Barbara Skelton

écrivaine britannique From Wikipedia, the free encyclopedia

Barbara Olive Skelton, à Taplow et morte dans le Worcestershire, est une personnalité littéraire et mondaine anglaise, connue pour son activité d’autobiographe et de romancière.

Naissance
Décès
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Nationalité
Britannique
Activité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Barbara Skelton
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Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Britannique
Activité
Conjoints
Cyril Connolly (à partir de )
George Weidenfeld (à partir de )
Derek Jackson (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Edith Maud Skelton naît le à The Croft, Ellington Road, à Taplow dans le Buckinghamshire. Elle est l’aînée des deux filles d’Eric George Skelton, ancien major du régiment des Indes occidentales, et d’Ada Eveline Skelton, née Williams. Son père, contraint de quitter l’armée pour des raisons médicales à un âge précoce, appartient à une lignée comprenant le dramaturge Richard Brinsley Sheridan. Son oncle paternel, Dudley Skelton, est connu pour sa carrière d’officier et d’écrivain[1],[2]. Sa mère, avant son mariage, exerçait comme danseuse professionnelle au théâtre Gaiety de Londres. Une sœur cadette, Brenda, naît en 1922[3]. Une partie de son enfance se déroule en Inde britannique, où sa famille réside temporairement. Son comportement, décrit comme turbulent, donne lieu à des incidents notables : dans un accès de violence juvénile, elle brandit un couteau de cuisine contre sa mère ; plus tard, son indiscipline conduit à son exclusion d’un pensionnat religieux[4]. À l’adolescence, elle entretient une liaison avec un ami de son père, relation qui s’achève par une interruption volontaire de grossesse[5].

Maîtresse royale

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle intègre, sur recrutement du diplomate Donald Maclean, les services du ministère des Affaires étrangères en qualité de cryptanalyste, sans que lui soit connue la qualité d’agent soviétique de ce dernier[6]. Dès 1942, une affectation la conduit à l’ambassade britannique du Caire. C’est dans l’établissement connu sous le nom d’Auberge des Pyramides qu’a lieu sa première rencontre avec le roi Farouk, lequel se distingue alors en projetant des boulettes de pain sur les clients[6]. En , elle succède à Irene Guinle dans le rôle de favorite officielle du souverain[6].

Barbara Skelton dépeint le monarque Farouk d'Égypte sous les traits d'un philistin accompli, alliant une puérilité intrinsèque à une aménité constante[7]. Bien qu’elle récuse toute envergure étatique à ce souverain qu’elle juge dépourvu de gravitas, elle souligne la facétie de son caractère, laquelle rompt la monotonie des cercles militaires britanniques stationnés au Caire[8]. En 1945, l'ambassadeur Miles Lampson, redoutant une accointance préjudiciable à la sûreté de l'État, suspecte Skelton de subsidier le roi en renseignements confidentiels. Cette suspicion motive son éviction diplomatique vers Athènes[9]. Skelton infirme ces allégations de connivence politique, arguant du désintérêt souverain pour les affaires du monde ; elle affirme que les préoccupations du monarque se limitent à ses villérités vestimentaires et à l'acquisition de soieries londoniennes[7]. Toutefois, l'urbanité du roi se dément lors du départ de Skelton : après l'avoir incitée à contracter des dettes astronomiques auprès de maisons de couture sous promesse de libéralité, il fait preuve d'une parcimonie confinant à la lésine la plus abjecte en refusant d'honorer les factures[9].

Après cette période, son parcours géographique la conduit successivement en Yougoslavie, en Égypte, aux États‑Unis, à Cuba, puis de nouveau en Angleterre. Elle s’établit par la suite pour une longue durée en France, avant de regagner définitivement le territoire britannique, où elle s’éteint en 1996.

Écrits

La production littéraire de l'auteur se compose d'un ensemble de nouvelles intitulé Born Losers (1966), de deux romans, A Young Girl's Touch (1956) et A Love Match (1969), ainsi que d'une œuvre autobiographique en deux volumes, Tears Before Bedtime (1987) et Weep No More (1989).

Vie personnelle

Barbara Skelton se marie en 1950 avec le critique littéraire Cyril Connolly en 1950, mariage qui prend fin 1956. À l’époque de leurs fiançailles, le roi Farouk Ier organise, avec un retentissement médiatique considérable en Europe, un voyage d’agrément sur le continent présenté comme son « enterrement de vie de garçon » ; il convie Skelton à se joindre à sa suite[10]. Connolly, selon les propres souvenirs ultérieurs de l’intéressée, l’incite alors à accepter cette invitation, estimant qu’elle pourrait ainsi obtenir du monarque des subsides pour financer leur futur voyage de noces. « Il ignorait tout, confie-t-elle, de l’avarice notoire de ce roi[10]. »

Bien qu'il ait encouragé sa fiancée à partir avec Farouk, Connolly fut rongé par la jalousie et commença à harceler la famille royale. Skelton se souvient : « Cyril s'est avéré être plus jaloux que je ne l'avais imaginé. »[11]. En dépit d'une fortune estimée à 140 000 000 de dollars américains — soit une valorisation contemporaine d'environ un milliard de dollars —, le monarque se rend coupable de soustractions frauduleuses au préjudice de la jeune femme. Farouk s'approprie notamment des anneaux de prix sous le fallacieux prétexte d’une expertise, pièces vraisemblablement enchâssées ultérieurement, selon le témoignage de la victime, dans les parements de la robe nuptiale de Narriman Sadek. Au terme de la villégiature à Biarritz, la cour prend la direction de Cannes tandis que Skelton et Connolly gagnent la Dordogne. Cette retraite offre à l’intéressée un dérobement salvateur à la vigilance de la presse, laquelle l’avait alors érigée en figure énigmatique du sillage royal[12].

Elle se marie avec l'éditeur George Weidenfeld en 1956, à la suite de leur rencontre lors de l'acceptation du manuscrit A Young Girl’s Touch[4]. Ils divorcent en 1961. Le divorce était très difficile à obtenir en Grande-Bretagne jusqu'en 1967, et il fallait prouver l'adultère de manière irréfutable devant les tribunaux pour l'obtenir. En 1956, son mariage avec Connolly prit fin lorsque des preuves de son adultère avec Weidenfeld furent présentées au tribunal, et en 1961, son mariage avec Weidenfeld prit fin à nouveau lorsque des preuves de son adultère avec Connolly furent présentées au tribunal[4].

Son dernier mariage, en 1966 avec le physicien Derek Jackson, est de courte durée. La pension alimentaire qu'elle obtient lui permet de vivre à Paris dans un confort relatif[4]. Dans les années qui suivent, elle entretient plusieurs liaisons sentimentales, dont celles avec les personnalités Peter Quennell, Feliks Topolski, Charles Addams, Bernard Frank, John Sutro et Alan Ross[8].

Le romancier britannique Anthony Powell puise dans le caractère et le parcours de Barbara Skelton pour forger le personnage de fiction de Pamela Flitton, lequel apparaît dans son cycle romanesque A Dance to the Music of Time[1]. Par ailleurs, Powell consacre à l’auteur un essai critique, publié ultérieurement au sein de son recueil d’études littéraires intitulé Miscellaneous Verdicts[2].

Mort

Elle meurt dans le Worcestershire, à l'âge de 79 ans, des suites d'une tumeur cérébrale.

Références

Annexes

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