Bene Israël

groupe ethnique juif dans le sub-continent indien From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Bene Israël enfants d'Israël » en hébreu) sont l'un des trois groupes de Juifs ayant vécu en Inde jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. Les Bene Israël formaient le plus grand secteur de la population juive du sous-continent indien, et constituent le noyau de ceux qu'on appelle parfois les Juifs de Bombay.

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Bene Israël
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Ouvrage écrit en 1897 et publié en 1937 à Tel Aviv
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Généralités

Ethnique et historique

Répartition des communautés juives en Inde, avant leur émigration en Israël.

Les Juifs en Inde se répartissent en trois communautés juives historiques totalisant six mille membres (1997), chacune dans une aire géographique déterminée : la communauté de Cochin dans le Sud du sous-continent, les Bene Israël dans les environs de Bombay et la communauté des Juifs Baghdadi ceux de Bagdad ») aux alentours de Calcutta et de Bombay.

Sémantique

L'expression « Bene Israel » ou « B'né Israël » désigne en hébreu tous les « enfants d'Israël », soit la lignée descendant du patriarche Jacob qui, après sa lutte avec l'ange, s'appelle « Israel »[1],[2].

Suivant le contexte biblique ou talmudique, il sera utilisé l'expression « Bene Israel » ou le nom « Israel » pour faire allusion au peuple juif, à l'appartenance à ce peuple ou à ceux dont l'ascendance est juive[3].

De manière plus générale, les « Bene/B'né Israel » désignent tous les Juifs du monde.

Histoire

Bene Israel, professeurs de l'école de la mission de l'Église libre d'Écosse et de l'École d'anglais juive à Bombay, en Inde britannique (1856)

Les Bene Israël dont il est question sur cette page descendraient, selon leur tradition, de Juifs fuyant les persécutions exercées par Rome sur la Galilée au IIe siècle AEC. Parmi les Dix tribus perdues d'Israël, plusieurs ethnies s'y rattachent dont celle des Bene Israël d'Inde.

Leurs ancêtres auraient été des Cohanim presseurs d'huile (une occupation traditionnelle chez eux) et auraient fait naufrage au large des côtes de l'Inde.

Ces assertions sont difficilement vérifiables, à l'exception de leur prétention à une ascendance sacerdotale : un test ADN effectué en 2002 a confirmé sur base de l'étude du gène Y-Aaron que les Bene Israël partagent une hérédité commune avec des descendants de Cohanim attestés[4],[5].

S'il est établi que des marchands juifs, en provenance d'Europe, sillonnaient l'Inde pour des motifs commerciaux, il ne peut être établi s'ils s'y étaient installés. La première source considérée comme fiable d'un tel point de peuplement juif en Inde est daté du XIe siècle : il fait état de colonies centrées sur la côte occidentale. Abraham ibn Dawd (1110-1180) y fait également allusion, un siècle plus tard, mais en termes vagues. En 1199 ou 1200, Maïmonide indique dans une lettre que « les juifs des Indes ne savent rien de la Torah et des lois, rien sauf le Shabbat et la circoncision »[6],[7].

Famille de Bene Israel (1919)

Les témoignages suivants sont ceux de commerçants juifs de Bagdad qui les « découvrent » au XVIIIe siècle : ils décrivent des individus ressemblant fortement aux Marathes non-Juifs, dans leurs apparence et coutumes[4], ce qui indique un haut taux d'exogamie, mais observant, à un niveau rudimentaire, des observances typiquement juives, comme les lois alimentaires, la circoncision et l'observation du Shabbath comme jour chômé, ce qui leur a valu le nom marathi de Shanwar Teli presseurs d'huile du samedi »)[4]. C'est grâce à ces traditions que les Bene Israël sont reconnus comme Juifs, et réapprennent le judaïsme rabbinique traditionnel, qui leur est dispensé par des Juifs de Bagdad et de Cochin.

Plaque au vieux cimetière Mavgav, qui aurait 2 000 ans, des Bene Israel à Bombay

Au XIXe siècle, les Bene Israël migrent depuis l'ouest de l'État de Maharashtra vers les cités proches, principalement Mumbai mais aussi Pune, Ahmadabad et Karachi (devenu depuis terre pakistanaise). Avant ces vagues de migration et jusqu'à aujourd'hui, leur langue natale est le judéo-marathi, un dialecte marathi.

En 1964, le rabbinat israélien reconnaît les Bene Israël comme Juifs à part entière et sous tous aspects.

Démographie

On estime le nombre de Bene Israël à 6 000 dans les années 1830, 10 000 au tournant du XXe siècle et entre 20 000 et 25 000 en 1948[8]. Leur nombre a depuis chuté à la suite de l'émigration, principalement en Israël mais aussi vers les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni. Depuis les années 1970 et jusqu'au début du XXIe siècle, la population en Inde est restée assez stable, aux alentours de 5 000 personnes[9].

La ville de Pune abrite 250 Bene Israel, au début des années 2000, dont plusieurs membres éminents : George Judah, expert en gestion, président du comité de la synagogue ; le lieutenant-général R. Mordecai, ancien commandant du Collège d'ingénierie militaire ; S. B. David, ancien chef de département de botanique de l'université de Pune ; Samson Talkar, secrétaire honoraire de la plus ancienne synagogue de la ville, Succath Sholomon, à Rasta Peth (quartier de Pune) ; Ruben Daniel, scientifique du High Energy Materials Research Laboratory[10].

La communauté juive de Madhupura à Ahmedabad compte 79 familles en 2012.

Génétique

En , le Sunday Times of India présente un rapport exclusif mettant en évidence les résultats de tests ADN sur une étude de quatre années effectuée à Londres, qui confirme le lien génétique des Juifs indiens avec les « enfants originaux d'Israël » (traduction littérale de Bene Israel), ayant émigré en Inde, il y a 2 000 ans[10].

La génétique des individus Bene Israël ressemble aux populations indiennes locales, tout en constituant une population clairement séparée et unique en Inde. Plusieurs études génétiques ont montré que les lignées mitochondriales des Bene Israël sont principalement d'origine indienne[11], en dépit du fait que quelques haplogroupes sont inexistants en Inde mais présents dans d'autres populations juives. De plus un haplogroupe du chromosome Y commun en Inde est absent chez les Bene Israel alors que l'haplotype modal des Cohen est commun parmi eux.

Ces résultats suggèrent que les lignées fondatrices masculines de cette communauté sont originaires du Moyen-Orient, alors que les lignées féminines sont plutôt indiennes. Ce mélange a été suivi d'un goulot d'étranglement de la population et d'une forte endogamie[12].

Galerie

Notes et références

Voir aussi

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