Batterie Waldam

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Fait partie deMur de l'Atlantique (à partir de 1942)
Construction1940 - 1944
UtilisationBatterie côtière
Ouvert au publicOui
Batterie M I ou Waldam
Image illustrative de l’article Batterie Waldam

Fait partie de Mur de l'Atlantique (à partir de 1942)
Construction 1940 - 1944
Utilisation Batterie côtière
Ouvert au public Oui
Garnison Heer puis Kriegsmarine
Effectifs 168 militaires
Guerres et batailles Opération Undergo (septembre 1944)
Coordonnées 50° 58′ 55,43″ nord, 1° 55′ 16,96″ est

La batterie Waldam est une batterie côtière implantée dans les dunes de Waldam, à Marck, commune située à l'est de Calais, par l'armée allemande durant l'Occupation allemande de la France.

Les trois canons de 17 cm SK/L 40 qui la composent dans un premier temps laisseront place à des pièces de 15 cm SK/C 28. L'ouvrage emblématique de la batterie est sans nul doute la casemate rotative qui abrita l'une des pièces d'artillerie en 1944.

Canon de 17 cm, identique à ceux qui équipèrent la batterie en 1940-41.

En , l'Allemagne nazie signe l'armistice avec la France, alors que le Royaume-Uni poursuit, seul, le combat contre le Reich. La Wehrmacht projette donc, dès l'été 1940, un débarquement sur les côtes du Kent : il s'agit de l'opération Seelöwe, finalement ajournée. En parallèle, la Heer et la Kriegsmarine déploient de l'artillerie lourde sur les côtes du nord de la France et de la Belgique pour interdire le Détroit du Pas-de-Calais au trafic maritime allié, à l'image de la batterie Todt au cap Gris-Nez.

La Heer déploie également quatre batteries de 17 cm SK/L 40, calibre de moindre importance, entre Marck et le Gris-Nez : leur nom se compose d'un M et d'un numéro en chiffres romains. Ainsi, la batterie M I s'installe à Waldam, M II à Sangatte, M III à Wissant et M IV au Gris-Nez. M I participe à la défense rapprochée du port de Calais, avec la batterie Oldenburg, plus importante et distante d'1,3 km.

Les travaux commencent aussi dès l'été 1940 par la construction de bunkers pour les munitions et le personnel notamment[1]. A part pour la batterie M IV, ces ouvrages sont tous bâtis sur le même plan, de même que les réserves à munitions qui précèdent, par binôme, chaque pièce d'artillerie. Certains bunkers pour personnel sont même baptisés avec des prénoms féminins, comme Rosemarie.

Cependant, le bunker de direction de tir est le même pour toutes les batteries : il se compose d'une pièce de forme triangulaire pour les appareils de mesures, et d'une salle en arrière. Celui de Waldam, construit proche du niveau de la mer, se verra surmonté de plusieurs étages[1]. A côté de ce bunker, une tour d'observation est montée[2].

En est projetée, dans plusieurs batteries du secteur, la construction de bunkers pour communication optique. Celui de Waldam sera érigé à gauche du bunker directeur de tir[3]. Une batterie factice est par ailleurs installée non loin du vrai site, afin de leurrer les avions alliés[4].

Ces batteries sont servies par la Heeres-Küsten-Artillerie-Abteilung 216 (216e bataillon d'artillerie côtière de la Heer). A cette époque, la batterie M I de Waldam est dirigée par le Hauptmann Eugen Klittich[5] (1896 - 1976[6]), qui sera remplacé par l'Oberleutnant Paul Schmitz, directeur commercial dans la vie civile[7].

La garnison est constituée par 168 militaires vers 1941[8].

Situation des chantiers de la batterie Waldam en octobre 1941[9]
Constructions résistant aux bombes résistant aux éclats ouvertes en chantier prêtes projetées
8 bunkers à munitions 2 6 9
9 bunkers pour personnel 6 3 8
1 bunker machine 1 1
7 salles communes 7 7
8 buanderies 8 8
2 baraquements 2 2
1 douche 1 1
1 cuisine 1 1
1 baraquement buanderie 1 1
1 bureau et atelier 1 1

Passation à la Kriegsmarine et avènement du Mur de l'Atlantique

Le , les batteries "M" se voient transférées à la Marine allemande qui, dès l'été suivant, remplace les pièces de 17 cm de Waldam par une batterie de trois canons de type 15 cm SK/C 28[10]. Ce choix s'est aussi porté sur la batterie M III de Wissant, implantée comme ici dans un espace dunaire. Il semble que le nom de "M I" disparait à ce moment-là pour laisser place à "Batterie Waldam". Désormais, la batterie est sous la supervision du Marine-Artillerie-Abteilung 244 (244e bataillon d'artillerie de Marine), en charge des batteries côtières de la Marine allemande défendant Calais.

En 1942, après l'entrée en guerre des États-Unis, Hitler ordonne la construction du Mur de l'Atlantique, une ligne de fortifications côtières s'étendant de la Norvège à la frontière franco-espagnole, et devant repousser un débarquement allié. Les côtes de la Manche se trouvant toujours, plus ou moins, dans la liste des littoraux pouvant accueillir ce débarquement[11], elles sont densément fortifiées. Par ailleurs, la batterie Waldam, se situant à proximité d'un port, celui de Calais, et dans un espace dunaire, sera entourée de nombreuses fortifications, par exemple des pièces d'artillerie de campagne placées sous casemate[12].

La casemate rotative.

Mais la construction emblématique du Mur de l'Atlantique à Waldam est un bunker permettant d'abriter une des pièces de 15 cm et pouvant tourner sur lui-même, comblant ainsi l'inconvénient causé par la fixité des bunkers d'artillerie classiques, qui ne permettaient à la pièce protégée que de faire feu sur une cible placée face à la fenêtre de tir du bunker[1]. Ce modèle est unique sur le Mur de l'Atlantique.

Les deux autres pièces de 15 cm sont quant à elles mises à l'abri dans des Regelbauten de type M 270[1], modèle courant sur le Mur de l'Atlantique pour protéger l'artillerie moyenne de Marine. Deux semaines avant le débarquement de Normandie, deux des trois bunkers abritant l'artillerie de la batterie étaient toujours en chantier[13].

La batterie dans les combats de la Libération du Calaisis

Le , alors que les Alliés commencent la Libération du nord de la France, ordre est donné, par le commandement de la Kriegsmarine à l'Ouest, de renforcer avec l'artillerie de Marine le front terrestre des forteresses de Boulogne et Dunkerque[14]. Bien que Calais n'est pas mentionné - et n'est pas une forteresse -, il a pu s'appliquer aux défenses de cette ville : ainsi, le , il est annoncé que deux canons de la batterie Waldam ont été retirés de leurs casemates pour pouvoir tirer tous azimuts. La troisième pièce devait sans doute se placer dans la casemate rotative.

Le , la batterie repousse des chars alliés s'approchant du site[15]. Deux jours plus tard, elle pilonne, avec d'autres canons allemands, une batterie ennemie qui cesse alors le feu. Des tirs de harcèlement sont ensuite effectués sur des cibles ennemies placées au sud de Calais[16]. Elle tire en mer le 23 contre une cible navale[17], et le lendemain, sur un véhicule allié pour le transport des troupes circulant dans "Les Petites James" (sans doute le hameau des Petites Hemmes à Oye-Plage)[18]. Calais tombe le .

Reste d'une des pièces de 15 cm, replacée dans son encuvement primitif en septembre 1944.

Galerie

Sources

Articles connexes

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