Bassam Ayachi
notable syrien sunnite, réfugié en Europe
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Bassam Ayachi, né le à Alep[1], est un imam et prédicateur islamiste franco-syrien. Il est l'un des inspirateurs du radicalisme islamique en Belgique[2], au sein du Centre islamique belge (CIB) de Molenbeek[n 1]. Il rejoint la rébellion lors de la guerre civile syrienne et devient cadi au sein de Suqour al-Cham, puis d'Ahrar al-Cham.
Biographie
Bassam Ayachi naît au sein d'une grande famille de notables sunnites[3]. Il fuit la Syrie dans les années 1960 et s'établit en France[4]. Il épouse alors une Française, originaire de Nice, qui se convertit à l'islam[3],[4]. Par son mariage, Bassam Ayachi obtient la nationalité française[5]. Il s'installe à Aix-en-Provence et travaille comme restaurateur[3]. Dans les années 1970, il travaille pour Bouygues en Arabie saoudite[4]. Il est cependant un temps emprisonné en raison de ses relations avec certains djihadistes responsables de l'attaque de la Grande Mosquée de La Mecque en 1979[4]. Il regagne ensuite la France, puis en 1996, après la faillite frauduleuse de son restaurant[1], il s'établit avec sa famille en Belgique, à Molenbeek-Saint-Jean[6],[4],[3]. Il fonde dans ce faubourg de Bruxelles le Centre islamique belge[3].
Après les attentats du 11 septembre 2001, Bassam Ayachi attire l'attention des services antiterroristes belges[3]. Le Centre islamique belge est considéré comme un haut-lieu du fondamentalisme religieux[1],[7]. Bassam Ayachi y a notamment marié religieusement Malika El Aroud et Abdessatar Dahmane, le kamikaze tunisien affilié à al-Qaïda responsable de la mort du commandant Ahmed Chah Massoud[8],[3]. Il est alors soupçonné d’avoir incité de jeunes Belges à combattre en Irak et en Afghanistan[3]. Le Centre islamique belge est dissout en 2012 sur décision de justice[8],[5]. Cependant Bassam Ayachi clame à de nombreuses reprises son hostilité aux attentats perpétrés en Occident[3].
Le , il est arrêté à Bari, en Italie, dans un camping-car, en compagnie du Franco-Algérien Raphaël Gendron, de trois Syriens et d’un Palestinien[3]. Il est alors accusé d'avoir projeté un attentat contre l'aéroport Charles-de-Gaulle et d'être le numéro deux d'al-Qaïda en Europe[3]. Le , Bassam Ayachi est condamné à huit ans de prison, mais il est finalement acquitté le , lors du procès en appel[3],[1]. Il regagne la Belgique[1] et est indemnisé quelques mois plus tard pour détention arbitraire[7].
Au début de la guerre civile syrienne, un de ses fils, Abdelrahman Ayachi, dit Abou Hajar, rejoint le groupe rebelle islamiste Suqour al-Cham[9]. Au sein de cette formation, il combat dans la région d'Idleb et prend la tête d'une brigade de 100 à 600 hommes[9],[10]. Il est tué au combat le près du village de Sinjar, à l'est d'Idleb[11],[10]. Raphaël Gendron, proche de Bassam Ayachi, est également tué en Syrie dans les rangs de Suqour al-Cham, le [12],[13].
Après la mort de son fils, Bassam Ayachi décide à son tour de regagner la Syrie[3]. Il intègre également le groupe Suqour al-Cham, qui par la suite rallie Ahrar al-Cham[3],[14]. Il occupe alors les fonctions de juge islamique dans la région d'Idleb[3]. Il affirme en , que le tribunal islamique d'Idleb a jugé 5 000 personnes et que parmi celles-ci 4 600 ont été remises en liberté et que 20 ont été condamnées à mort, mais qu'aucune peine n'a été exécutée[8].
Le , il est grièvement blessé et perd son bras droit lors d'un attentat commis par l'État islamique[2],[3]. En , Bassam Ayachi affirme avoir été la cible d'une autre tentative d'assassinat de la part de l'État islamique, au cours de laquelle son garde du corps trouve la mort[15].
En , au cours des combats de la poche d'Idleb, Bassam Ayachi est arrêté par des hommes de Hayat Tahrir al-Cham, avant d'être libéré quelques jours plus tard[14],[16].
Vers , Bassam Ayachi se rend en Turquie afin de se procurer une prothèse de bras[17]. Mais il est arrêté par les autorités turques pour entrée illégale à la frontière, emprisonné pendant une dizaine de jours, puis expulsé vers la France[17]. Le , Bassam Ayachi est arrêté dans le nord de la France et mis en examen[3]. Il est accusé d'avoir été en relation avec un djihadiste français ayant combattu en Syrie avant d'être expulsé par la Turquie[3].
Le , Bassam Ayachi est condamné à Paris à cinq ans d'emprisonnement, dont un an ferme, pour association de malfaiteurs terroriste[18]. Ahrar al-Cham est alors considéré comme « terroriste » par la jurisprudence française, bien que n'étant pas mentionné comme tel sur les listes internationales[18]. Le tribunal conclut cependant qu'« il est indéniable que Bassam Ayachi a fourni des informations aux services belges et français », mais que « cette situation ne fait pas disparaître l’infraction. [...] La loi française ne prévoit aucune exonération pour l’informateur de police »[18]. Le tribunal déclare néanmoins avoir décidé d'en « tenir compte », relevant que le « refus de déclassification » pendant l’instruction de documents secret-défense par le ministère des Armées français « ne doit pas lui être préjudiciable » car « il ne peut être exclu qu’il a rendu de vrais services à la France »[18].
Annexe
Documentaire
- Stéphane Malterre, Au nom du père, du fils et du dihad, 2016.
Voir aussi
- Alfred de Montesquiou, Un clan au cœur du djihad, Paris Match, .
- Emmanuelle Skyvington, “Au nom du père, du fils et du djihad” : le réalisateur explique ses choix, Télérama, .