Bernard Citroën (sculpteur)
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11e arrondissement de Paris
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 83 ans) 11e arrondissement de Paris |
| Sépulture |
Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Citroën (d) |
| Nom de naissance |
Bernard Adolf Citroën |
| Nationalité | |
| Activités |
Bernard Citroën (né le à Amsterdam et mort le à Paris[1]) est un sculpteur, poète et éditeur néerlandais, installé à Paris à partir de 1946. D’abord directeur d’une revue de poésie à Saint-Germain-des-Prés, il se consacre à la sculpture sur pierre et marbre, en taille directe, à Paris à partir de 1957, puis au Japon dans les années 1980.
Vie littéraire à Saint-Germain-des-Prés
Bernard Citroën est né en 1925 dans une famille de joaillers d’Amsterdam. Son père est le cousin germain du peintre Paul Citroen (qui encouragera plus tard la carrière artistique de Bernard) et un cousin éloigné du constructeur André Citroën. Ses parents, grands amateurs d’art, ont pour amis Kisling, Foujita et Van Dongen.
Destiné à reprendre l'entreprise familiale, il reçoit une formation de bijoutier, bientôt interrompue par la guerre. Sa famille, juive libérale, doit se cacher, et il entre lui-même dans la Résistance hollandaise. En 1943, il participe à l’attaque contre le registre de la population d’Amsterdam, et est arrêté par les nazis, mais parvient à s’échapper[2].
À la fin de la guerre, attiré par l’effervescence littéraire de Saint-Germain-des-Prés, il part à Paris avec le désir de devenir écrivain. Il y rencontre Jean Cocteau, Philippe Soupault, Jean-Paul Sartre, et travaille comme traducteur, tout en menant une vie très libre dans un milieu de jeunes poètes, d'intellectuels, de peintres et de sculpteurs. En 1949, il fonde une « Revue de jeune poésie », Osmose, dont il sera le directeur pendant 8 ans. La revue est parrainée par Jean Cocteau, qui en réalise la première couverture, et qui y publiera quelques textes[3].
De 1949 à 1957, Bernard Citroën y publie des poètes déjà reconnus, comme Philippe Soupault, André Salmon, Antonin Artaud, mais aussi des poèmes de sculpteurs et de peintres comme Ossip Zadkine, Valentine Prax, ou Joseph Csaky, ainsi que de jeunes poètes comme Raphaël Cluzel, ou lui-même[4]. À la même époque, il collabore à plusieurs projets littéraires et artistiques avec le peintre Basil Rakoczi[5] et avec l’éditeur d’art Les Impénitents[6], fondé par Francis Garnung et J.J.J. Rigal.
Parallèlement à son travail d’éditeur, il fait vivre son savoir-faire de joailler en taillant de petits objets sculptés en bois, ce qui l’amène progressivement à la sculpture. Il finira par en faire son activité principale, pour laquelle il abandonne la direction d’Osmose en 1957.
Zadkine et la découverte de la sculpture sur pierre
Inspiré par le travail de son ami et maître Zadkine, dont il fréquente assidûment l’atelier rue d’Assas (actuel Musée Zadkine), il apprend la taille directe en autodidacte.
Sa recherche sculpturale le mène notamment en Grèce, où il participe à Athènes aux travaux de reconstruction de la Stoa d’Attale selon les méthodes antiques sous la direction de Homer Thompson. Il y apprend à tailler le marbre au maillet et au ciseau.
À partir des années 1960, installé dans un vieil atelier à Paris, il réalise des œuvres en pierre et marbre, en taille directe. Ses nombreux voyages en Grèce, en Italie, en France, marquent son esthétique et sa pensée. Dans ses écrits sur son travail, il affirme que sculpter est pour lui une forme de « méditation maillet en main »[7].
Il est particulièrement attiré par l'esthétique médiévale, ce qui l'amène à inclure progressivement de la symbolique chrétienne et des thèmes religieux dans son œuvre. Ses lectures théologiques, et sa fréquentation des églises romanes et gothiques, le marquent profondément.
En 1969, après un long cheminement spirituel, il demande le baptême, et devient catholique. Sa foi sera dès lors le pilier de sa vie comme de son œuvre. Ses sculptures des années 1970 sont très marquées de motifs symboliques qui rappellent les églises du Moyen-Âge. Elles sont exposées dans des expositions d’art religieux (Jardin du Luxembourg), et plus tard dans des églises parisiennes (Saint-Séverin, Saint-Denys)
Le Japon et la découverte de nouveaux supports
En 1977, il est invité au Japon, et son travail y est rapidement apprécié. Il réalise plusieurs projets pour l’Église au Japon, notamment une sculpture monumentale du Sacré Cœur pour l’Université du Sacré Cœur de Tokyo[8].
Il diversifie également ses techniques, et se met à travailler sur d’autres supports, notamment sur papier : « Découpages » (collages), sérigraphies, lithographies, graphisme[9].
Il se lie d'amitié avec les milieux littéraires japonais, notamment avec le philosophe Isaku Yanaihara (il collabore à sa revue littéraire, Dôjidai[10],[11]), avec l’écrivain japonais Shin’ichirô Nakamura, et avec son épouse, Erine Saqui (ja) avec qui il mènera un projet littéraire et artistique[12].
À la même époque, il épouse une Japonaise, avec qui il aura une fille. Il continue à exposer dans divers endroits du Japon, et à Paris, dans les années 1990 et 2000. Il décède à Paris le à Paris, à l’âge de 83 ans[13]. Il est enterré au Père-Lachaise[14].
