Bataille du livre

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La bataille du livre, nom choisi en écho à la bataille du charbon de 1945-1946, fut organisée à plusieurs périodes en Frace par le PCF[1], en 1939 puis lors de la guerre froide[2] dans les années 1950, et a consisté à mobiliser une soixantaine d'écrivains pendant quelques années à l'initiative de l'écrivain Elsa Triolet, compagne de Louis Aragon, qui leur propose d'atteindre les lecteurs en contournant les organismes de diffusion et libraires.

Conçue dès 1947 puis lancée officiellement dès 1949 comme une des « grandes manifestations culturelles »[3] du PCF, la « bataille du livre » vise aussi à préparer la réédition des Œuvres autobiographiques à la gloire de Maurice Thorez[4] et le tome 1 de la grande fresque historique Les Communistes, de Louis Aragon[4] mais permet surtout de donner accès à de nombreux auteurs de la littérature française : Mérimée, voit ainsi La Jacquerie et Carmen publiés avec une notice de présentation de l'auteur, ainsi que Balzac, Dumas, Flaubert, avec L'éducation sentimentale, Hugo, Maupassant, Eugène Le Roy, Vallès, Zola ou Romain Rolland. La diffusion s'attache également à la littérature étrangère : Dostoïevski, Pouchkine ou Pablo Neruda.

La première « bataille du livre » menée au printemps 1939 avait permis de « diffuser plusieurs dizaines de milliers d'ouvrages »[5] et l'idée est relancée après la guerre, dans les années d'euphorie qui ont suivi la libération de la France, quand la « bataille du livre » deviendra « une des manifestations politico-culturelles les plus spectaculaires menées par le PCF pendant la guerre froide », selon l'historienne Marie-Cécile Bouju, professeur à l'université Paris 8. Le PCF veut alors mobiliser dans cette « bataille du livre » des intellectuels « ébranlés » par les dérives de cette guerre froide[6], afin de faire connaitre les « avancées réelles » en URSS, qui vient de faire reculer le nazisme sur le front de l'Est et les auteurs proches de la Résistance[7].

L'accent mis sur la lecture dans les milieux populaires au cours de cette « bataille » vise à « agir dans l’espace public et sur la vie des militants »[8], en lien avec la presse communiste, forte en 1946 de 168 journaux[8] abonnés à l'Union française de l'information, d'un tirage cumulé de presque 7 millions d’exemplaires[8], par la promotion d'une « contre société » avec « son vocabulaire, ses pratiques, ses symboles, sa mémoire, et ses livres »[8].

Les auteurs se sont adressés au public, pour recueillir son sentiment, sans intermédiaire, directement sur les lieux où ils travaillent, voyagent ou font leurs courses, pour leur présenter des romans français parus en 1949, 1950, 1951 ou les années précédentes. Des librairies itinérantes animées par des militants prennent le relais[2]

L'expression de « bataille du livre » est relancée un quart de siècle plus tard par le PCF pur accompagner un « manifeste pour le livre » de 1975, via deux de ses auteurs[9], qui réclame des mesures en faveur du livre comme la suppression de la TVA, alors de 7 %[10].

Contexte

Voir aussi

Notes et références

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