De style roman, la construction primitive remonte au XIIesiècle. L’édifice a été remanié à plusieurs reprises aux, XVIIeXVIIIeetXIXesiècles. Il présente aujourd’hui trois nefs de quatre travées, avec des bas-côtés voûtés d’arêtes sur trois travées[1].
La basilique et le jardin de la Vierge sont inscrits au titre des Monuments historiques par arrêté du [2].
Historique
Nicolas de La Jugie (1315-1376), seigneur de La Livinière, aurait fait édifier la basilique afin d’y abriter une statue de la Vierge du Spasme, rapportée de Jérusalem[3]. Cette statue représente la Vierge les genoux fléchis, dans une attitude de profonde douleur, selon la tradition où Marie, saisie de désolation, voit son fils sortir du prétoire, ployant sous le poids de la croix, la tête couronnée d’épines et le visage couvert de crachats[3]. Le sanctuaire est ainsi considéré comme la «petite sœur» de l'Église Notre-Dame du Spasme de Jérusalem. La statue originale a été volée en 1960; celle visible aujourd’hui est une copie.
Le père de Nicolas, Jacques de La Jugie, nourrissait une grande dévotion envers la Vierge Marie[4]. Son blason figurait dans la chapelle Notre-Dame de la Serre de Pépieux, où il avait coutume de se recueillir. Dans son ouvrage publié en 1944, le chanoine Joseph Cunnac, supérieur du Petit Séminaire de Carcassonne, s’interrogeait même sur la possibilité que cette chapelle lui ait appartenu.
En 1747, le curé Michel Segonne rédige un Mémoire historique sur la chapelle Notre-Dame, dans lequel apparaît pour la première fois le nom de Notre-Dame des Palmes.
En 1792, pendant la Révolution française, le Directoire du département ordonne la récupération des cloches des églises et maisons religieuses non reconnues comme paroisses succursales ou oratoires nationaux. Le conseil municipal de La Livinière déclare alors la chapelle Notre-Dame comme succursale de l’église Saint-Étienne du village, refusant ainsi sa vente comme bien national. Deux ans plus tard, en 1794, une pétition circule pour demander la conservation du sanctuaire.
En 1829, la municipalité acquiert un terrain attenant à la chapelle. Les biens et revenus du sanctuaire sont alors administrés par le «Conseil de Fabrique»[5]
En 1889, l’abbé Échinier publie un Manuel du pèlerin à Notre-Dame du Spasme, dans lequel la chapelle est désignée sous les noms de Chapelle d’Espaymé et Notre-Dame de Pamoison. Il attribue le terme «Espaymé» au mot provençal Espalmat, cité par Frédéric Mistral.
Le , le pape Léon XIII autorise solennellement le couronnement de la statue de la Vierge, cérémonie confiée à Anatole de Cabrières, évêque de Montpellier. Cet acte met fin à la controverse sur la dénomination du sanctuaire: l’appellation «Notre-Dame des Palmes» posait en effet un problème d’ordre dogmatique, bien qu’elle fût enracinée dans la tradition dévotionnelle locale.
L’année suivante, en 1960, la statue d’origine est volée. Lors de travaux de rénovation du gros œuvre autour de 2023, plusieurs éléments de mobilier ont également disparu, notamment la croix de procession, une statue de la descente de croix et celle de saint Michel terrassant le dragon. Ces œuvres sont connues aujourd’hui par d’anciennes cartes postales.
En 2025, à l’occasion du Jubilé de l’Espérance,, la basilique Notre-Dame du Spasme a été désignée par Norbert Turini, évêque de Montpellier, comme l'une des dix églises jubilaires du diocèse[7].