Bataille des nobles
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ou près de Tanger (opinion minoritaire)[note 2]
| Date | [note 1],[1] |
|---|---|
| Lieu |
Sur l'Oued Chelif (opinion majoritaire) ou près de Tanger (opinion minoritaire)[note 2] |
| Issue | Victoire berbère décisive |
| Califat omeyyade | Rebelles berbères |
| Khalid ibn Abi Habib al-Fihri ✝ | Khalid ibn Hamid al-Zanati |
| Inconnues | Inconnues |
| 10 000 tués | Inconnues |
La bataille des nobles (en arabe : غزوة الأشراف (Ghazwat al-Ashraf)) est un affrontement important lors de la grande révolte berbère en . Il en résulte d'une grande victoire des Berbères sur les Arabes sur le Chelif, dans l'actuelle Algérie ou près de Tanger, dans l'actuel Maroc.
La bataille doit son nom à la participation, côté Omeyyade, de Qurayshite et d'Ansar ou bien au fait que de nombreux aristocrates arabes sont massacrés. Khalid ibn Hamid al-Zanati, un chef berbère zénète, et successeur de Maysara, est à la tête des soldats berbères révoltés.
Il existe deux hypothèses sur la localisation du lieu de la bataille. Elle aurait eu lieu sur l'oued Chelif (actuelle Algérie) selon une majorité d'historiens[2],[3],[4],[5],[6],[7]. Charles-André Julien tout en rapportant que la bataille a lieu sur le Chelif remarque que cela impliquerait que la révolte kharéjite aurait gagné la Zénètie centrale, ce qui confirmerait la thèse d’Émile-Félix Gautier. Cependant, selon lui, les historiens arabes autres qu'Ibn Khaldoun placent la bataille dans le Maroc septentrional. La divergence vient peut-être de la copie du texte d'Ibn Khaldoun qui aurait substitué, en arabe, le mot « Chelif » à « Sebou » qui ont une graphie similaire dans cette langue. Cette incertitude pose donc un doute sur le lieu de la bataille[5].
Contexte
Au début du viiie siècle, le Maghreb est sous la domination des Omeyyades. La grande révolte berbère éclate au début des années 740 dans l'Ouest de l'actuel Maroc, en réponse aux lois oppressives (et, selon la loi islamique, illégales) de collecte d'impôts imposées aux Berbères musulmans par Obeïd Allah Ibn el-Habhab de Kairouan, gouverneur d'Ifriqiya et suzerain du Maghreb et d'al-Andalus. La rébellion berbère est inspirée par des activistes kharijites de la secte sufrite, qui tiennent la promesse d'un nouvel ordre islamique puritain, sans discrimination ethnique ou tribale, une perspective attirante pour les Berbères qui souffrent depuis longtemps.
La révolte commence sous la direction du chef berbère (supposé être un porteur d'eau) Maysara al-Matghari. Les rebelles berbères réussissent à s'emparer de Tanger, exécuter le gouverneur arabe de la ville, et d'une grande partie de l'ouest de l'actuel Maroc à la fin de l'été de 740.
Les Berbères ont soigneusement calculé leur soulèvement. La plus grande partie de l'armée arabe, sous le commandement du général Habib ibn Abi Obeïda al-Fihri, est à ce moment outremer, en expédition pour la conquête de la Sicile. Le gouverneur Obeïd Allah Ibn el-Habhab envoie immédiatement des instructions ordonnant à Habib de rompre l'expédition et de renvoyer l'armée en Afrique. Mais cela prendra du temps. Alors, entre-temps, Obeïd Allah rassemble une colonne de cavalerie lourde composée d'une grande partie de l'élite aristocratique de Kairouan, et la place sous le commandement de Khalid ibn Abi Habib al-Fihri (probablement le frère d'Habib). Cette colonne est aussitôt envoyée à Tanger et est chargée de servir d'avant-garde pour contenir les rebelles berbères, jusqu'à ce que le corps expéditionnaire sicilien débarque et les rejoints. Une deuxième armée de réserve plus petite, sous Abderrahman ibn al-Moughira al-Adhari, est envoyée à Tlemcen et chargée d'y tenir position, au cas où l'armée berbère se fraierait un chemin jusqu'à l'Ifriqiya (l'actuelle Tunisie).