Barthélemy Adoukonou

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Barthélemy Adoukonou, né le à Abomey (colonie du Dahomey, Afrique-Occidentale française) et mort le à Cotonou (Bénin), est un évêque catholique béninois, secrétaire du Conseil pontifical pour la culture de 2009 à 2017.

Éducation

Descendant d'une famille royale d'Abomey, Barthélemy Adoukonou est né à Abomey le [1] et il a été ordonné prêtre en 1966[2].

De 1971 à 1977, il a étudié la sociologie religieuse à Paris, puis il a poursuivi ses études de théologie à Ratisbonne, où il a obtenu un doctorat. De 1984 à 1988, il a préparé son doctorat d'État en sociologie à l' université Paris-Descartes[3] à Paris.

Carrière en Afrique

Il a été successivement professeur au petit séminaire Sainte-Jeanne d'Arc de Ouidah (1967-1968) ; aumônier et professeur au collège P. Aupiais de Cotonou (1968- 1970) ; vicaire de la paroisse Saint-François d'Assise de Bohicon, à Abomey (1970-1971).

De 1977 à 1984, il a été recteur du petit séminaire Saint-Paul de Djimé, à Abomey ; puis professeur missionnaire à l'université catholique de l'Afrique de l'Ouest, à Abidjan ; professeur de méthodologie de recherche en sciences humaines et sociales à l'université d'État d'Abomey-Calavi et au Grand séminaire Saint-Gall de Ouidah.

De 1988 à 1999 il a été recteur du séminaire propédeutique du Bénin, à Missérété (Porto Novo). Il a été membre de la commission théologique internationale.

Il est secrétaire général de la Conférence épiscopale régionale de l'Afrique de l'Ouest francophone (CERAO), et de l'Association épiscopale des conférences anglophones de l'Afrique de l'Ouest (Association of Episcopal Conferences of Anglophone West Africa, AECAWA)[4].

Carrière au sein de la Curie romaine

Il prend la succession du français Bernard Ardura également consulteur de la Congrégation pour les causes des saints et particulièrement chargé de la postulation pour la cause de canonisation de plusieurs figures du catholicisme français comme Robert Schuman (1886-1963) ou Claire de Castelbajac (1953-1975).

Barthélémy Adoukonou est également consulteur du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens et a été membre de la Commission théologique internationale.

Il a été nommé secrétaire du Conseil pontifical pour la culture le , premier Africain à ce poste[1], nommé évêque titulaire de Zama Mineure (de) le et sacré le suivant par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État du Vatican, dans la basilique de Saint Pierre.

Mort

Barthélemy Adoukonou meurt le à Cotonou à l'âge de 83 ans[5].

Défense de la négritude au sein de l'Église catholique

Barthélemy Adoukonou est un fervent défenseur de la place de l'Afrique au sein de l'Église catholique. Il est le fondateur du Sillon Noir, un mouvement de réflexion sur l’inculturation qui s’appuie sur les « intellectuels communautaires ». En 1970, il affirme sa volonté de collaborer à l’inculturation en découvrant la nécessité de récupérer tout ce qu’il y a de saint dans les cultures africaines y compris dans le vodun. D’abord incompris, il parvint à se rallier des sages et des professeurs d’université autour de ses ambitions d’inculturation, notamment grâce à la traduction de la première semaine des Exercices Spirituels de Saint Ignace de Loyola en langue locale, le « fon », pour les chrétiens. Il défend l'idée selon laquelle la théologie africaine doit émaner de son anthropologie.

Sa nomination, la cinquième nomination d'un Africain à la Curie romaine par le pape Benoît XVI[6], illustre le désir du pape Benoit XVI exprimé par le cardinal Bertone lors d'un Synode sur l'Afrique en 2009 d'une meilleure représentation de l'Afrique au sein de l'Église catholique. Dans un entretien accordé à Gianluca Buccini et publié dans l'Osservatore Romano le , Adoukonou affirme:

« L'homme noir, comme tout autre, est capable de l'Évangile parce qu'il a en lui cette expression du dynamisme de la nature nommée culture dans le sens le plus profond. Avec ma nomination, un pas en avant a été fait dans la reconnaissance de la théologie africaine comme expression de la foi qui se fait culture. »

Proximité avec Benoit XVI

Dans les années 1970, Barthélémy Adoukonou fut doctorant, à l'université de Ratisbonne, du professeur Joseph Ratzinger, le futur Pape Benoît XVI. Il décrit celui-ci comme un "théologien brillant, qui ne lisait pas la leçon qu'il avait préparée, de son bureau, mais qui paraissait la lire dans le ciel. Il avait une vision panoramique historique et synthétique profonde comme il sied à un Allemand et aussi claire, propre à un Latin. Le christocentrisme de sa pensée m'enchantait".

Il a également travaillé à la Commission théologique internationale avec le futur pape Benoit XVI.

Barthélemy Adoukonou a été nommé évêque par le pape Benoit XVI en . Il a été ordonné le . La célébration est présidée par le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État du pape Benoit XVI en la basilique Saint Pierre à Rome, avec comme coconsécrateurs le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture et Giuseppe Bertello, président de la Commission pontificale pour l'État de la Cité du Vatican et président du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican[2].

Publications

Références

Liens externes

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