Lors de la nuit claire de la lune du mois passé,
Avec toi, nous partagions sa lointaine lumière.
La poussière du monde nous a désormais séparés,
Et ce soir, assis seul, je tente d’oublier ce souvenir.
Le vent fait tomber la rosée des lotus,
Je crois sentir encore le parfum de la couette brodée.
Notes et références
Notes
↑Plusieurs sources parlent de 69 ans, mais le calcul mathématique donne plutôt 68 ans.
↑traduction libre de: «防工于诗,兴思优足,风调严整,凡有感发,以讥切世弊,正国音之宗派也.»