Beqa
île
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Beqa (aussi orthographié Mbengga et Mbenga) est une île des Fidji, située au sud de Viti Levu.
| Pays | |
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| Division | |
| Partie de | |
| Baigné par | |
| Superficie |
36 km2 |
| Altitude |
462 m |
| Coordonnées |
| Population |
4 000 hab. () |
|---|---|
| Densité |
111,1 hab./km2 () |
| TGN |
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Petite île de 36 km2, elle s'est formée il y a environ 5 millions d'années sur les restes d'un stratovolcan. Elle culmine aujourd'hui à un peu plus de 460 m d'altitude et abrite neuf villages et quelques resorts. Elle est entourée de récifs coralliens qui offrent à la fois des ressources aux habitants et des attractions aux touristes.
Déjà peuplée à l'époque Lapita, Beqa est connue pour son rituel de marche sur le feu appelé Vilavilairevo, pratiqué à l'origine par une communauté du sud de l'île. Ce rituel est aujourd'hui devenu un spectacle réalisé pour les touristes, dans une version standardisée, à travers tout le pays.
Dénominations
Géographie et environnement
L'île Beqa est située au sud de l'île principale des Fidji, Viti Levu, à environ 7,5 km du delta de la rivière Navua (en). Elle s'est formée il y a environ 5 millions d'année par l'érosion d'un stratovolcan et culmine aujourd'hui entre 462 et 480 m au-dessus du niveau de la mer, avec un relief marqué et des précipitations moyennes de 300 cm par an[3],[4],[5]. Elle mesure environ 36 km2[4],[5]. Son relief et sa couverture forestière rendent difficile l'agriculture. Tous les villages sont situés sur des côtes[6].
Au sud-ouest de Beqa se situent la baie Kulu et la baie Naceva, face à la petite île Ugaga qui se trouve à 3,5 km de distance. À l'ouest de Beqa se trouve la baie Vaga, et au nord-est la baie Malumu. L'île est bordée par le récif corallien Kavukavu au sud[7].
Certaines zones de Beqa ou des récifs alentour sont protégés par la population locale et considérées comme tabou. Ce statut autorise ou interdit la pêche selon certaines conditions[8]. Certaines zones tabou sont inaccessibles aux touristes, ainsi qu'aux locaux en dehors de certaines occasions (célébrations, funérailles)[9].
Histoire
Des fouilles archéologiques ont mis au jour des restes de tessons de céramique Lapita en plusieurs endroits de Beqa, notamment dans la baie Kulu, ainsi que sur la petite île Ugaga au sud de Beqa[3],[10].
À la fin du XIXe siècle, le gouverneur des Fidji, John Bates Thurston, organise une grande cérémonie avec le vice-roi des Fidji et plus de 500 invités pour observer le Vilavilairevo, la traditionnelle marche sur le feu des Sawau (en), une communauté du sud de Beqa[11]. Cette tradition, devenue aujourd'hui une attraction touristique, est néanmoins combattue par les méthodistes et les pentecôtistes implantés dans plusieurs églises sur l'île[12].
Population et société
En 2017, 4 000 habitants vivaient répartis dans neuf petits villages sur Beqa. Les habitants vivent principalement des ressources marines et du tourisme[5]. En 2017, la pêche y est pratiquée à petite échelle seulement, de manière artisanale, et l'agriculture et l'horticulture y sont peu développées[8]. La population est très dépendante du récif corallien qui borde l'île, où elle trouve l'essentiel des produits de la pêche — poissons et concombres de mer —, qui peuvent être soit vendus soit consommés par les habitants[6].
Beqa est une destination touristique prisée, notamment pour la plongée sous-marine, avec plusieurs resorts[5].
Culture
Vilavilairevo

Le Vilavilairevo, qui signifie « sauter dans le four », est une forme de marche sur le feu traditionnellement pratiquée par certains habitants du sud de Beqa, les Sawau (en)[13],[14]. Les participants marchent, à tour de rôle, sur les pierres chaudes d'un lovo (four polynésien creusé à même le sol). Contrairement à d'autres formes de marche sur le feu, notamment pratiquées en Asie, le Vilavilairevo n'a pas nécessairement de connotation religieuse[15].
Le Vilavilairevo est parfois appelé « marche sur le feu fidjienne » et est devenu une des principales démonstrations touristiques du pays. Les brochures et guides touristiques montrent fréquemment des photographies de Fidjiens en tenues traditionnelles en train de pratiquer le Vilavilairevo, souvent assimilé à une coutume ancienne et mystérieuse[16]. Le Vilavilairevo est aujourd'hui une véritable attraction touristique pratiquée dans les hôtels, par des performeurs souvent présentés comme étant d'authentiques habitants de Beqa. Dans les faits, le Vilavilairevo authentique est très rarement pratiqué sur Beqa, et dès les années 1980, il est avant tout une attraction pour les touristes et réalisé en échange d'argent[17]. Selon Guido Pigliasco (2012), le Vilavilairevo est « un excellent exemple de rituel propitiatoire qui a été strandardisé pour répondre aux exigences du tourisme »[13].
Légendes
Les légendes de Beqa évoquent des petites créatures humanoïdes, les veli (fées, elfes) ou gone (enfants), qui ont une apparence de petits hommes à la peau sombre et aux cheveux longs, dont on entend parfois le chant[18]. Ces créatures peuvent apparaître dans les rêves, ou sur les lieux d'un Vilavilairevo[19].
