Alors qu'il fuyait le champ de bataille avec 14 soldats, Cristóvão da Gama, le bras blessé par une balle, a été capturé cette nuit-là par des partisans de l'imam Ahmad, qui avaient été conduits dans les broussailles où ils s'étaient réfugiés auprès d'une vieille femme [5]. Cependant, d'autres récits indiquent que Gama était resté pour chercher une femme qu'il avait capturée à la Bataille de la Colline des Juifs dont il s'était entiché [6]. Néanmoins, il a ensuite été amené en présence de l'Imam Ahmad ibn Ibrahim al-Ghazi, qui a torturé et exécuté son adversaire prisonnier [7].
Joseph François Lafitau, chroniqueur jésuite du XVIIe siècle, relate ces événements :
« Conduit en la présence du roi vainqueur, Grada Ahmed lui demanda ce qu'il aurait fait de lui en pareille occasion s'il l'avait pris. Gama sans s'étonner lui répondit fièrement : “je t'aurais fais trancher la tête, couper ton corps en quartiers que j'aurais fait suspendre en divers endroits, pour y servir d'exemple et d'épouvantail aux tyrans" […] il lui coupa la tête de sa propre main, et exécuta sur lui le reste de la sentence qu'il avait prononcé contre lui-même. […] »[8].
Un désaccord s'est produit entre l'imam Ahmed Gragn et ses mousquetaires ottomans à ce point de la victoire sur la gestion des Portugais capturés dans la bataille. Les Ottomans voulaient utiliser ces prisonniers comme un outil de négociation dans leurs pourparlers en cours avec Lisbonne, ils ont donc fait les demandes suivantes pour qu'ils soient remis sains et saufs aux soins des autorités provinciales yéménites.
Cependant, l'imam Ahmed Gragn a refusé cette demande et a tué de ses propres mains quelques heures seulement après l'avoir capturé, Cristóvão da Gama. Furieux, le commandant ottoman a déserté Ahmed et est retourné au Yémen avec la majorité de ses forces [9].
La bataille a empêché l'établissement d'une présence militaire permanente des Portugais en Éthiopie et dans la Corne de l'Afrique. Après la mort de Cristóvão da Gama et la majorité de ses soldats ayant été capturés ou tués, les Portugais hésitèrent à s'investir davantage dans la région, faisant ainsi du Sultanat Adal la principale puissance de la Corne de l'Afrique [10].
À la suite de cette bataille, les forces de l'Adal progressent jusqu'à leur arrêt lors de la bataille de Wayna Daga et la mort d'Ahmed al-Ghazi.