Bataille de Scarpheia
From Wikipedia, the free encyclopedia
La bataille de Scarpheia est une bataille qui a eu lieu en 146 av. n. è. entre les forces de la République romaine, dirigées par le préteur Quintus Caecilius Metellus Macedonicus, et celles de la Ligue achéenne dirigée par Critolaos de Megalopolis. La bataille se conclut par une victoire romaine décisive détruisant la principale armée achéenne dès le début du conflit et permettant aux Romains de mettre rapidement fin au conflit.
À partir de 209 av. n. è., Philopœmen devient la figure politique et militaire dominante de la Ligue achéenne. Il entreprend une réforme en profondeur de l’armée fédérale, inspirée du modèle macédonien, et renforce la cohésion des cités membres. Sous sa direction, la Ligue consolide progressivement son contrôle sur le Péloponnèse, tout en cherchant à préserver une certaine autonomie face aux puissances voisines.
Vers 198 av. n. è., la Ligue se détache de la Macédoine et conclut une alliance avec la République romaine au cours de la deuxième guerre macédonienne. Ce rapprochement permet aux Achéens d’étendre leur influence : avec l’aide de Rome, ils remportent la guerre contre Nabis, roi de Sparte, en 195 av. n. è., et obtiennent le rattachement d’Argos ainsi qu’un protectorat sur plusieurs cités côtières de Laconie. Après la mort de Nabis en 192 av. n. è., Sparte est intégrée à la ligue achéenne, suivie d’Élis et de Messène, annexées à la suite de la victoire romaine sur Antiochos III. La Ligue atteint alors, vers 190 av. n. è., son apogée territoriale, regroupant presque tout le Péloponnèse à l’exception de quelques cités lacédémoniennes autonomes[1].
Malgré cette expansion, la confédération reste fragilisée par des tensions internes. Les révoltes de Sparte (189-188 av. n. è.) et de Messène (184-182 av. n. è.), au cours de laquelle Philopœmen trouve la mort, illustrent la difficulté de concilier autonomie locale et unité fédérale.
Lors de la troisième guerre macédonienne (172-168 av. n. è.), la Ligue adopte une politique de neutralité, jugée défavorablement par Rome. En 167 av. n. è., le Sénat exige la remise de mille otages, dont le futur historien Polybe, afin d’assurer la loyauté des Achéens. Cet épisode marque un tournant : la Ligue, autrefois alliée, devient un État client de Rome, dépendant politiquement et militairement. Dans les décennies suivantes, les tensions s’exacerbent autour de la question de Sparte, que la Ligue souhaite maintenir dans son giron malgré l’opposition romaine[2].
En 148 av. n. è., un aventurier Andriscos, initie une rébellion contre la tutelle romaine en Macédoine[3]. Le Sénat romain dépêche le préteur Quintus Caecilius Metellus qui remporte la seconde bataille de Pydna entraînant la transformation de la Macédoine en province romaine en 146 av. n. è. Des légions romaines sont donc déjà positionnés au nord de la Grèce continentale[4].
En 147 av. n. è., un sénatus-consulte impose aux Achéens de rendre l’indépendance à plusieurs cités, dont Sparte, Corinthe, Argos et Héraclée Trachis[4]. Des ambassadeurs romains sont arrêtés à Corinthe[5]. Le refus de la Ligue d’obtempérer et la préparation d’une mobilisation contre Sparte marquent les prémices de la guerre d’Achaïe, qui éclatera l’année suivante.
Déclenchement de la guerre d'Achaïe
Si la guerre est officiellement déclarée contre Sparte, l'affrontement direct avec la République romaine est recherchée[3]. Le stratège de la ligue, Critolaos de Mégalopolis noue une alliance avec les Béotiens et les Eubées. Cependant, au lieu de viser directement Sparte, l'armée achéenne se dirigea au nord. En effet, Critolaos est informé de la sécession d'Héraclée de Trachis, une des cités dont Rome avait exigé le détachement de la ligue. Alors que les Achéens mettent le siège devant la cité, ils apprennent la déclaration de guerre de Rome ainsi que l'arrivée des légions de Quintus Caecilius Metellus qui étaient stationnées en Macédoine.
Bataille
L'avance rapide de Metellus contraint Critolaos à lever le siège d'Héraclée de Trachis et à regrouper ses forces à proximité de la cité de Scarpheia. Les Achéens y sont rejoints par l'armée romaine. Les détails de l'affrontement et les effectifs en présence ne sont pas connus par les sources. Les forces achéennes sont défaites avec un nombre de pertes important et la mort de Critolaos au cours de la bataille datée de 146 av n. è[4],[6].