Bataille d'al-Mazraa

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Date 2-3 août 1925
Issue victoire druze
Bataille d'al-Mazraa
Description de cette image, également commentée ci-après
Le troupes de Sultan el-Atrache se préparant au combat, 1925
Informations générales
Date 2-3 août 1925
Lieu al-Mazraa région de Jabal al-Druze Mandat français sur la Syrie et le Liban
Issue victoire druze
Belligérants
Drapeau de la France France Armée du Levant Rebelles druzes
Commandants
Drapeau de la France Gen. Roger Michaud
Cdt. Jean Aujac (x)
Sultan el-Atrache
Forces en présence
3 500 soldats français et troupes coloniales (infanterie, cavalerie, artillerie, blindés) 500 cavaliers (+ des fantassins)
Pertes
601 morts et 428 blessés inconnues

Grande révolte syrienne

Coordonnées 32° 40′ nord, 36° 44′ est

La Bataille d'al-mazra'a (en arabe : معركة المزرعة) a été l'une des plus importantes batailles de la Grande Révolte Syrienne, pendant le Mandat français en Syrie. Elle s'est déroulée les 2 et entre les rebelles Druzes alliés aux Bédouins dirigés par le Sultan Pacha al-Atrash et les forces françaises de l'Armée du Levant, lourdement armés, près de la ville d'al-Mazraa, à environ 12 kilomètres au nord-ouest de la ville d'al-Suwayda[1].

La France prit la direction de la région sous mandat de la Société des Nations en 1920, après la victoire des alliés sur l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale. L'autorité française dans la région fut définitivement établie après la victoire contre les forces de l'émir Fayçal) au cours de la bataille de Khan Mayssaloun le . Les autorités françaises divisèrent alors le territoire syrien en zones autonomes sur la base de répartitions religieuses et tribales. Le djebel el-Druze, dans la région du Hauran, composé à 90 % de Druzes reçut donc ce statut[2]. Alors que les Druzes, contrairement aux Arabes chrétiens et aux Arabes sunnites, ne participèrent pas aux mouvements du nationalisme syrien, ils se méfièrent des règles imposées par les Français pendant les premières années du mandat. En raison de leurs conflits avec les maronites, très proches des Français avant la Première Guerre mondiale, ils se méfiaient d'éventuelles représailles[3].

Au cours des premières années, les Druzes, sous la direction de la famille al-Atrash furent satisfaits des règles imposées. Mais des désaccords survinrent concernant leurs velléités d'extension d'autonomie, les pouvoirs de la famille al-Atrash ainsi que sur les contraintes de plus en plus pesantes imposées par les autorités françaises[4]. Le conflit avec les autorités commença en avec les Druzes du Hauran quand ils choisirent de protéger le rebelle libanais Adham Khanjar, suspecté d'avoir tenté d'assassiner le haut-commissaire Henri Gouraud. Lorsque Khanjar fut interpellé à al-Qurayya, près de la résidence de Sultan el-Atrache, les guerriers druzes attaquèrent l'escorte, tuant le lieutenant Bouxin.

En 1921, en violation du traité franco-druze en vigueur, les autorités françaises avaient désigné le capitaine Carbillet comme gouverneur de Djebel el-Druze en lieu et place d'un Druze.

Les tensions avec les al-Atrash augmentèrent, particulièrement après . La volonté des autorités françaises de modifier le système d'imposition, d'imposer les règles françaises en matière de construction, de droit, de circulation exacerbèrent le ressentiment local[5].

Après l'arrestation, sur ordre du haut-commissaire, le général Maurice Sarrail, de trois cheikhs Druzes de Palmyre, le , le Sultan al-Atrash lança une révolte armée connue sous le nom de Grande Révolte Syrienne. Après avoir abattu un avion de reconnaissance français, ses troupes attaquèrent une colonne de soldats, en tuant 111 sur 174[6] au cours de la bataille d'al-Kafr le [7].

Bataille

À la suite de la défaite française à al-Kafr, le général Michaud prépara une expédition punitive à partir de son état-major de Damas contre les Druzes. Le nombre total des soldats français a été estimé à 3 500[8]. Le , les rebelles d'al-Arash détruisent les voies de chemin de fer à al-Mismiyya entre Damas et Deraa ainsi que des portions de la route pavée entre Izra' et al-Suwayda, ralentissant ainsi la progression des troupes de Michaud[8] Dans la ville d'Izra', la garnison française se composait de près de 1 000 soldats français et plus de 2 000 Syriens et soldats de l'Armée d'Afrique[7]. Cette force était composée de trois bataillons d'infanterie et demi, flanqués de trois escadrons de cavalerie et soutenus par des véhicules blindés et de l'artillerie. Le , la colonne française entama sa progression sous la chaleur estivale et entra dans la ville de Busra al-Harir, qui était alors en période de sécheresse[8].

Les Français atteignirent ensuite la ville de al-Mazraa à l'entrée du djebel el-Druze, après une marche de 25 kilomètres, le . Le terrain était essentiellement plat avec peu de végétation. Tout déplacement dans la plaine était facilement détectable depuis les pentes du djebel el-Druze et les troupes d'al-Atrash purent aisément observer la colonne entrer dans la ville[8]. La cavalerie d'al-Atrash, formée d'environ 500 cavaliers druzes et bédouins lança l'assaut sur la colonne française, lui infligeant des pertes modérées avant de se replier[8].

Par la suite, au cours des premières heures du , les hommes d'al-Arash lancèrent une deuxième attaque, sur le convoi de munitions et de logistique cette fois, l'obligeant à battre en retraite vers Izra'. Par conséquent, et en raison du climat et des conditions, le Général Michaud décidé également de se replier vers Izra'. En voyant une partie des troupes françaises se replier, al-Atrash décida de lancer ses troupes à l'assaut pour leur couper définitivement a route de Soueïda. Le commandant en second des troupes, le commandant Jean Aujac à la tête du 42e bataillon de tirailleurs malgaches protégea son repli. Son unité (2e compagnie et compagnie de mitrailleuses du 42e BTM renforcées de deux compagnies de supplétifs syriens[9],[10]) fut anéantie[8].

Les survivants de l'arrière-garde malgache s'enfuirent après le suicide de leur chef[8].

À la fin de la bataille, 1 029 soldats français, sénégalais et malgaches ainsi que leurs supplétifs syriens avaient été tués ou blessés[11], tandis que la majorité du reste des troupes avait été capturée ou avait fui[7].

Suite

Notes et références

Voir aussi

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