Les armées de Ghâlib et d'Ibn Abi ‘Amir arrivent devant le château de « Sant Biyant », c'est-à-dire San Vicente (probablement Torrevicente, près d'Atienza, selon Évariste Lévi-Provençal), comme convenu au préalable par voie diplomatique. Le vendredi se passe sans combat, peut-être par respect pour la fête musulmane, mais le samedi les combats commencent. Ibn Abi ‘Amir commande le centre de son armée, tandis que la droite, composée de Berbères, est sous le commandement d'Abou Ya‘far ibn ‘Ali al-Zabi ainsi que de son frère Yahya, et la gauche est sous le commandement conjoint d'Ahmad ibn Hazm, d'Abou-l-Ahwas Ma‘n ibn ‘Abd al-‘Aziz al-Tuyibi et d'al-Hasan ibn ‘Abd al-Wadud al-Salami [2],[3].
Ghâlib est un octogénaire à cheval, coiffé d'un haut casque qui mène lui-même la charge initiale contre les Berbères, qui rompent immédiatement les rangs et prennent la fuite. L'aile gauche cède également sous la charge et chacun ne pense qu'à lui-même. Après avoir dispersé les deux flancs d'Ibn Abi ‘Amir, Ghâlib aurait prié Dieu d'aider celui qui serait le plus apte à mener les musulmans. Puis, éperonnant son cheval, il descend dans un ravin voisin. Ses camarades ne le suivent pas, mais après une longue absence, ils partent à sa recherche et le trouvent mort au sol, son cheval immobile à proximité. La cause du décès est inconnue. Croyant que la mort de Ghâlib est un signe divin, une grande partie de ses partisans va demander la paix à Ibn Abi ‘Amir. Celui-ci, croyant à un stratagème, exige une preuve de la mort de Ghâlib. L'un apporte son sceau, un autre sa main, et un autre encore son cheval. Les musulmans infligent alors une lourde défaite aux alliés chrétiens de Ghâlib. Les troupes musulmanes restantes de Ghâlib, paniquées, prennent la fuite en direction d'Atienza, poursuivies tout au long du chemin par les forces d'Ibn Abi ‘Amir. García Ier de Castille réussit à s'échapper, mais Ramire de Viguera est retrouvé parmi les morts, avec de nombreux autres chrétiens. Les historiens musulmans interprètent la bataille comme une victoire sur les chrétiens [4].