Bataille de Salta
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La bataille de Salta est un affrontement qui a eu lieu le sur la plaine de Castañares, près de la ville de Salta, au cours des guerres d'indépendance en Amérique du Sud. Les forces républicaines argentines de l'armée du Nord, dirigées par le général Manuel Belgrano, y battirent pour la deuxième fois, après leur victoire à Tucumán, les royalistes espagnols commandés par le général Pío de Tristán. Celui-ci présenta la reddition de son armée après cette bataille.
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Salta, Argentine |
| Issue | Victoire décisive des Provinces-Unies du Río de la Plata |
| Manuel Belgrano | Pío de Tristán |
| 3 000 hommes 12 canons[1] |
3 400 hommes 10 canons[1] |
| 103 morts 433 blessés[1] |
481 morts 114 blessés 2 776 prisonniers[1] |
Guerres d'indépendance en Amérique du Sud
Batailles
| Coordonnées | 24° 43′ 53″ sud, 65° 23′ 46″ ouest | |
|---|---|---|
Contexte
Belgrano avait profité de la victoire à Tucumán pour renforcer son armée. En quatre mois, il avait amélioré la discipline ainsi que l'entraînement de ses troupes et recruté suffisamment d’hommes pour en doubler le nombre. L’artillerie abandonnée par Tristán lors de la bataille précédente lui permit de combler son manque d’équipement. Début janvier, il avait entamé une lente marche vers Salta. Le 11 février, sur les rives du Juramento, l’armée avait prêté serment de loyauté à l’Assemblée de l’Année XIII qui avait entamé des sessions à Buenos Aires quelques jours auparavant, ainsi qu’au drapeau national.
Tristán, dans l’intervalle, avait pris le temps de fortifier le col de Portezuelo, le seul accès à la ville à travers les collines du sud-est, un avantage tactique qui semblait rendre impossible la prise de celle-ci, n'eût été la connaissance de la région que les nouveaux conscrits apportaient aux rebelles. Le capitaine Apolinario Saravia, un local de Salta, avait offert de guider l’armée républicaine à travers un chemin élevé qui menait à Chachapoyas, ce qui leur permettrait de rejoindre la route du nord qui allait à Jujuy, dans une zone où il n’y avait pas de fortifications similaires. Sous couvert de la pluie, l’armée rebelle avait progressé lentement à travers le terrain accidenté, entravée par la difficulté de déplacer l’équipement et l’artillerie.
Le 18 février, ils atteignaient un champ où ils purent camper, tandis que le capitaine, déguisé en wrangler indigène, guidait un train muletier chargé de bois de chauffage jusqu’à la ville, avec l’intention de reconnaître les positions prises par l’armée de Tristán. Une compagnie de volontaires dirigée par une noble locale, Martina Silva de Gurruchaga, vint soutenir Belgrano[2].
Bataille
Le 19, grâce au renseignement militaire obtenu par Saravia, l’armée marcha le matin avec l’intention d’attaquer les troupes ennemies le lendemain à l’aube. Tristán reçut des nouvelles de cette avance et plaça ses troupes pour résister : il disposa une colonne de fusiliers sur le flanc de la colline de San Bernardo, renforça son flanc gauche et plaça les 10 pièces d’artillerie qu’il avait. Le matin du 20 février, il ordonna une marche en formation, avec les fantassins au centre, une colonne de cavalerie sur chaque flanc et une forte réserve dirigée par Martín Dorrego. La première rencontre tourna à l'avantage des défenseurs car la cavalerie du flanc gauche eut des difficultés à atteindre les tireurs ennemis en raison du terrain très escarpé. Avant midi, Belgrano ordonna une attaque des réserves sur ces positions, tandis que l’artillerie utilisait des boites à mitraille sur l’ennemi. Dorrego, à la tête de la cavalerie conduisit une attaque vers la clôture qui entourait la ville. Le succès de cette tactique permit aux colonnes d’infanterie sous le commandement de Carlos Forest, Francisco Pico et José Superí de briser les lignes ennemies et d'entrer dans les rues de la ville, fermant la retraite royaliste sur le centre. Cette retraite était entravée par la même clôture que les défenseurs avaient érigée pour fortifier le village.
Enfin, ils se rassemblèrent sur la place principale, où Tristán accepta de se rendre, faisant sonner les cloches de l’église. Un envoyé négocia avec le général Belgrano pour que le lendemain, les royalistes abandonnent la ville en formation, avec les honneurs de la guerre, après avoir renoncé à leurs armes. Belgrano garantit leur intégrité et leur liberté en échange du serment de ne pas lever les armes contre les rebelles. Tristán changera plus tard de camp et se battra pour les indépendantistes en Bolivie. Les prisonniers capturés avant la reddition furent libérés plus tard en échange des hommes que Goyeneche avait capturés dans le Haut-Pérou.
Le gouverneur Feliciano Chiclana fit ériger une croix en bois sur la tombe commune où les 480 troupes royalistes et 103 soldats indépendantistes ont été enterrés avec l’inscription « A los vencedores y vencidos » (« Aux vainqueurs et aux vaincus »). Aujourd’hui, l’endroit est marqué par le monument du 20 février, conçu en pierre d’une carrière locale. Les reliefs sur les côtés ont été conçus par le célèbre sculpteur et local salteña Lola Mora.
Conséquences
Les 2 786 hommes restant avec Tristán se rendirent le lendemain, abandonnant plus de 2 000 mousquets, épées, pistolets, carabines, 10 canons et leurs fournitures. La générosité de Belgrano, qui embrassa Tristán (un ami personnel dont il avait été le camarade de classe à l’Université de Salamanque et le colocataire dans Madrid) et lui permit de garder ses symboles de commandement, causa la surprise à Buenos Aires. Mais le caractère décisif de sa victoire tarit les critiques et lui valut un prix de 40.000 pesos accordé par l’Assemblée qu'il déclina, préférant que fussent construites des écoles à Tucumán, Salta, Jujuy et Tarija.
L’armée de Belgrano continua vers le nord, pour combattre les forces de Joaquín de la Pezuela. Deux défaites majeures à Vilcapugio et Ayohuma, mirent fin à la deuxième campagne de l’Armée du Nord. Toutefois, la victoire de Salta fut suffisamment décisive pour que la Couronne ne reprît jamais pied dans le nord de l'Argentine.
Sources
- (es) Pablo Camogli et Luciano de Privitellio, Batallas por la Libertad, Aguilar, (ISBN 978-9-870-40105-6)
