Bataille de Burton Bridge
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| Date | 7 - |
|---|---|
| Lieu | Burton upon Trent, Staffordshire |
| Issue | Victoire du roi d'Angleterre |
| au plus 3 000 hommes |
Batailles
| Coordonnées | 52° 48′ 24″ nord, 1° 37′ 26″ ouest | |
|---|---|---|
La bataille de Burton Bridge a opposé en les barons rebelles au roi Édouard II d'Angleterre, lors de la guerre des Despenser. L'armée d'Édouard se dirige vers le nord pour affronter son rival, le comte de Lancastre, après avoir écrasé d'autres rebelles dans les Marches galloises. Lancastre fortifie le pont de Burton upon Trent, afin de stopper l'avancée du roi. Édouard arrive dans les villages avoisinants le et essaye de prendre à revers Lancastre. Il est retardé par trois jours de pluie, durant lesquels certaines de ses forces s'opposent à celles de Lancastre.
Le , le gros de l'armée d'Édouard franchit la rivière Trent et pénètre dans Burton. Lancastre essaye d'attirer le roi en dehors de la ville mais se retire en constatant son infériorité numérique. Poursuivi par les hommes du roi, Lancastre est battu et capturé à la bataille de Boroughbridge. Il est peu après exécuté. Sa mort élimine pour un temps l'opposition des barons à Édouard II, mais le roi ne cesse d'être impopulaire, ce qui conduit à sa déposition en 1327.
Thomas de Lancastre est un ennemi de longue date d'Édouard II, notamment à cause des faveurs qu'il attribue à ses favoris (et prétendus amants) tels Pierre Gaveston, titré comte de Cornouailles et temporairement régent du royaume en 1308 pendant l'absence du roi[1]. Lancastre affiche clairement son opposition au roi lorsqu'il refuse de le soutenir lors des campagnes contre l'Écosse, ce qui aboutit à une cinglante défaite du roi à Bannockburn en 1314[1]. Les raids écossais qui se multiplient dans le nord de l'Angleterre forcent Édouard à accepter les demandes de ses barons : le roi accepte que le royaume soit gouverné avec l'aide d'un conseil dirigé par Lancastre et applique les ordonnances de 1311, imposées par les seigneurs de l'opposition[1],[2]. En 1312, Lancastre capture et fait exécuter Gaveston au château de Scarborough[1]. Le nouveau conseil des barons se révèle pourtant aussi inefficace que le roi : en 1318, la prise de Berwick scelle la fin de la présence anglaise sur le territoire écossais[1].
Édouard continue à s'aliéner les barons en s'entourant de nouveaux favoris comme Hugues le Despenser, un rival du comte de Lancastre[1]. En 1318, Lancastre rencontre l'archevêque de Dublin Alexander de Bicknor ainsi que deux autres évêques à Horninglow, près de Burton upon Trent, afin de négocier le traité de Leake, une tentative de réconciliation entre le roi et ses barons[2]. Néanmoins, cette réconciliation est de courte durée car l'ascension de Despenser menace les terres des seigneurs des Marches galloises. En 1321, Lancastre se joint à ces seigneurs et entre en rébellion ouverte contre Édouard II[1]. C'est le début de la guerre des Despenser. Édouard réagit rapidement. En , il attaque les seigneurs des Marches galloises et les défait facilement en raison de leur manque de coordination. En , il tourne son attention vers le nord, prêt à se confronter avec Lancastre[1]. Le comte se déplace de sa base, Pontefract, et se rend à Burton upon Trent afin de bloquer l'avancée du roi en verrouillant le passage de la rivière Trent[3].
Déroulement
Lancastre arrive à Burton début mars, ayant perdu l'essentiel de ses provisions en chemin à cause des inondations, et fortifie le pont qui s'y trouve. Ce pont en pierre et constitué de 36 arches mesure 471 m de long et 4,6 m de large[2],[3],[4]. Le comte envoie des hommes empêcher le roi de franchir la Trent. Deux de ses hommes sont John de Myner, maître de la forêt de Needwood, et Richard de Holland, qui détruisent les ponts de Wychnor et Hamstall Ridware. De Holland est par la suite condamné à une amende de 40 shillings par le roi pour ces destructions[5]. Robert de Holland, parent de Richard, est un grand ami (peut-être son plus proche) du comte de Lancastre et lève des troupes en son nom pour contrer l'avancée du roi dans le Cheshire[6],[7]. Pourtant, le , Holland reçoit un ordre secret du roi lui demandant de trahir Lancastre. Holland semble avoir obtempéré en rassemblant ses troupes à Ravensdale Park, dans le Derbyshire, officiellement pour rejoindre le comte[6]. Édouard arrive près de Cauldwell le , cherchant à utiliser la forteresse de Walton-on-Trent pour déborder Lancastre[2]. Walton est rendue néanmoins infranchissable en raison des fortes intempéries, ce qui oblige Édouard à patienter pendant trois longues journées[1]. Pendant ce temps, le roi ordonne d'attaquer la position fortifiée de Lancastre mais, malgré une journée de combats incessants, les forces royalistes ne parviennent pas à créer de tête de pont[8].
Entretemps, Lancastre attend toujours les renforts promis par Holland, qui campe à Dalbury Lees, à 6 miles environ au nord de Burton[9]. Holland aurait, semble-t-il, attendu le résultat de la bataille avant de s'engager aux côtés d'un des belligérants[9]. Il est possible également qu'il ait conseillé à Lancastre de se retirer de Burton[10]. Les troupes d'Édouard peuvent enfin traverser la Trent, à Walton, le et avancent vers Burton depuis le sud[2]. Lancastre, totalement dépassé par son adversaire, sort en précipitation du pont de Burton pour s'installer dans un champ en dehors de la ville[1],[2]. Une fois l'armée royale en vue, Lancastre bat en retrait, conscient de son infériorité numérique et de la passivité de Holland. Il est poursuivi par le roi[1],[2],[6]. Les affrontements qui suivent ne sont pas considérés comme une véritable bataille, bien qu'il y ait eu des pertes[11],[12]. Les pertes incluent notamment le connétable d'Alton Roger Damory, mortellement blessé au combat et qui mourra quelques jours plus tard à Tutbury[11].

