Beretta M9

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Pays d'origineDrapeau de l'Italie Italie
ConcepteurBeretta
Date de créationAnnées 1980
M9
Image illustrative de l'article Beretta M9
Présentation
Type pistolet semi-automatique
Pays d'origine Drapeau de l'Italie Italie
Concepteur Beretta
Date de création Années 1980
Fabricant Beretta USA
Période de production Depuis 1985
Utilisateur(s) Forces armées des États-Unis
Période d’utilisation Depuis 1985
Caractéristiques
M9
Longueur 217 mm
Longueur du canon 125 mm
Masse (non chargé) 970 g
Munitions 9 x 19 mm OTAN
Capacité 15 cartouches
Vitesse initiale 381 m/s
Portée pratique 50 m

Le M9 est un pistolet semi-automatique dérivé du Beretta 92 et arme de dotation au sein de l’ensemble des forces armées des États-Unis depuis 1985.

Contexte au sein des forces armées des États-Unis

Dans les forces armées des États-Unis, les pistolets de calibre .45 sont le type dominant à partir de 1873. Leur principal représentant est le Colt M1911 tirant la cartouche .45 ACP et entré en service en 1911[1]. Il ne s’agit toutefois pas du seul pistolet utilisé, puisqu’en 1978 il existe plus de vingt-cinq modèles de différents calibres en service dans les diverses branches des forces armées. Cette variété pose des difficultés logistiques et contribue à augmenter les coûts d’entretien de l’arsenal, ce qui rend souhaitable l’uniformisation pour des raisons comptables[2]. Un autre point d’achoppement logistique est que la plupart des autres pays membres de l’OTAN privilégient la cartouche 9 × 19 mm Parabellum pour leurs pistolets, ce qui affecte l’interopérabilité des munitions entre les États-Unis et ses alliés[1].

D’autres problèmes sont inhérents au M1911. Son important recul le rend difficile à maîtriser et affecte la précision du tir. Cela rend par conséquent nécessaire un entraînement plus soutenu pour arriver à un résultat correct, en particulier pour les soldats qui n’ont pas pratiqué le tir auparavant. L’arme est assez volumineuse, ce qui rend sa prise en main plus difficile pour les soldats ayant de petites mains. Cet aspect constitue un problème alors que la féminisation des forces armées s’accroit progressivement dans la deuxième moitié du XXe siècle. Cette grande taille est une conséquence directe des dimensions importantes de la cartouche, qui limitent également la quantité de munition qu’un soldat peut emporter[1].

Par ailleurs, bien que le remplacement du M1911 soit envisagé dès les années 1950, le sujet ne progresse guère jusqu’à la fin des années 1970. À cette date, l’inventaire des forces armées est à bout de souffle, les M1911 les plus récents en service remontant à la Seconde Guerre mondiale[3]. Le département de la Défense créé alors un comité, le JSSAP (Joint Service Small Arms Program), pour étudier la question. Celui-ci détermine rapidement qu’un seul pistolet utilisant la cartouche 9 x 19 mm OTAN conviendrait à toutes les branches des forces armées et entreprend de tester différents modèles[4].

Contexte au sein de Beretta

Remontant au XVIe siècle, l’entreprise italienne Beretta s’est lancée dans les pistolets militaires au cours de la Première Guerre mondiale. Son premier modèle, le Beretta M1915, est chambré pour la cartouche 9 mm Glisenti. Nombre de ses pistolets suivants sont dans des calibres plus petits, mais le M1923 est lui aussi en 9 mm Glisenti et voit l’apparition du chien externe, alors que tous les pistolets Beretta avaient été jusque-là à chien interne[5]. Son successeur, le M1934, est chambré en 9 mm Corto et adopté par la police, puis l’armée italienne. La production se poursuit après la guerre et le M1934 est le premier pistolet de Beretta à rencontrer un certain succès à l’export[6].

Le M1951 est le premier pistolet Beretta à utiliser la cartouche 9 × 19 mm Parabellum. Comme nombre de ses prédécesseurs, il se caractérise par une glissière dont la partie supérieure est évidée, ce trait étant encore accentué sur ce modèle[7]. En dehors de l’Italie, il est notamment adopté par les armées égyptienne et irakienne[8]. En 1975, Beretta débute la commercialisation du Beretta 92, reprend la glissière et le mécanisme de verrouillage du M1951, en y ajoutant les caractéristiques des Wonder Nines, surnom donné aux pistolets semi-automatique de 9 mm cumulant le chargeur à haute capacité du Browning Hi-Power et le mécanisme double action du Walther P38[9]. Grand succès commercial, tant en Italie qu’à l’export, il est décliné en de nombreuses variantes, notamment le Beretta 92S, qui dispose d’une sûreté et d’un levier de désarmement différents[2].

Un long processus d’adoption

Première compétition

Lorsque le JSSAP débute les essais à la fin des années 1970 pour trouver un remplaçant au M1911, Beretta propose une variante du 92S, le 92SB, qui s’en distingue notamment par le déplacement du bouton d’éjection du chargeur au même endroit que sur le M1911 et par une sûreté ambidextre. Les autres modèles testés sont le Colt SSP, le Star M28, le Smith & Wesson 459A, le FN GP35, le FN “Fast Action” Hi-Power, FN DA Hi-Power, le HK P9S et le HK VP70. Les essais se déroulent à la base aérienne d’Englin sous la supervision de l’United States Air Force[10]. Beretta remporte la compétition, mais le résultat est immédiatement contesté par l’United States Army, qui critique la méthodologie adoptée. Elle considère par exemple que les tests de fonctionnement après immersion dans la boue n’ont pas été réalisés avec le bon type de boue. Il est difficile de déterminer si cette contestation est basée sur un inquiétude réelle quant au choix de l’arme ou simplement sur une rivalité interservices[11].

Deuxième compétition

Pour parvenir à un accord, la compétition est relancée, cette fois sous la supervision de l’US Army. Seulement quatre modèles sont testés cette fois : le Beretta 92SB, le HK P7M13, Smith & Wesson 459A et le Sig-Sauer P226. Les critères sont toutefois placés si haut que tous sont éliminés. Lassé par les retards, le Congrès retire alors les budgets destinés à l’acquisition de munitions pour les vieux M1911, afin de forcer l’armée à trouver rapidement un remplaçant[11].

Troisième compétition

La compétition est relancée en , quand les fabricants intéressés sont appelés à fournir trente exemplaires pour les essais. Ceux-ci débutent en et opposent le Colt SSP, le FN DA Hi-Power, le HK P7M13, le Smith & Wesson 459A, Sig-Sauer P226, le Steyr GB, le Walther P88 et une nouvelle version du Beretta, le 92SB-F. Celui-ci se démarque essentiellement par des améliorations visant à le rendre plus résistant et facile à entretenir[12]. Seuls les pistolets Beretta et Sig-Sauer parviennent à passer les soixante-douze critères obligatoires[13]. Beretta est toutefois annoncé vainqueur le sur la base des critères secondaires, notamment le prix : bien que le prix du pistolet soit plus cher, 178,50 $ contre 176,33 $, l’entreprise italienne propose les pièces détachées et les chargeurs à un coût plus faible[14].

Des soupçons de corruption entachent toutefois la procédure : initialement, Beretta avait en effet proposé son pistolet à 217,84 $, avant de le baisser après une demande de confirmation de l’armée, ce qui amène Sig-Sauer a soupçonner que leur offre a été communiquée à Beretta dans l’intervalle, leur permettant d’adapter leur tarif. Le fait que l’Italie accepte peu de temps après que des missiles nucléaires américains soient basés sur son sol amène également certains critiques à supposer que Beretta a été choisi en échange de cette faveur politique[15]. De son côté, Smith & Wesson dépose un recours dans lequel l’entreprise accuse l’armée d’avoir fait une erreur de conversion entre le système métrique et le système impérial qui a conduit sa proposition à être injustement rejetée[14]. Le recours, auquel s’ajoute une campagne menées par les représentants du Massachusetts où se trouve le siège de Smith & Wesson, ralentit la signature du contrat et, pour éviter davantage de retards, il est décidé faire à Beretta les commandes prévues dans le marché, mais de refaire une compétition avant tout autre commande[16].

Quatrième compétition

À la suite des contestations du résultat de 1985, une nouvelle compétition est organisée en 1988. Les concurrents sont le Smith & Wesson 459, le Ruger P85 et le M9, entré en production après la victoire de Beretta en 1985[17]. Ce dernier remporte une nouvelle fois la compétition, sans grande surprise étant donné qu’à cette date la chaîne de production est sur le point d’être délocalisée aux États-Unis et que retirer à ce moment le contrat à Beretta reviendrait à détruire des emplois américains[18].

Production

Les premières commandes sont passées en 1985 pour un total de 321 960 exemplaires, avec une première tranche de 52 930 pistolets à livrer pour l’année fiscale 1986-1987. Celle-ci est intégralement produite en Italie, tandis que la deuxième tranche, 65 750 exemplaires, est assemblée par Beretta USA dans son usine américaine d’Accokeek avec des pièces italiennes[19]. Cette usine commence à produire certaine pièce à partir de 1989 et la fabrication est assurée entièrement aux États-Unis à partir de 1990[17]. Au total plus de 600 000 exemplaires sont livrés entre 1985 et la fin des années 2010[18].

Le début de la production est marqué par de nombreux cas de fatigue, entraînant la rupture de la glissière et en la projection de fragments dans le visage du tireur[20]. Ces fatigues sont probablement liés à un problème métallurgique, l’acier utilisé par l’usine italienne de Beretta contenant du tellure, qui facilite l’usinage mais rend le métal plus cassant. Le problème disparaît après le transfert de la production aux États-Unis[21].

Histoire opérationnelle

Le déploiement du M9 s’effectue d’abord dans les unités spéciales et de choc : forces spéciales de l’armée, de la marine et de l’aviation, 82e division aéroportée, 101e division aéroportée, United States Army Rangers[22].

Caractéristiques

Annexes

Notes et références

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