« 11. MELASTOMA (arboreſcens) foliis ſubrotundis, quinquenerviis floribus corymboſis, petalis baſi bifidis. (Tabula 165.)
Arbor trunco ſexaginta-pedali, ad baſim coſtis pluribus ſejunctis, & ſuprà terram latè extenſis cincto, & quaſi ſuffulto, in ſummitate ramoſo ; Ramis undique ſparſis, ramulis tetragonis, nodoſis, folioſis. Folia oppoſita, ovata, glabra, rigida, integerrima, quinquenervia, petiolata. Flores racemoſi infrà folia, adaxillas foliorum evanidorum; racemis oppoſitis, iiſque ſimul & pedunculis florum bracteis duabus ad baſim munitis. Calix : perianthium inferum, turbinatum, decemdentatum, denticulis minimis, breviſſimis. Corolla pentapetala, alba, petalis baſi bifidis. Piſtillum : germen calici adnatum. Stylus longus. Stigma capitatum, quinqueftiiatum. Pericarpium : bacca ſublutea, ſubrotunda, umbilicata, calicis denticulis cinda, quinque- locularis. Semina minutiſſima, numeroſa, in pulpa molli, dulci & eduli nidulantia.
Florebat in ſylvis Guianæ, & prope Aroura.
Nomen Gallicum MELE.
LE MéLASTOME arbre. (PLANCHE 163.)
Cet arbre eſt très grand: ſon tronc a ſoixante pieds de hauteur, ſur un pied & demi & diamètre ; il prend naiſſance de la réunion de pluſieurs côtes épaiſſes, applaties, écartées les unes des autres, qui s élargiſſent & s'étendent à meſure qu'elles gagnent la terre. Ces côtes ſont connues à Caïenne ſous le nom d’ARCABA. L'écorce de cet Arcaba eſt cendrée & liſſe ; l'écorce du tronc eſt cendrée, un peu rouſſâtre, inégale & gerſée ; fon Bois eſt blanchâtre, compacte: quelque temps après avoir été coupe, il devient rouſſâtre.
Les branches partent du ſommet du tronc, & ſont en grand nombre, les unes inclinées, les autres droites, elles ſe répandent au loin de tous côtes ; elles ſont oppoſées & en croix, garnies de rameaux noueux, à quatre angles obtus, dont deux faces ont un ſillon qui s'étend d'un nœud à l'autre.
Les feuilles viennent à l'extrémité des rameaux. Elles ſont deux à deux, oppoſées, & en croix, entières, ovales, vertes, fermes, longues de ſept pouces, ſur quatre & demi de large. Leur pédicule eſt court, convexe en deſſous, creuſé en gouttiere en deſſus, & large à ſa baſe, elles ſont dans leur milieu traverſées par une côte ſaillante en deſſous, d'où partent quatre nervures; les deux inférieures ſe répandent au bord de la feuille, & les deux ſupérieures vont gagner la partie aiguë.
Les fleurs naiſſent au deſſous des feuilles, & immédiatement au deſſus de l'impreſſion que les anciennes ont laiſſée en tombant.
Les fleurs ſont diſpoſées par petits bouquets oppoſés, ſoutenus ſur un pédoncule commun, qui porte à ſa baſe deux écailles, & chaque pédoncule particulier de la fleur en a auſſi deux à ſa baſe.
Le calice eſt blanc verdâtre, charnu, évaſé en forme de cloche, & porte à ſon ſommet dix petites dents de couleur rouge.
Les pétales ſont au nombre de cinq, blancs, oblongs, arrondis & concaves, ondés, & plus larges à leur partie ſupérieure, plus étroits à leur baſe, & ſéparés en deux lanières courtes, qui ont chacune un onglet, attachés au deſſous de l'intervalle de deux dents a la paroi interne du calice qui ſe trouve a cet endroit marqué dans toute ſa circonférence d'une ligne rouge.
Les étamines ſont au nombre de dix, attachées a la paroi du calice; au deſſus des pétales. Les filets ſont charnus, applatis, rouges a leur naiſſance, & blancs dans le reſte. Les anthères, auſſi longues que les filets, ſont corps avec eux ; elles ſont jaunes, & à deux bourſes.
Le piſtil eſt un ovaire qui eſt arrondi à ſa baſe, comprimé à ſon ſommet, renferme dans le calice avec lequel il fait corps ; il eſt ſurmonté d'un style long, blanc, charnu, ſtrié, qui ſe courbe & déborde les étamines ; il eſt terminé par un stigmate rond, vert, applati, marqué de cinq ſillons en forme de toile.
L'ovaire devient une baie jaune, groſſe comme une petite neffle, couronnée par les bords du calice ; elle eſt formée par des membranes très fines, diviſées en cinq loges, remplies de semences très menues, enveloppées d'une ſubſtance molle & fondante.
Ces fruits ſont bons à manger, & d'un goût douceâtre; ils ſont connus ſous le nom de MELE par les habitans.
Cet arbre croît dans différents quartiers de la Guiane ; je l'ai obſervé en fleur au mois d'Août, & en fruit au mois de Novembre, dans les forêts qui ſont aux environs de la paroiſſe d'Aroura. »