Les bassins de retenu ont pour principale fonction de réduire le risque d’inondation urbaine lors des fortes pluies (niveau de service 2 à 4 selon la doctrine définie en France par La Ville et son assainissement[4]). Dans certains cas ils sont envisagés pour réduire le risque de pollution par déversement d’eau unitaire vers le milieu naturel aquatique, mais cette fonction est controversée, de nombreuses études et expériences ayant montré leur inefficacité sur cette problématique[5]. Selon leur utilisation, ils peuvent être positionnés à différents endroits du système d’assainissement, et on peut ainsi définir plusieurs types :
Un bassin de stockage-restitution collecte les eaux de ruissellement et les restitue au réseau avec un débit régulé définit par le zonage pluvial ou par le gestionnaire du réseau d’assainissement ou de collecte des eaux pluviales. Ce débit est le plus souvent fixé à 10l/s/ha. Cependant selon la vulnérabilité au débordements du réseau par temps de pluie, ce débit peut être réduit. Bien que les premières réalisations aient été équipées d’un trop-plein non régulé, le trop-plein est aujourd’hui non recommandé, voire interdit par certains gestionnaires du réseau. Le bassin peut prendre la forme d’un stockage enterré, d’un bassin à ciel ouvert, ou d’une zone urbaine inondable. Cette dernière possibilité permet d’en assurer l’entretien de par sa fonction première de zone urbaine et est considérée comme la meilleure solution de par son coût bien inférieur et par un bien meilleur retour d’expérience[6].
Le « bassin d’orage » est un volume généralement enterré et intégré à un réseau d’assainissement, qui peut stocker des eaux pluviales comme des eaux unitaires. Sa fonction est d’écrêter les débits admis dans le réseau afin d’éviter les inondations par débordements à l’aval du réseau lors de fortes pluies.
Le bassin de stockage de réduction des pollutions du milieu naturel est un ouvrage enterré de stockage d’eau unitaire construit afin d’éviter des pollutions du milieu naturel aquatique par les déversements d’eau unitaire de temps de pluie. Il est généralement implanté au plus proche du milieu naturel qu’il est censé protéger et des déversoirs d’orage dont il intercepte les flux polluants. Il peut aussi être implanté en station d’épuration pour écrêter les pollutions par altération de la qualité des rejets lors du temps de pluie[7],[8].Cette implantation le qualifie par les rares collectivités qui en ont construit de bassin aval ou stockage aval[9],[10] pour les distinguer des autres formes de stockages décrites ci-avant situées en amont du réseau ou intégrées au réseau. Contrairement aux bassins de stockage-restitution et aux bassins d’orage, il est sollicité dès les petites pluies par la fréquence de déversements qu’elles provoquent qui, à long terme, sont ceux qui polluent le plus[11].
Le « bassin de traitement » sert à stocker des eaux pluviales, pour les laisser décanter avant un rejet au milieu naturel aquatique. Les eaux pluviales sont ainsi débarrassées d’une bonne partie des polluants dus au lessivage des surfaces urbaines et de l’atmosphère. Leur efficacité vient du fait que le principal polluant des eaux pluviales sont les matières en suspension, qui ont la capacité de capter les autres polluants[12]. La présence accidentelle d’eau usée, rend ce type de traitement complètement inefficace.
Il est parfois affirmé que toutes les fonctions qui sont assurées par les bassins de retenue, dispositifs relativement chers, seraient atteignables par les techniques alternatives de gestion des eaux pluviales pour un coût bien moindre[13],[14],[15],[16].