Baruch Kimmerling
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Baruch Kimmerling (né le à Turda en Roumanie et mort le en Israël) est un sociologue israélien, associé au mouvement des « nouveaux historiens », un groupe d'érudits israéliens qui remettent en question le récit officiel de la création israélienne.
Baruch Kimmerling est né à Turda en Roumanie. Sa famille a échappé à la Shoah, parce que sa ville ne se trouvait pas après les arbitrages de Vienne sous le contrôle de la Hongrie, mais resta sous la souveraineté roumaine. En été 1944, pendant les combats entre les armées roumaines et soviétiques contre les Allemands et les Hongrois, la famille Kimmerling a trouvé un asile temporaire dans une caravane de gitans, après avoir entendu des rumeurs de déportation de Juifs de Roumanie[1]. La famille émigre en Israël en 1952 et s'installe dans des camps pour immigrants à Sha'ar Ha'aliya, puis à Gan Yavne et Ness Tziona, avant de s'installer dans les faubourgs de Netanya[2].
En dépit d'un handicap qui provoque chez lui des troubles moteurs et du langage, Baruch Kimmerling obtient en 1963 son diplôme en sociologie de l'Université hébraïque de Jérusalem, puis en 1973 son doctorat[1]. Il obtient la reconnaissance du monde académique pour ses travaux de sociologie historique, en particulier pour ses analyses relatives aux implantations juives en termes de colonialisme[3]. Il obtient une chaire à l'université de Toronto au Canada, tient de nombreuses conférences et publie de nombreux livres et articles[1].
En , il épouse Diana Aidan, une immigrante italienne née en Libye qui avait déménagé de Naples en Israël en 1967, et est doctorante sous la direction du professeur Yeshayahu Leibowitz. Elle abandonne sa carrière professionnelle pour devenir femme au foyer. Le couple a trois enfants[2].
Kimmerling est un porte-parole des opposants à la politique israélienne, notamment dans le cadre du conflit israélo-palestinien[4]. Il est classé parmi les Nouveaux Historiens mais a insisté sur le fait qu'il était un patriote sioniste et qu'il plaçait ses idéaux dans un État laïc et qu'il soutenait la diversité des cultures au sein d'Israël[2]. Au contraire de certains de ses collègues, il s'oppose publiquement au boycott des universités israéliennes[5].
Kimmerling meurt à 67 ans après une longue bataille contre le cancer. Il est enterré dans le cimetière laïc du kibboutz Mishmarot[2].